À Delmas 75, Faustin 1er et Delmas 65 (quartiers périphériques dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince), des riverains dénoncent une nuisance sonore nocturne devenue quasi permanente. Entre « discothèques à ciel ouvert », motos aux échappements trafiqués et détonations inquiétantes, le vacarme prive les habitants de sommeil et détériore gravement leur qualité de vie. Face à la persistance du phénomène, malgré des plaintes répétées, la responsabilité de l’autorité municipale est de plus en plus interrogée.
P-au-P., 22 déc. 2025 [AlterPresse] — Rien n’a changé. De semaine en semaine, la situation a même empiré. À Delmas 75, Faustin 1er et Delmas 65, les riverains affirment vivre désormais dans un vacarme nocturne permanent, tous les soirs, sans répit ni perspective d’amélioration.
« Je voudrais m’enterrer vivant pour trouver un peu de paix », confie à AlterPresse un habitant exténué.
Une mère de famille dit vivre « dans une prison sonore », où le bruit remplace les murs.
Une jeune fille résume l’absurdité de la situation : « J’ai choisi de ne pas fréquenter les discothèques. Maintenant, j’habite dans une discothèque. Je dors et je me réveille sans avoir connu le repos. »
Dans ce secteur pourtant résidentiel, le vacarme est décrit comme une véritable torture, répétée nuit après nuit, à laquelle personne ne parvient à échapper.
Des nuits confisquées, méthodiquement
Dès 6:00 p.m. (23:00 gmt), de puissantes sonorisations envahissent les rues. Les basses font vibrer murs et sols jusqu’à 2:00, 3:00, parfois 4:00 a.m., rendant impossible le sommeil, l’étude ou même une simple conversation à l’intérieur des maisons.
Les habitants dénoncent la multiplication de « discothèques à ciel ouvert » installées au cœur des zones résidentielles, auxquelles s’ajoutent :
• des motocyclettes aux pots d’échappement trafiqués (« morfleur troué ») ;
• des passages répétés de motos provoquant des explosions mécaniques assourdissantes ;
• et, par moments, des détonations assimilées à des tirs d’armes automatiques.
Cette superposition de bruits empêche souvent de distinguer ce qui relève de la fête, de la mécanique ou de l’insécurité armée, renforçant l’angoisse des habitants.
Une nuisance devenue « suspecte »
Au fil des témoignages recueillis par AlterPresse, une question revient avec insistance : comment expliquer qu’une nuisance aussi visible, aussi régulière et aussi dénoncée puisse se poursuivre sans interruption ?
Pour les riveraines et riverains, la répétition quotidienne, le caractère prévisible et l’installation durable de ce vacarme vont bien au-delà d’une simple nuisance passagère. « Ce n’est plus un débordement ponctuel, c’est devenu la norme », confie un habitant, se disant profondément affecté par la dégradation continue du cadre de vie et de la situation générale de son quartier.
Cette persistance, combinée à l’absence d’interventions nocturnes visibles, amène plusieurs habitants à parler d’une « nuisance sonore devenue suspecte », non pas nécessairement criminelle, mais anormalement tolérée.
Silence et inaction municipale
Malgré des plaintes répétées, les riverains disent ne constater aucune présence effective de l’autorité municipale durant la nuit, ni contrôle régulier des sonorisations, ni sanctions connues contre les contrevenants.
Sans disposer d’éléments permettant d’affirmer une complicité directe, la situation interroge sérieusement la responsabilité de la mairie de Delmas. Les habitants se posent des questions sur la capacité, ou la volonté, de l’institution municipale à faire respecter ses propres règlements en matière de nuisance sonore.
« À quelle sauce sommes-nous mangés ? », demandent-ils, face à ce qu’ils perçoivent comme une tolérance prolongée, voire un abandon.
Une qualité de vie en chute libre
Les conséquences sont lourdes : fatigue chronique, stress, troubles du sommeil, baisse de rendement au travail, difficultés scolaires pour les enfants, aggravation de problèmes de santé chez les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques.
« Avant, le quartier était calme », se souvient un habitant de longue date. « Aujourd’hui, personne ne peut s’échapper. »
Les riveraines et riverains appellent le maire Wilson Jeudy à des mesures urgentes, concrètes et durables, incluant des contrôles nocturnes effectifs, une application équitable des règles et une communication claire avec la population.
AlterPresse continue de recevoir quotidiennement des témoignages décrivant un corridor résidentiel plongé, chaque nuit, dans un climat sonore et sécuritaire de plus en plus insupportable. [apr 22/12/2025 00:45]
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