P-au-P. 25 mars 2025 [AlterPresse] --- La Centrale autonome des travailleuses et travailleurs haïtien,ne.s (Cath) met en garde le gouvernement contre toutes tentatives d’ajustement arbitraire des prix des produits pétroliers.
Toute nouvelle hausse des prix du carburant sur le marché national frapperait de plein fouet les travailleuses et travailleurs, déjà vulnérables dans l’économie en Haïti, estime le secrétaire général de la Cath, le syndicaliste Fignolé St-Cyr, qui intervenait à l’émission FwoteLide, diffusée sur AlterRadio et suivie par AlterPresse.
Déplorant qu’aucune mesure concrète n’ait été adoptée près d’un an après la remise du rapport sur le salaire minimum journalier en Haïti, la Cath presse le gouvernement d’appliquer les recommandations du Conseil supérieur des salaires (Css) sur le salaire minimum journalier.
Cette absence de suivi traduit un manque de sensibilité des dirigeants face aux préoccupations populaires, pointe la Cath.
Le Conseil supérieur des salaires, qui comprend des émissaires des syndicats des ouvrières et ouvrieres, du patronat et de l’État, avait remis son rapport, le 25 avril 2025, au Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), qui l’a transmis au bureau du premier ministre le 2 mai 2025.
Depuis, aucune suite n’a été donnée, alors même que le secteur privé avait validé le document, son représentant siégeant au Css.
Le Css avait proposé, à compter d’avril 2025, un salaire journalier de 950.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 153.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) pour une journée de huit heures de travail, dans les industries d’assemblage orientées vers l’exportation, ainsi que dans d’autres branches manufacturières tournées vers les marchés étrangers.
Un salaire de production de 1,300.00 gourdes avait également été suggéré.
À l’époque, la Cath avait réclamé un salaire minimum journalier de 2,500.00 gourdes, accompagné d’un ensemble d’avantages sociaux pour les salarié.e.s.
Par ailleurs, a Centrale autonome des travailleuses et travailleurs haïtien,ne.s critique la position du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui aurait affirmé que l’application de l’augmentation du salaire minimum nécessiterait une décision des autorités monétaires de dévaluation de la gourde autour de 250.00 gourdes pour un dollar américain.
« Cela signifie que, pour un salaire minimum, le segment A serait fixé à 1,000.00, 900.00, 600.00, 500.00 gourdes, etc., alors que ces travailleuses et travailleurs accomplissent des tâches extrêmement difficiles dans des conditions précaires. Ce sont ces travailleuses et travailleurs, qui contribuent à l’entrée des devises dans le pays », souligne la Cath, exigeant le respect de la loi.
« Une personne, qui touche 1,000.00 gourdes de salaire journalier, ne peut pas perturber la chaîne de production. Par exemple, une personne, qui coud 15 pantalons sur une chaîne, est rémunérée correctement. Les entreprises acheteuses ajustent leurs prévisions fiscales, selon l’inflation annuelle ».
Tout en appelant l’État à assumer ses responsabilités, la Cath encourage la poursuite de la mobilisation des ouvrières et ouvriers, jusqu’à obtenir gain de cause.
Des tentatives d’ajustement des prix des produits pétroliers en Haïti auraient été discutées lors de trois réunions, en lien avec les conséquences de la guerre américano-israélo-iranienne, qui a débuté le samedi 28 février 2026, rapporte la Cath, rappelant combien les prix du carburant n’ont pas été réduits depuis trois à quatre ans sur le marché national, malgré des baisses régulières sur le marché international.
La guerre américano-israélienne contre l’Iran a provoqué une flambée spectaculaire des prix de l’énergie, le baril de Brent dépassant les 100.00 dollars américains.
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