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Haïti-Mirebalais-Déplacés : L’espoir d’un retour de la population s’éloigne

La Commission pour la paix déplore le non-respect de l’engagement pris par les gangs armés de quitter la ville

La Commission pour la paix regrette la promesse non-tenue des gangs armés de laisser la ville de Mirebalais. La population locale demeure dispersée un an et demi pratiquement après avoir été contrainte de fuir.

Par Charilien Jeanvil

P-au-P., 19 Sept. 2026 [AlterPresse] --- Plus de deux mois après l’ouverture de négociations entre des représentant.e.s de la société civile et des leaders de gangs armés, la population de Mirebalais demeure dispersée et ne peut toujours pas regagner son domicile.

Ce retour constituait pourtant l’un des engagements attendus en contrepartie du respect des exigences formulées par les chefs des gangs armés présents dans la ville.

Ancien maire de Mirebalais et membre d’une Commission pour la paix mise sur pied dans ce contexte, Jean Isnac Chrispin déplore la stagnation de la situation.

« La population est aux abois et souffre énormément », se désole Jean Isnac Chrispin, qui participait à l’émission FwoteLide sur AlterRadio (106.1 FM et [www.alterradio.org](http://www.alterradio.org)). Il en appelle à la bonne volonté des gangs armés et les exhorte à respecter leur engagement de quitter la ville, comme cela s’est produit dans les quartiers de Solino, Delmas 30 et Nazon.

Mirebalais : Jean Isnac Chrispin sur le retour des personnes déplacées

Un espoir parti en fumée ?

Après plus d’une année d’affrontements sans issue entre les forces de l’ordre, les brigades d’autodéfense et les gangs armés, une Commission pour la paix a été mise en place afin d’engager un dialogue avec les leaders des gangs armés.

Favoriser le retour des milliers de personnes ayant fui la ville à la suite de l’incursion de gangs armés était l’objectif principal.

De leur côté, les leaders des gangs armés exigeaient une trêve dans les affrontements, l’arrêt des opérations de traque et des représailles visant les personnes originaires de Canaan et de Croix-des-Bouquets, ainsi que l’organisation, par la société civile mirebalaisienne, d’une marche en faveur de la paix.

Une marche pour la paix a ainsi été organisée le 22 juin 2026. Elle a rassemblé des milliers de personnes venues réclamer le retour de la paix et de la sécurité dans le département du Centre.

Les manifestantes et manifestants ont pu pénétrer dans la ville avec l’autorisation des hommes armés.

Un peu plus d’un mois plus tard, le dimanche 26 juillet 2026, une cérémonie de remise des armes par des membres de Back-Up Feray a été organisée.

« À partir d’aujourd’hui, je retire toute couverture que j’avais l’habitude d’accorder à Back-Up Feray. Toute personne qui se présente comme membre de Back-Up Feray n’a plus aucun rapport avec moi ; elle devra répondre devant la justice et la Police nationale d’Haïti », avait promis l’agent exécutif intérimaire de Mirebalais, Lochard Laguerre.

Back-Up Feray constituait une forme de résistance citoyenne organisée en réponse aux assauts des gangs armés.

La trêve étant effective, l’arrêt des opérations « Bwa Kale » observé, les membres de Back-Up Feray ayant déposé les armes et la marche pacifique pour la paix ayant été organisée, l’ensemble des exigences formulées par les leaders des gangs armés semblait avoir été respecté.

Un vent d’espoir soufflait alors sur Mirebalais, dont les habitantes et habitants avaient dû fuir après l’irruption d’individus lourdement armés dans la ville, le 31 mars 2025.

« Nous avons répondu aux exigences posées dans les discussions. Les membres de Back-Up Feray ont déposé les armes. Maintenant, nous attendons que Viv Ansanm respecte aussi son engagement de quitter la ville », avait déclaré Jean Isnac Chrispin dans une interview accordée à AlterRadio.

L’agent exécutif intérimaire de la commune de Mirebalais, Lochard Laguerre, avait également prévu d’entreprendre des opérations de nettoyage de la ville et envisagé la réouverture des principales institutions.

« Nous étions prêts pour être un exemple de l’État de droit », a déclaré Jean Isnac Chrispin.

Plus d’un mois plus tard, cependant, les gangs armés et leurs proches occupent toujours la ville de Mirebalais, tandis que la population déplacée continue de vivre un véritable calvaire.

Plus de négociations ?

La mission de la Commission pour la paix n’a pas abouti aux résultats escomptés. Pour l’heure, il n’y a plus de négociations avec les gangs armés, a souligné Jean Isnac Chrispin.

L’ancien maire de Mirebalais continue néanmoins de plaider en faveur d’une sortie de crise fondée sur le dialogue et la paix.

« Ce n’est pas la guerre qui va résoudre le problème. C’est la paix qui peut résoudre le problème », a-t-il soutenu.

Jean Isnac Chrispin appelle l’État à prendre les dispositions nécessaires afin de rétablir la paix dans la cité de Benoît Batraville, plus d’un an et demi après la prise de contrôle de la ville par des gangs armés et le déplacement de la majorité de sa population.

Son principal souhait demeure le retour des habitantes et habitants dans leur ville.

« Peu importe la démarche qui sera engagée », a-t-il indiqué. [cj gp 19/09/2026 15 :00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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