Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 03 février 2026 [AlterPresse] --- 265 , 215 Haïtiennes et Haïtiens ont été expulsé.e.s de la République Dominicaine et 4,999 autres en provenance de cinq autres pays, dont les États-Unis d’Amé, vers le territoire haïtien, selon un rapport annuel de la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) [1], transmis à l’agence en ligne AlterPresse.
De janvier à décembre 2025, (un nombre de) 4,999 ressortissantes et ressortissants haïtiens ont également été déporté.e.s vers Haïti par les gouvernements de Turks and Caicos, des États-Unis, des Bahamas, de la Jamaïque et du Mexique.
Le plus grand nombre de migrantes et migrants d’Haïti, expulsé.e.s de la République Dominicaine, a été enregistré au mois d’août 2025, soit 26,968 personnes.
Au cours de l’année 2025, le nombre total de retours spontanés s’élève à 207,203 migrantes et migrants, tandis que 82,322 auttres ont été refoulé.e.s.
Parmi les personnes vulnérables recensées, lors des opérations de déportation menées par la République Dominicaine vers Haïti, en 2025, figurent 1,057 femmes enceintes, 3 mille femmes allaitantes, 3,591 mineurs non accompagnés et 1,318 personnes en situation de handicap.
Pour la période allant de janvier à décembre 2025, la palteforme Garr informe avoir accueilli et assisté à Belladère (département du Plateau central) 15,468 personnes déportées, dont 3,955 femmes, 1,202 filles, 1,223 garçons et 9,078 hommes.
Parmi elles, 448 femmes et adolescentes étaient enceintes, 389 mères allaitantes, 111 enfants non accompagnés. 489 personnes en situation de handicap ont été accompagnées et prises en charge.
Dans un document, la Direction générale des migrations (Dgm) de la République Dominicaine, a fait état d’un nombre de 379, 553 ressortissantes et ressortissants haïtiens en situation irrégulière expulsé.e.s de la République Dominicaine vers leur pays d’origine, au cours de l’année 2025, dans un contexte de grave crise politique, sécuritaire et humanitaire.
Ce chiffre de plus de 370 mille migrantes et migrants représente une augmentation de 84 % par rapport à la période 2021-2025. Il est dix fois supérieur au nombre d’expulsions enregistrées en 2016, souligne la Dgm.
Un vaste système de violations des droits des ressortissantes et ressortissants haïtien.ne.s a été instauré, suite au nouveau protocole sanitaire établi en avril 2025, visant l’exclusion des femmes migrantes haïtiennes des services de maternité en République Dominicaine.
Le gouvernement du président Luis Abinader avait déjà adopté, en octobre 2024, des mesures d’expulsion massive d’Haïtiennes et d’Haïtiens.
Graves violations des droits des migrantes et migrants haïtien.ne.s ,notamment des femmes enceintes
Des centaines de femmes migrantes haïtiennes enceintes ont été appréhendées dans des centres hospitaliers, sans égard pour leur état de santé, puis déportées vers Haïti lors d’une série d’opérations de déportation lancées le lundi 23 avril 2025 par les autorités migratoires dominicaines.
Le premier jour de ces opérations, 135 personnes ont été expulsées, dont 48 femmes enceintes, 39 allaitantes et 48 enfants.
« Des mères ont été séparées de leurs nourrissons et déportées à la frontière dans des conditions inacceptables. Des accouchements ont été réalisés avec négligence. Des mamans sont mortes, faute de soins adéquats », expose le rapport.
La plateforme Garr cite de nombreux cas de personnes, témoignant des violations extrêmes des droits des migrantes et migrants haïtien.ne.s sur le territoire dominicain.
En juillet 2025, des agents de la migration dominicaine ont perpétré un viol collectif sur une ressortissante haïtienne, après l’avoir dépouillée, alors qu’elle revenait de l’aéroport international Las Américas.
À la frontière de Malpasse/Malpaso (Jimaní), en août 2025, un agent de la police frontalirèe dominicaine (Cesfront) a ôté la vie à un ressortissant haïtien, au cours d’une altercation.
En novembre 2025, Melissa Jean Baptiste, une migrante haïtienne, a perdu son nourrisson dans l’enceinte du centre de détention de Haina, après y avoir été enfermée peu après son accouchement, survenu à l’Hôpital public de Baní, à Peravia.
Le vendredi 14 novembre 2025, Stéphora Anne Mircie Joseph, une fillette haïtienne de 11 ans, a tragiquement perdu la vie dans des circonstances troublantes, lors d’une excursion, alors qu’elle était sous la garde de son établissement scolaire.
La palteforme Groupe d’appui aux rapatriés et refugiés dit espérer une amélioration de la situation humanitaire et sécuritaire en Haïti, en 2026, afin de freiner le départ massif des filles et fils du pays, et de créer un environnement propice à la réinsertion socio-économique des milliers de personnes qui risauent d’être expulsées vers le pays.
Les droits fondamentaux des migrantes et migrants haïtiens ont été fortement éprouvés en République Dominicaine, aux États-Unis, aux Bahamas et ailleurs.
4,999 Haïtiennes et Haïtiens expulsé.e.s en provenance de cinq autres pays
De janvier à décembre 2025, (un nombre de) 4,999 ressortissantes et ressortissants haïtien.ne.s ont été déporté.e.s vers Haïti par les gouvernemengts de Turks and Caicos, des États-Unis, des Bahamas, de la Jamaïque et du Mexique.
Parmi ces personnes migrantes, 2,935 ont été expulsées par les Turks and Caicos, 1,159 par les États-Unis, 756 par les Bahamas, 147 par la Jamaïque et 2 par le Mexique.
Depuis le 21 mars 2025, l’administration politique du président américain Donald Trump avait déclaré officiellement mettre fin au programme Humanitarian Parole, qui avait permis à des centaines de milliers de ressortissantes et ressortissants de pays, comme Haïti, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, de rejoindre les États-Unis.
Cette décision intervient, alors que le gouvernement de Donald Trump prévoyait de mettre un terme à ce statut, dès le mardi soir 3 février 2026. [emb rc apr 03/02/2026 13:00]
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[1] Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) est une plateforme composée de huit (8) organisations membres travaillant dans les droits humains : La Commission épiscopale nationale (catholique romaine) justice et paix (Ce-Jilap), le Centre de recherche et de formation économique et sociale pour le développement (Cresfed), le Sant Karl Lévêque (Skl), la Fondation Sant Pon Ayiti (Spa), Sant ekimenik pou devlopman edikasyon popilè (Sedep), Rasanbleman jèn pou avansman Savanèt (Rajès), l’Observatoire haïtien de la justice (Ohj) et World Vision.
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