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Haïti-Migration : Le Garr dénonce la décapitation de quatre Haïtiennes à la frontière haïtiano-dominicaine

P-au-P, 04 février 2026 [AlterPresse] --- La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) condamne la décapitation de quatre femmes haïtiennes survenue au niveau de la frontière d’Elías Piña, dans une note datée du mardi 3 février 2026, consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

La mort brutale de ces quatre migrantes haïtiennes a été confirmée le lundi 2 février 2026 par les autorités policières de la République Dominicaine, rapporte le Garr qui qualifie d’odieux ces crimes perpétrés contre des femmes haïtiennes.

Il précise que ces femmes seraient les victimes de réseaux de trafiquants qui exploitent leur vulnérabilité en leur promettant de faciliter la traversée de la frontière contre de l’argent.

Selon les premières analyses, les crimes auraient été commis entre le 29 décembre 2025, le 3 janvier et le 17 janvier 2026.

La police dominicaine informe que certaines parties des corps ont été retrouvées dans le fleuve Macasia et d’autres dans ses environs.

Les meurtres auraient été perpétrés sur le territoire haïtien, selon les autorités dominicaines.

Le nombre de victimes non découvertes reste impossible à estimer. Les corps ayant été retrouvés progressivement, il est possible qu’il y en ait d’autres et que l’on soit face à un mode opératoire, lit-on dans la note.

La plateforme Garr invite les autorités policières haïtiennes à collaborer en urgence avec la police dominicaine afin d’identifier les victimes, de retrouver leurs familles en Haïti et de faire toute la lumière sur ces atrocités.

Elle encourage également les communautés frontalières, de part et d’autre du fleuve, à prêter main-forte aux autorités pour que l’enquête aboutisse et que les criminels soient mis hors d’état de nuire.

Elle déplore l’absence totale de l’État haïtien, notamment au niveau des points de passage non officiels.

Elle dénonce l’existence de beaucoup de réseaux de malfaiteurs opérant à la frontière et commettant les crimes les plus sordides contre les migrant.e.s, en particulier les femmes et les filles.

Le Garr estime essentiel de renforcer les campagnes de sensibilisation sur les pratiques de traite et de trafic dans les zones frontalières, ainsi que sur les dangers des voyages irréguliers pour les migrantes et migrants.

Il exhorte une fois de plus l’État haïtien à reprendre ses prérogatives, notamment le contrôle effectif de ses frontières, et à se concentrer sur le bien-être de la population.

Il souligne combien la crise profonde que traverse le pays constitue l’une des causes poussant les Haïtiens et Haïtiennes à migrer vers le territoire voisin, souvent par des voies irrégulières, exposés aux trafiquants.

Pour l’année 2025, 265,215 Haïtiennes et Haïtiens ont été expulsés de la République Dominicaine, tandis que 4,999 autres ont été expulsés de cinq autres pays, dont les États-Unis d’Amérique, vers le territoire haïtien, selon un rapport annuel du Garr. [emb apr 04/02/2026 11:40]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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