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Haïti-Médias : Réprobation générale après l’incendie criminel de la Rtvc à Port-au-Prince par les gangs terroristes

P-au-P, 14 mars 2025 [AlterPresse] --- L’Association nationale des médias haïtiens (Anmh), l’Association des journalistes haïtiens (Ajh), l’Office de protection de la citoydenne et du citoyen (Opc), ainsi que le gouvernement de la transition élèvent leurs voix contre l’incendie criminel des locaux de Radio télévision Caraïbes (Rtvc) à la rue Chavannes à Port-au-Prince, perpétré, dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 mars 2025, par des membres de la coalition Viv Ansanm, dans des notes séparées dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Un appel à protéger les médias et les acquis démocratiques

L’Association nationale des médias haïtiens (Anmh) qualifie l’incendie des locaux de la Rtvc « d’acte infâme, qui consacre la continuité du chaos ambiant, produit par les bandits ».

Tout en se disant consternée par « cet acte ignoble », l’Anmh critique l’inaction et le manque de volonté de l’État pour mettre fin au règne des bandits et des gangs, après toutes ces années.

« À date, les bandits ont chassé des milliers de familles dans différents quartiers de la capitale et vandalisé ou pillé des institutions de référence, écoles, sièges d’institutions publiques, journaux, bibliothèques, pénitenciers, commissariats de police, les presses nationales, des entreprises privées, etc. ».

L’Anmh exprime ses préoccupations face à la dégringolade et à l’effondrement de l’État.

L’Association nationale des médias haïtiens demande aux pouvoirs publics de protéger les médias qui sont au service de la population dans une dynamique garantissant la liberté d’expression et l’accès à tous au droit de parole.

Les pouvoirs publics « ont le devoir de garantir la continuité de ce gain fondamental, acquis démocratique essentiel de la transition démocratique ».

Une atteinte directe à la liberté de la presse, la liberté d’expression et la démocratie en Haïti

Pour sa part, l’Association des journalistes haïtiens voit dans l’incendie des locaux de la Rtvc un acte barbare et criminel contre un monument patrimonial de la presse haïtienne et une atteinte grave à la liberté de la presse, la liberté d’expression et la démocratie en Haïti.

Elle demande instamment aux autorités établies « de prendre les dispositions nécessaires, pour sévir contre les malfrats, auteurs et complices de cet acte barbare, qui met en danger les conquêtes démocratiques, depuis le début de la transition en 1986, et menace notre existence de peuple ».

L’Ajh appelle à un front commun « contre ce chaos, qui vise le fondement même de la nation ».

L’Opc plaide pour un retour à l’ordre

L’office de protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) demande aux autorités de rétablir l’ordre public dans le pays, en adoptant des mesures concrètes et sévères pour rendre inactifs ces fauves et les désœuvrés définitivement, dans une note portant la signature de son directeur général, Jean Wilner Morin.

« Les attaques contre les médias, garants de la démocratie, ne doivent, en aucun cas, être tolérées. Le droit de vivre en toute sécurité est garanti par la Constitution les conventions internationales, ratifiées par Haïti. Les autorités ont le devoir et l’obligation de garantir à ttoutes et tous la jouissance de ce droit ».

L’incendie des locaux de la Rtvc constitue « une attaque directe contre la liberté de la presse et d’expression, orchestrée par les terroristes, qui sèment le chaos depuis déjà trop longtemps dans le pays, en particulier dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et dans le département de l’Artibonite », fustige l’Opc.

Le gouvernement de transition promet des mesures de renforcement de la sécurité des médias

« L’incendie volontaire d’un média symbolise une tentative désespérée des bandits armés d’intimider ceux, qui œuvrent pour informer la population », dénonce le gouvernement de la république, promettant que « cet acte ignoble (…) ne restera pas impuni ».

Il annonce des mesures renforcées pour sécuriser les locaux des médias, ciblés par les criminels, et garantir la sécurité de la population, en étroite collaboration avec la Police nationale d’Haïti (Pnh).

« L’offensive visant à démanteler les gangs se poursuit avec une détermination sans faille. La libération des quartiers sous leur emprise sera accélérée », tente de rassurer le gouvernement, qui appelle la population à faire preuve de vigilance et de solidarité dans cette lutte cruciale pour la sécurité et la stabilité du pays.

« La Radio télévsion Caraïbes (Rtvc), pilier de l’information en Haïti, est frappée par la violence des gangs armés. L’incendie de ses locaux par ces criminels est un acte ignoble, une atteinte grave à la liberté d’expression, acquise au prix de grands sacrifices », a écrit, sur son compte X, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Il exprime sa profonde solidarité à toute l’équipe de la Rtvc et à ses journalistes, affectés par cet événement tragique.

L’incendie des locaux de la Rtvc par des membres de la coalition criminelle Viv Ansanm arrive dans un contexte de violences extrêmes en Haïti, notamment à Port-au-Prince livrée aux gangs armés.

La Rtvc a été contrainte de se délocaliser, depuis mars 2024, pour s’installer à Pétionville (périphérie est de la capitale, Port-au-Prince), en raison de l’emprise des bandits armés de Viv Ansanm sur la zone où elle est située. [emb rc apr 14/03/2025 11:10]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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