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Haïti-Massacre de Jean Denis : Le Rnddh dénonce la complicité présumée des agents de l’Udmo avec les gangs

P-au-P, 14 avril 2026 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) réclame un vetting de l’Unité départementale de maintien d’ordre (Udmo), dont des agents sont soupçonnés de complicité avec des gangs armés dans l’Artibonite.

Cette demande intervient après le massacre perpétré, à l’aube du dimanche 29 mars 2026, à Jean Denis (Petite Rivère de l’Artibonite), par le gang Gran Grif, ayant fait 70 morts, selon un rapport consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Avant ce massacre, plusieurs policiers affectés à l’Udmo auraient entretenu des liens avec les gangs Kokorat San Ras, Gran Grif et Talibans, dénonce le Rnddh.

La tragédie du dimanche 29 mars 2026 aurait pu être évitée si l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (IgPnh) avait enquêté sur ces agents, accusés d’alimenter régulièrement les bandits en armes, munitions et informations stratégiques, estime l’organisation de défense de droits humains.

Le Rnddh rappelle avoir déjà alerté, le 22 décembre 2025, l’Igpnh sur ces agents, identifiés par la population de l’Artibonite comme étant de connivence avec les gangs.

Aucune suite n’a été donnée, déplore-t-il.

Selon le rapport du Rnddh, des agents de l’Udmo auraient conclu des ententes avec les groupes armés, leur vendant armes et munitions, en échange d’une gestion commune des postes de rançonnement.

Les policiers indexés sont toujours en poste, fustige le Rnddh, qui critique le mépris affiché par l’Inspection générale de la Pnh.

Bilan catastrophique

Au moins 70 personnes ont été tuées, une portée disparue et plus de 30 autres blessées par balles ou armes blanches.

23 résidences et commerces ont été incendiés, contraignant plus de 5,000 personnes à fuir.

Des familles entières ont été exécutées, certaines brûlées dans leurs maisons. Parmi les victimes, figurent des enfants, des personnes âgées et des personnes vivant avec une déficience.

Le Rnddh relate, notamment, la mort de Berlancia Dor, 8 ans, tuée alors qu’elle tentait de fuir avec sa famille, ainsi que l’exécution de plusieurs familles entières, dont six personnes assassinées lors d’une veillée mortuaire.

Indifférence de l’État

L’organisation de défense des droits humains fustige également l’absence de prise en charge des victimes par l’État haïtien, plus de dix jours après le massacre.

Les corps gisent encore dans les morgues de Saint-Marc, tandis que les rares funérailles ont été financées par des familles déjà décapitalisées.

Le Réseau national de défense des droits humains recommande de doter la police de l’Artibonite d’équipements adéquats, de traquer et juger les gangs armés, et d’apporter une assistance financière aux victimes et proches pour les soins médicaux et les enterrements. [emb rc apr 14/04/2026 11:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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