Español English French Kreyòl

Español English French Kreyòl

Haïti - Massacre de Jean-Denis : Des organisations dénoncent le laxisme du gouvernement

P-au-P, 07 avril 2026 [AlterPresse] --- Le Forum haïtien pour la paix et le développement durable (Fhpdd), (une plateforme d’actrices, d’acteurs et d’organisations de la diaspora) se dit indigné et en colère après le massacre perpétré le dimanche 29 mars 2026, à Jean-Denis, section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite (Nord), ayant fait au moins 70 morts.

Dans une note transmise à AlterPresse, le Fhpdd dénonce le silence et l’inertie du Pouvoir en place alors que la violence des gangs persiste.

Il exhorte l’État à assumer sa mission de protection envers la population, en ne laissant surtout pas la localité de Jean-Denis et les zones environnantes sous le joug de la criminalité organisée.

L’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (Oidg) se dit également consterné par la poursuite des exactions des gangs armés contre la population haïtienne, notamment dans le département de l’Artibonite, où des attaques, menées la semaine dernière par le gang Gran Grif de Savien, ont causé des dizaines de morts, de nombreux blessés et l’incendie de centaines de maisons.

L’Oidg déplore aussi le silence des autorités gouvernementales à la suite de ces actes barbares.

Le gouvernement a attendu plusieurs jours avant d’adresser ses condoléances aux communautés de l’Artibonite, notamment à Jean-Denis. Il a annoncé que les auteurs de ces actes seront activement poursuivis et neutralisés par les forces de l’ordre.

Appels urgents à rétablir l’ordre

Le Forum haïtien pour la paix et le développement durable exige une intervention sécuritaire immédiate, consistant au déploiement de forces spécialisées, avec une présence en permanence, pour déloger les foyers de gangs et restaurer l’ordre à Jean-Denis.

Le Fhpdd plaide pour une assistance humanitaire d’urgence et la prise en charge immédiate des personnes blessées et des familles déplacées, qui ont tout perdu.

Il réclame, dans la foulée, l’ouverture d’une enquête judiciaire pour que les auteurs intellectuels et matériels de ces massacres soient identifiés, poursuivis et condamnés par la justice.

Le Fhpdd insiste sur la nécessité de rétablir la paix et la sécurité, conditions essentielles pour la réalisation des élections.

Devoir de protection et impératif de sécurité

L’Oidg, de son côté, appelle le gouvernement Fils-Aimé à prendre toutes les dispositions nécessaires, pour protéger la population face aux exactions des groupes criminels, améliorer la situation sécuritaire du pays et créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections générales en Haïti avant la fin de l’année 2026, afin de mettre un terme à une transition qui a déjà trop duré.

L’Oidg encourage, en outre, la communauté internationale à continuer de soutenir le pays et à matérialiser les engagements pris, pour l’aider à sortir de l’impasse actuelle.

Au moins 70 personnes sont mortes lors de l’attaque armée survenue dans la nuit du 28 au 29 mars 2026 à Jean-Denis, selon un bilan provisoire établi à partir de témoignages recueillis par le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh)

Environ 13,573 personnes, soit 3,342 ménages, ont été déplacées à la suite de ces attaques à Jean-Denis et Pont Benoît, dans le département de l’Artibonite (Mord), selon un rapport actualisé de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). [cj emb gp apr 07/04/2026 20 :00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


Depuis 2001

Explorer toutes les archives