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Nouveau massacre dans l’Artibonite : Indignation internationale et silence du gouvernement en Haïti

P-au-P, 31 mars 2026 [AlterPresse] --- La communauté internationale exprime de vives indignations après le massacre, perpétré à l’aube du dimanche 29 mars 2026 par des gangs armés à Petite Rivière de l’Artibonite, tandis que le gouvernement haïtien demeure silencieux, relève l’agence en ligne AlterPresse.

Le bureau du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’a publié aucune note officielle, plus de 24 heures après l’horreur vécue par les victimes.

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres, a condamné fermement l’attaque du 29 mars 2026, par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse tenu le lundi 30 mars 2026.

Guterres exhorte les autorités haïtiennes à mener une enquête approfondie sur ce massacre.

Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) affirme suivre de près l’évolution de la situation. Il déclafre rester pleinement mobilisé auprès de ses partenaires nationaux, évoquant une grave crise sécuritaire.

Selon les Nations unies, entre 10 et 80 personnes auraient été tuées dans l’attaque.

Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) fait état d’au moins 70 cadavres, dans un bilan provisoire, établi à partir de témoignages recueillis après l’attaque armée survenue à Jean-Denis, dans la commune de Petite Rivière de l’Artibonite.

Ferme condamnation des États-Unis d’Amérique et de la France

Dans une note, l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince s’est dite profondément attristée par les attaques, perpétrées par des gangs terroristes dans l’Artibonite.

Elle s’élève contre les assauts de ces groupes criminels, qui « continuent d’assassiner leurs compatriotes haïtien.ne.s, sans aucun respect pour la vie humaine ou la dignité », exprimant sa solidarité avec un peuple « fatigué (des actes) de violences et qui mérite de vivre dans un pays pacifique et prospère ».

Les États-Unis réitèrent leur soutien à la Police nationale d’Haïti (Pnh) ainsi qu’à la Force de répression des gangs (Frg), qui sera prochainement renforcée par des effectifs supplémentaires afin de combattre ces groupes terroristes.

De son côté, l’ambassade de France en Haïti condamne « avec la plus grande fermeté » l’attaque mortelle, perpétrée par des membres du gang Gran Grif à Jean-Denis.

Elle rappelle combien ce groupe criminel est déjà sanctionné par les Nations unies pour de graves violations contre la population.

La France réaffirme sa solidarité avec le peuple haïtien et son engagement, aux côtés des autorités, dans la lutte contre la criminalité, poursuivant son appui à la Pnh et aux Forces armées d’Haïti (Fad’H).

Elle soutient également les efforts internationaux, visant à rétablir la sécurité, notamment à travers le déploiement de la Frg.

Une atrocité de plus

Le dernier massacre à Petite Rivière de l’Artibonite constitue « une atrocité de plus dans une série de crimes, que les autorités haïtiennes et la communauté internationale n’ont pas réussi à empêcher », a déclaré Johanna Pelaez, chercheuse régionale pour les Caraïbes à Amnesty International, citée par par la chaine américaine d’informations en continu Cable News Network (Cnn).

Amnest International insiste sur l’urgence d’une collaboration entre le gouvernement haïtien et la communauté internationale, afin de trouver une solution durable à la crise sécuritaire, en attendant le déploiement de la nouvelle opération internationale.

Haïti toujours sous l’emprise des gangs

Haïti est rongée, depuis plusieurs années, par les violences des bandes criminelles, responsables de meurtres, viols, pillages et enlèvements.

Entre mars 2025 et janvier 2026, plus de 5,500 morts ont été enregistrés dans les violences liées aux gangs, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh).

Au cours des douze derniers mois, ces groupes ont étendu leur emprise au-delà de Port-au-Prince, vers le Nord, dans l’Artibonite et le Plateau central.

Au moins 148 personnes (120 hommes, 25 femmes, deux garçons et une fille) ont été tuées, tandis que 127 autres (94 hommes, 32 femmes et une fille) ont été blessées, lors d’attaques meurtrières des gangs dans l’Artibonite, selon un rapport du Binuh couvrant la période d’octobre à décembre 2025. [emb rc apr 31/03/2025 11:20]

Photo : Wikipedia

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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