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Haïti / Liberté de la presse : Guerrier Henri visé par un avis de recherche, Sos Journalistes s’insurge

Actualisation : 05/08/2025, à 12:00

P-au-P, 04 août 2025 [AlterPresse] — L’organisation de défense de la liberté de la presse Sos Journalistes dit condamner « les attaques du pouvoir contre le chroniqueur politique Guerrier Henri », visé par un avis de recherche émis par la police pour « affiliation à la coalition terroriste Viv Ansanm », « enrichissement illicite » et « blanchiment des avoirs ».

Guerrier Henri serait victime de « persécutions politiques depuis un certain temps, en raison de son travail critique », affirme l’organisation dans une note de presse publiée ce 4 août 2025, consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

L’avis de recherche a été publié par la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), après que le commentateur politique de Radio Méga a décliné une invitation à comparaître, le lundi 28 juillet 2025, pour répondre à des questions sur de supposés liens avec le gang Viv Ansanm, impliqué dans divers actes de terreur à travers le pays.

Toutefois, aucun élément du dossier n’a, jusqu’à présent, été rendu public par la Dcpj.

Le secrétaire général de Sos Journalistes, Joseph Guyler C. Delva, déclare avoir parlé à Guerrier Henri, qui rejette ces accusations, qu’il qualifie de « mensongères et méchantes ».

Sos Journalistes affirme « soutenir fermement le chroniqueur politique Guerrier Henri, jusqu’à ce que la Dcpj et les autres autorités concernées apportent des preuves tangibles, vérifiables et irréfutables à l’appui de leurs graves accusations ».

Le Conseil national des télécommunications (Conatel) avait déjà suspendu, pour une durée de huit mois, l’émission Boukante lapawòl, animée par Guerrier Henri sur Radio Méga.

Cette suspension avait été justifiée par le Conatel par l’usage de la fréquence de Radio Méga « à des fins de diffusion massive de propagande en faveur des groupes armés qui sèment la terreur à travers la capitale ».

Une décision vivement critiquée par Sos Journalistes, qui y avait vu des motivations politiques.

L’organisation réaffirme néanmoins « la nécessité, pour les journalistes et autres travailleurs de la presse, de respecter scrupuleusement les règles éthiques garantissant un exercice responsable de la liberté de la presse et d’expression en Haïti ».

Il y a un an, le 15 août 2024, la police avait procédé à l’arrestation de deux individus présentés comme « journalistes », parmi plus d’une dizaine d’interpellés lors d’une opération anti-gang à Carrefour Rita (Delmas, périphérie nord).

Daniel Banatte, présenté comme « journaliste de Regard Fm », et Richelson Cénéjuste, de « Radio Pa Nou », avaient été arrêtés à bord d’un véhicule Toyota Land Cruiser blanc, immatriculé SE-06202. Selon la police, un fusil Ruger Carabine, deux pistolets, 15 cartouches et deux téléphones portables avaient notamment été retrouvés à bord et saisis.

Aucune précision n’avait été fournie sur l’institution publique à laquelle appartient ce véhicule de l’État. [cj mff rc gp apr 04/08/2025 16:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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