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Haïti : Les journalistes, cibles de la violence et victimes d’un système défaillant

Port-au-Prince, 05 mai 2025 [AlterPresse] — En Haïti, les journalistes sont pris en étau entre les violences armées croissantes et une crise sociale, économique et politique aiguë, estime Reporters sans frontières (Rsf), dans son rapport mondial 2025 sur la liberté de la presse, consultée par AlterPresse.

Liberté de la presse : Haïti recule de 18 place en un an

Dans ce rapport publié à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2025, Haïti est classée à la 111e place sur 180 pays, soit un recul de 18 places en un an.

Rsf constate que les professionnels de l’information sont devenus des « cibles privilégiées des gangs » qui terrorisent les populations de plusieurs régions du pays, en particulier l’Ouest, ou se situe la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, et l’Artibonite (Nord). Menaces, attaques, enlèvements et assassinats sont devenus monnaie courante, dans une impunité presque totale.

Confrontés à un « manque cruel de ressources financières », à l’ « absence de soutien institutionnel » et à des « difficultés d’accès à l’information », les journalistes doivent affronter une réalité marquée par la criminalité et la crise multidimensionnelle, qui secoue le pays.

Dans plusieurs départements géographiques du pays, les professionnelles et professionnels des médias font face à des violences accrues des gangs, qui restreignent gravement leur liberté d’informer, observe AlterPresse.

Promesse renouvelée du gouvernement

Lors d’une rencontre avec des associations de journalistes et de médias le samedi 3 mai, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a déclaré que son administration s’engageait à « garantir la liberté de la presse » et à assurer la « sécurité des professionnels de l’information ».

Il a également rendu hommage aux journalistes tombés dans l’exercice de leurs fonctions et salué leur courage.

Mais sur le terrain, ces promesses restent perçues avec scepticisme, tant que des mesures concrètes ne sont pas mises en œuvre pour lutter contre l’impunité des groupes armés et rétablir la liberté de circulation.

Des médias pris pour cibles, des journalistes contraints à l’exil

Depuis plusieurs années, les journalistes haïtiens sont confrontés à des obstacles grandissants pour exercer leur métier. Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince comme dans le département de l’Artibonite, l’insécurité généralisée empêche les reporters de se déplacer pour recueillir des informations sur les réalités de la population.

Les routes nationales et plusieurs zones urbaines sont sous le contrôle de groupes armés, rendant les missions journalistiques périlleuses. Plusieurs médias ont été directement attaqués par ces groupes à Port-au-Prince, forçant de nombreux journalistes à fuir leur domicile pour chercher refuge ailleurs.

Le 31 mars 2025, une série d’attaques contre des médias à Mirebalais, dans le Plateau central, a marqué une nouvelle escalade. Des gangs ont investi les stations pour y diffuser des messages à caractère criminel.

À ce jour, le Conseil national des télécommunications (Conatel), autorité de régulation, est impuissant à mettre un terme à ces actes graves qui compromettent la sécurité et la neutralité des médias dans le Plateau central. [apr 04/05/2025 22:00]

Source photo : Rsf

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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