Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 13 janvier 2026 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) appelle les autorités concernées à mettre en place un plan de protection en faveur des personnes les plus vulnérables, notamment les filles, les femmes et les personnes vivant avec une déficience, dans les 217 sites de Personnes déplacées internes (Pdi), répartis dans 25 communes situées dans les départements de l’Artibonite, du Plateau central et de l’Ouest, où se trouve la zoner métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.
Cet appel est lancé dans un rapport, publié à l’occasion du 16e anniversaire du séisme dévastateur du mardi 12 janvier 2010 qui a causé 300 mille morts et consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Les 217 sites de personnes déplacées ont été établis à la suite de la terreur et d’autres violences des gangs armés. Ils sont situés dans des zones largement contrôlées par ces groupes terroristes criminels.
Le Rnddh a mené des focus groupes avec des responsables de 40 sites, localisés dans les trois départements géographiques mentionnés.
Les filles et les femmes en danger permanent dans les camps de Personnes déplacées internes
Les filles et les femmes sont exposées à des agressions physiques, sexuelles et psychologiques dans ces camps de Personnes déplacées internes (Pdi).
En 2025, plusieurs cas de viols ont été enregistrés dans au moins 7 des 40 sites observés par le Rnddh, soit 17.5 % d’entre eux.
L’organisation de défense de droits humains déplore l’absence de mesures de protection spécifiques pour les filles et les femmes, malgré leur vulnérabilité manifeste.
Les cas de violences sexuelles, sexistes, de harcèlement et de violences physiques sont régulièrement signalés, selon les témoignages recueillis auprès des responsables de sites.
Les personnes vivant avec une déficience, oubliées et marginalisées
Beaucoup de personnes déplacées vivant avec une déficience ont été recensées dans 36 des 40 sites, soit 90 % d’entre eux. Au total, 363 personnes ont été identifiées : 252 avec une déficience motrice, 65 avec une déficience cognitive, 46 avec une déficience sensorielle.
Ces personnes, oubliées par les autorités, sont privées d’accès aux soins de santé, à l’éducation et à l’alimentation. Elles vivent dans une indignité totale, sans béquilles, ni fauteuils roulants, ni appareils adaptés à leurs besoins spécifiques, déplore le Rnddh.
Dépendantes de l’aide humanitaire, des comités de gestion ou de la solidarité de leurs voisines et voisins, elles ne bénéficient d’aucune assistance institutionnelle.
Des conditions de vie inhumaines
Le Rnddh décrit des conditions de vie horribles dans les camps de Pdi.
80 % des sites sont dans un état d’insalubrité révoltante. Ils sont délabrés, rapiécés et insalubres, sans aucune étanchéité. Certains sont installés à proximité de piles d’immondices, aggravant les risques sanitaires.
Au moment des pluies, de nombreux sites sont inondés, tandis que dans d’autres, les eaux stagnent, rendant les déplacements difficiles.
Selon le rapport du Rnddh, 57.5 % des sites de Pdi disposent de latrines insalubres, bouchées et non vidangées. 22.5 % n’ont aucune latrine.
Les Personnes déplacées internes sont contraintes de faire leurs besoins à même le sol, ou dans des sachets et seaux, qu’ils jettent ensuite sur des tas d’ordures ou dans des riavins avoisinants.
Les sites de Pdi sont infestés de punaises, moustiques, mouches, vers de terre et rongeurs, selon les comités interrogés.
Une promiscuité extrême, le surpeuplement et l’exiguïté des lieux favorisent la propagation de maladies contagieuses.
Recommandations du Rnddh
Le Réseau national de défense des droits humains recommande à l’État haïtien de fournir une assistance psychologique aux personnes déplacées, rétablir la sécurité pour permettre aux familles de retourner chez elles, offrir une aide financière aux familles démunies pour louer un logement ou retourner dans leurs provinces d’origine, selon leurs souhaits.
L’organisation de défense des droits humains exige l’arrestation, le jugement et la condamnation de tous les terroristes, ainsi que de tous ceux qui profitent du chaos instauré en Haïti. [emb rc apr 13/01/2026 15:20]
Photo : MSF
Suivez-nous – Abonnez-vous
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001




