Par Pierre Philor Saint-Fleur
P-au-P, 06 août 2025 [AlterPresse] — La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) dénonce la mort de la migrante haïtienne, Natacha Désir, 35 ans, ainsi que son bébé, lors de son accouchement mal tourné à l’Hôpital municipal de Verón, en République dominicaine, le mercredi 30 juillet 2025.
Dans une note consultée par l’agence en ligne Alterpresse, la plateforme Garr plaide pour qu’une enquête soit diligentée sur les circonstances entourant la mort de la migrante et de son bébé.
Les faits se sont déroulés à Punta Cana, après que la patiente Natacha Désir a été admise à l’Hôpital municipal de Veron, le mardi 29 juillet 2025, vers 1:00 pm (17:00 gmt), prête à mettre au monde son enfant.
Admise en salle d’opération après des heures d’attente, un membre du personnel du corps médical a annoncé que la césarienne a été pratiquée et que l’enfant n’a pas survécu.
Par ailleurs, la santé de la mère était stable, raconte Yonel Verne, le mari de la défunte dont l’acces pour voir sa femme alitée lui a été refusé, rapporte la plateforme Garr.
Plus tard dans la journée, le personel médical a annoncé à Yonel Berne que sa femme a également succombé, alors qu’il avait fait état, auparavant, de sa santé stable.
Ceci a semé le doute chez les proches des victimes sur le déroulement de la prise en charge médicale. L’intervention chirurgicale n’aurait vraisemblablement pas eu lieu. Natacha Désir ainsi que son bébé seraient morts, suite aux négligences du personnel médical, présume la famille des défunts.
La mort de Natacha Désir et de son bébé survient dans le contexte d‘une politique migratoire raciste et discriminatoire de l’administration politique dominicaine envers les personnes de nationalité haïtienne, depuis l’adoption, en avril 2025, des mesures de traque visant exclusivement les femmes haïtiennes enceintes dans les hôpitaux par la migration dominicaine, rappelle la platefore Garr,
Beaucoup de migrantes haïtiennes continuent de subir du mépris, des actes de violences et un déni de leur droit à la santé.
De janvier à mai 2025, (un nombre de) 143 mille 251 migrantes et migrants ont été expulsé-e-s vers Haïti.
A ce nombre, s’ajoutent 58 mille 641 autres ressortissantes et ressortissants haïtien.ne.s, qui sont retourné-e-s volontairement dans leur pays.
A cause de cette disposition jugée « inhumaine », qui force les migrantes haïtiennes vivant en terre voisine à ne plus se sentir en sécurité dans les centres hospitaliers dominicains, beaucoup ont préféré rester chez elles, malgré qu’elles soient enceintes et nécessitent des soins médicaux, remarque l’organisation de défense des droits des migrantes et migrants.
Le 9 mai 2025, \Lourdia Joseph, une migrante haïtienne enceinte, sur le point d’accoucher, a perdu sa vie chez elle, parce qu’elle craignait de se faire appréhender à l’hôpital avec son bébé, ou pire qu’elle en soit séparée, rappelle la plateforme Garr.
Il s’agit d’une politique migratoire stigmatisante et inhumaine contre les femmes migrantes haïtiennes en terre voisine, dénonce la plateforme Garr.
« Il est inconcevable que l’on refuse à une femme enceinte des soins d’accouchement, qu’on la maltraite, ou que l’on mesure sa vie et celle de son bébé sur la base de ses papiers, de son origine ou de sa couleur de peau ».
La plateforme Garr s’interroge sur les « négligences qui ont conduit à la mort de Natacha Désir et de son bébé ».
« Seraient-elles moins condamnables par le simple fait que la mère n’était pas une Dominicaine ? Ou alors, qu’adviendrait-il si la patiente était une Dominicaine ? L’aurait-on traité avec le même niveau de négligence ? Sa mort, aurait-elle suscité autant d’indifférence en République Dominicaine » ?
Ne voulant pas laisser passer sous silence la mort de Natacha Désir et de son bébé, la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) appelle le Ministère des affaires étrangères d’Haïti à accompagner la famille des victimes, afin de faire triompher la vérité sur ce double deuil.
De plus, la plateforme Garr lance un appel à la solidarité et à la vigilance des actrices nationales et internationales, et acteurs de droits humains tant nationaux qu’internationaux face à la situation infernale des femmes migrantes haïtiennes enceintes en République Dominicaine.
Elle demande « à l’Etat haïtien de créer des conditions permettant aux Haïtiennes et Haïtiens de vivre dans la dignité et le respect de leur droit en Haïti ».
En mai 2025, un collectif français de solidarité a souligné combien la République Dominicaine viole ses engagements internationaux, dénonçant un programme anti-immigration, principalement contre les Haïtiennes et Haïtiens. [ppsf cj rc apr 05/08/2025 13:39]
Image Courrier international
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