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Haïti : La vie des enfants menacée par des drones explosifs, alerte Amnesty International

P-au-P, 15 mai 2026 [AlterPresse] --- Les enfants sont exposés à «  un danger direct  » par l’usage de drones armés dans des zones urbaines densément peuplées, créant un précédent inquiétant en Haïti, prévient l’organisation Amnesty International dans un communiqué daté du 14 mai 2026, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette utilisation de drones pourrait donner lieu à des exécutions extrajudiciaires, affirme Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International, exhortant les autorités haïtiennes à «  empêcher leur usage illégal et préciser qui déploie ces drones et dans quel cadre juridique  ».

Elle qualifie de «  choquant et d’une grande cruauté  » l’usage indiscriminé de drones armés contre des enfants.

Le devoir de l’État haïtien est de protéger les enfants, et non de les exposer à de nouvelles formes de violence en recourant à des technologies meurtrières, rappelle-t-elle.

«  Tandis que les ressources sont consacrées à la militarisation, des millions d’enfants vivent dans la peur, ont faim et ne peuvent pas aller à l’école. Il faut placer la protection des enfants au cœur de toute réponse à la crise que traverse le pays  ».

Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International, réagissait aux derniers chiffres publiés par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) sur les personnes tuées et blessée,s lors des opérations de sécurité menées contre les gangs armés, notamment au cours d’attaques de drones kamikazes attribuées à une société militaire privée.

Dans son rapport du 8 mai 2026, le Binuh a recensé 1,,642 personnes tuées et 745 blessées au premier trimestre 2026, soulignant que la situation des droits humains demeure «  extrêmement préoccupante  ».

Le représentant spécial du secrétaire général en Haïti et chef du Binuh, le Mexicain Carlos Ruiz Massieu, a déclaré que l’insécurité est quotidienne et intenable pour une grande partie de la population, malgré certaines avancées sécuritaires dans le centre-ville de Port-au-Prince.

Les actes de violences continuent de s’étendre au-delà de la capitale, notamment dans l’Artibonite et le Plateau central.

Sur l’ensemble des victimes de frappes de drones recensées, 69 étaient des civils, dont cinq enfants, selon le Binuh.

Deux fillettes âgées de sept et neuf ans figurent parmi les personnes blessées graves, après la chute d’un drone dans la cour de leur maison à Martissant, en mars 2026.

Cette nouvelle forme de violence aggrave une crise, qui frappe déjà durement les enfants en Haïti, relève Amnesty International.

Un rapport publié en février 2025 par l’organisation faisait état d’enfants recrutés par des gangs criminels, victimes de violences sexuelles et d’homicides, privés d’éducation, de soins et de protection élémentaire.

L’organisation Human Rights Watch (Hrw) avait également documenté, dans un rapport du 10 mars 2025, 1, 243 personnes tuées et 738 autres blessées, lors de 141 frappes de drones menées entre mars 2025 et janvier 2026 contre des gangs à Port-au-Prince et ses environs.

Ces opérations auraient été conduites par la société militaire privée américaine Vectus Global, dirigée par Erik Prince, ancien fondateur de Blackwater, en appui aux forces de sécurité haïtiennes. [emb apr 15/05/2026 10:40]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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