P-au-P, 14 mars 2025 [AlterPresse] --- Des représentants de plusieurs organisations de défense des droits humains ont eu, ce vendredi 14 mars 2025, des discussions avec plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition (Cpt), dont son président, Fritz Jean, autour de la cruciale question de la sécurité en Haïti, lors d’une réunion tenue à la Villa d’Accueil, siège du pouvoir de transition, apprend AlterPresse.
Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), a fait état de cette rencontre à l’émission TiChèzBa, magazine hebdomadaire d’échanges sur l’actualité d’AlterRadio, prévu pour être diffusé ce samedi 15 mars 2025 sur le 106.1 fm depuis Port-au-Prince et en ligne.
« Nous avons posé le problème de la sécurité, de l’effectif de la police et celui de l’utilisation des drones », indique Pierre Espérance, alors que les violences des gangs ne cessemt point de s’intensifier à la capitale, qu’ils contrôlent à environ 90%, selon des statistiques.
Il précise qu’à part Fritz Jean, Leslie Voltaire, Laurent Saint-Cyr et Régine Abraham, membres du Cpt, ont pris part à la réunion.
Du coté des organisations de défense des droits humains, outre Pierre Espérance, il y avait Rosy Auguste du Rnddh, Alermy Pierrevilus de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh), Jocelyne Colas de la Commission nationale justice et paix de l’Église catholique (Ce-Jilap) et Edouard Paultre du rassemblement Ensemble contre la corruption (Ecc).
Les organisations de défense des droits humains ont soulevé des problèmes relatifs au fonctionnement du Cpt et à « la corruption, qui ronge » cette structure du pouvoir de transition, particulièrement les cas de Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Gérald Gilles, trois conseillers-présidents inculpés dans un scandale de pots-de-vin.
Les membres du Cpt se sont montrés « très réceptifs », assure Pierre Espérance.
Les conseillers-présidents ont « compris que les opérations aériennes, à l’aide de drones explosifs contre les bases des gangs, doivent être confiées aux forces de l’ordre », contrairement à la réalité d’aujourd’hui, précise Espérance.
Ces opérations, en cours depuis le samedi 1er mars 2025 à la capitale et ayant semé une certaine inquiétude au niveau des groupes criminels, se feraient à l’insu du commandement de la police, de l’armée ou de la force multinationale conduite par le Kenya, affirme-t-il.
Le défenseur des droits humains encourage ces opérations, qui doivent être « mieux coordonnées » et qui ne doivent pas être dirigées par des instances politiques, afin de ne pas servir à des fins politiques.
La capitale, Port-au-Prince, est en grand danger, au moment où les gangs multiplient leurs attaques meurtrières et destructrices contre des quartiers de la capitale, dont ils s’emparent les uns après les autres, estime Espérance.
Tout comme des voix de la communauté internationale, le défenseur des droits humains craint que la capitale ne parvienne pas à résister à l’assaut des gangs et finisse par tomber.
Il appelle le pouvoir et les forces publiques à tout faire pour empêcher que cette éventuelle perspective se réalise. Car, explique-t-il, ce serait une très lourde hypothèque sur l’avenir de la nation.
Le magazine TiChèzBa est diffusé sur AlterRadio le samedi à 7 :00 am et 3 :00 pm, le dimanche à 7:00 am, 1:00 et 5:00 pm, puis repris le mercredi à partir de 7:00 am.
L’émission est disponible également sur les principales plateformes de podcast. [apr 14/03/2025 20:00]
Suivez-nous – Abonnez-vous
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001
-
Haïti : Vers une nouvelle crise politique ? 25 mai 2026




