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Haïti : La Pohdh soutient les étudiantes et étudiants en médecine et réclame des sanctions après les violences

P-au-P. 02 juillet 2026 [AlterPresse] --- La Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh) apporte son soutien aux étudiantes et étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), mobilisés pour obtenir la relocalisation et la réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (Hueh), dit « Hôpital général », tout en dénonçant les violences ayant marqué leurs récentes manifestations.

Dans une note publiée le jeudi 2 juillet 2026 et transmise à AlterPresse, la Pohdh qualifie de « juste » la revendication des étudiantes et étudiants.

Elle estime que la réouverture du principal hôpital public du pays, fermé depuis mars 2024 à Port-au-Prince, à la suite des attaques de gangs armés, constitue une urgence à la fois pour l’accès aux soins de la population et pour la formation des futurs médecins.

L’organisation condamne les interventions de la Police nationale d’Haïti (Pnh) contre les manifestations des 22 juin et 1er juillet 2026. Elle demande à l’Inspection générale de la Pnh d’identifier et de sanctionner les policiers, qui auraient brutalisé des manifestants exerçant leur droit à une mobilisation pacifique.

La Pohdh met également en cause le titulaire du Ministère de la santé publique et de la population (mspp), Bertrand Sinal, qu’elle accuse d’avoir ignoré les démarches, entreprises depuis plusieurs mois par les étudiantes et étudiants ainsi que par le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé (Sts).

La plateforme rappelle que le ministre avait promis, lors d’une rencontre avec les manifestants le 22 mai 2026, une réouverture de l’Hôpital universitaire dans un délai d’un mois, engagement qui n’a, selon elle, pas été respecté.

Estimant que la relocalisation et la réouverture de l’Hueh ne figurent pas parmi les priorités du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, la plateforme appelle les autorités à garantir le droit de manifester et le droit à la santé, consacrés par la Constitution de 1987 et les engagements internationaux d’Haïti.

Cette prise de position intervient au lendemain de nouvelles violences, lors d’une marche étudiante organisée le mercredi 1er juillet 2026 sur la route de Bourdon, où un étudiant de la Fmp a été blessé par balle.

La Police nationale d’Haïti a annoncé l’ouverture d’une enquête afin d’identifier l’auteur des tirs.

Selon sa version, le conducteur d’un véhicule Nissan Xterra vert, immatriculé AA-13359, a fait usage de son arme après que des manifestants eurent brisé la vitre arrière de son véhicule.

Les protestataires affirment, de leur côté, que le tireur serait un policier national.

La veille, le décanat de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Ueh avait exprimé son indignation après la blessure de l’étudiant.

Il avait condamné « avec la plus grande fermeté » cette agression, exigé une enquête judiciaire et policière pour identifier les responsables et les traduire en justice, tout en renouvelant son appel au bureau du premier ministre et au Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) pour accélérer la relocalisation et la réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti.

En réaffirmant sa solidarité avec les étudiantes et étudiants, la Pohdh appelle enfin l’État à rétablir les conditions de sécurité nécessaires à la réouverture des infrastructures hospitalières publiques et à garantir l’exercice des libertés fondamentales. [apr 02/07/2026 21 :00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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