P-au-P., 16 mars 2026 [AlterPresse] --- L’ancien député Arnel Bélizaire, arrêté le samedi 14 mars 2026 dans un hôtel à Pétionville, en périphérie de Port-au-Prince, a été placé en garde à vue en attendant son défèrement au parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, confirme la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans une communication consultée par AlterPresse.
Il était recherché pour « financement du terrorisme, attentat, complot contre la sûreté de l’État et association de malfaiteurs », précise l’institution policière.
Arnel Bélizaire a été appréhendé sur mandat par des agents de la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) pour ces infractions jugées graves, souligne la police sur ses réseaux sociaux.
« Le prévenu a été placé en garde à vue à la Dcpj. Il devra être conduit au parquet (près le tribunal civil) de Port-au-Prince dans les plus brefs délais, afin de répondre des accusations portées contre lui », indique la police.
Peu après la diffusion de l’avis de recherche émis contre Arnel Bélizaire, le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) avait qualifié, en février 2026, ce document de « farce ».
L’organisation avait présenté l’ancien parlementaire comme « un allié de la coalition armée Viv Ansanm » et affirmé qu’il serait « un proche ami de l’actuel directeur de la Dcpj, le commissaire divisionnaire Justin Marc ».
Selon le Rnddh, Bélizaire aurait « ses entrées au sein de l’institution depuis le 22 septembre 2025 ».
L’organisation rappelle qu’il avait rendu visite, ce jour-là, à l’inculpée Magalie Habitant, arrêtée notamment pour connivence présumée avec des gangs, avant d’effectuer une diffusion en direct devant les locaux de la Dcpj.
Bélizaire affirmait ne pas être en fuite
Le jeudi 12 mars 2026, Arnel Bélizaire avait déclaré publiquement ne pas être en cavale, ni caché, assurant qu’il se présenterait devant la justice chaque fois qu’il serait convoqué.
Il avait tenu ces propos après avoir déposé des documents au Conseil électoral provisoire (Cep), en vue de l’enregistrement de son parti politique dénommé Defile fòs demokratik revolisyonè.
Aucune intervention de la Dcpj n’avait eu lieu ce jour-là, alors qu’il se trouvait dans les locaux du Cep à Pétionville.
Plusieurs démêlés antérieurs avec la justice
Depuis son passage à la Chambre des députés à partir de 2011, Arnel Bélizaire a déjà été arrêté à plusieurs reprises par la Police nationale d’Haïti (Pnh) avant d’être libéré par la suite.
Les autorités l’accusaient alors de s’être évadé de prison.
Cette arrestation avait provoqué un important scandale politique en Haïti et à l’étranger, plusieurs acteurs accusant le président de l’époque, Joseph Michel Martelly, d’être à l’origine de la mesure.
Le lendemain, le vendredi 28 octobre 2011, il avait été conduit devant la Chambre des députés.
L’affaire avait suscité un vif débat, l’article 115 de la Constitution du 29 mars 1987 interdisant l’arrestation d’un parlementaire pendant l’exercice de son mandat, sauf en cas de flagrant délit.
Les autorités avaient alors affirmé avoir saisi trois fusils, cinq revolvers, quatre grenades, des téléphones portables et environ 300,000 gourdes.
Le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince l’avait notamment accusé d’avoir proféré des menaces visant l’ambassade des États-Unis en Haïti, ainsi qu’une entreprise locale de boissons gazeuses.
La veille de cette arrestation, soit le vendredi 29 novembre 2019, Arnel Bélizaire avait échappé à une tentative d’interpellation dans un hôtel de Saint-Marc, dans le département de l’Artibonite (Nord), où il devait rencontrer la presse. [apr 16/03/2026 00:30]
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