P-au-P, 02 février 2026 [AlterPresse] — L’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) et le Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf) réclament justice pour l’étudiante Neïssa Tima, assassinée le lundi 26 janvier 2026, dans des notes séparées consultées par l’agence en ligne AlterPresse.
Une plainte formelle, assortie d’une constitution de partie civile, a été déposée contre le gynécologue Mackenzy Dorlus et son neveu, Wesner Dorlus, tous deux mis en cause dans ce dossier, informe l’Opc.
Âgée de 19 ans, Neïssa Tima était inscrite en première année de gestion des affaires à l’Université Quisqueya. Son corps sans vie, presque nu, couvert d’égratignures et présentant des traces de sperme sur les jambes, a été retrouvé le 26 janvier 2026 à l’arrière d’un véhicule stationné devant le centre hospitalier Plurimedic, à Pétionville, poursuit l’Opc.
Selon les déclarations des parents recueillies par l’Opc, le gynécologue Mackenzy Dorlus a affirmé avoir « récupéré » son neveu, Wesner Dorlus, ainsi que la victime, avant de les conduire à l’hôpital, après avoir tenté de la ranimer.
Selon des médias locaux, Wesner Dorlus, admis à l’hôpital depuis six jours, est décédé le dimanche 1ᵉʳ février 2026, quelques jours après la mort de Neïssa Tima. Il aurait été retrouvé inconscient aux côtés de l’étudiante dans le véhicule.
Le 28 janvier 2026, l’Opc indique avoir accompagné la mère de la victime au parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, afin d’accomplir les formalités liées au suivi judiciaire de l’affaire.
Dans une note de protestation, le Mcfdf insiste pour que ce dossier soit traité avec diligence, rigueur et transparence.
Ce crime ne constitue pas un cas isolé. Il s’inscrit, selon l’institution, dans un contexte alarmant de banalisation des violences meurtrières faites aux femmes, alimenté par l’impunité, la faiblesse des mécanismes de protection et l’insuffisance des réponses judiciaires effectives, dénonce le Mcfdf.
À la demande expresse du ministère, le commissaire du gouvernement compétent s’est officiellement saisi du dossier.
Une autopsie du corps de la victime a été requise et un ordre d’interdiction de départ a été émis afin de garantir la disponibilité des personnes concernées et de préserver l’intégrité de l’enquête, précise le Mcfdf.
Le ministère interpelle l’ensemble des institutions concernées sur la mise en œuvre de mesures concrètes, durables et coordonnées visant à prévenir les violences basées sur le genre et à garantir un accès effectif à la justice.
À travers leurs interventions respectives, le Mcfdf et l’Opc réaffirment la nécessité d’une réponse judiciaire exemplaire face aux violences faites aux femmes, dans un contexte où la lutte contre l’impunité demeure un enjeu majeur en Haïti.
La brutalité de la disparition de Neïssa Tima rend sa perte d’autant plus insoutenable, estime l’Université Quisqueya (UniQ).
L’institution exprime sa profonde solidarité, sa compassion et sa sympathie émue à la famille de Neïssa Tima, à ses amis, à ses camarades de promotion ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire affectée par ce drame. [mff emb apr 02/02/2026 18:40]
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Haïti-Genre : Des commerçantes racontent leur quotidien 15 octobre 2012
