Tribune
Par Michel Legros*
Soumise à AlterPresse le 27 août 2026
Haïti est l’un des rares pays où la compétence ne se mesure pas à l’aune des résultats.
Combien d’autres massacres faudra-t-il encore dans le pays après celui de Kenscoff, qui a lui-même déjà connu plusieurs massacres, pour que les responsables - non, les irresponsables plutôt - se décident enfin à faire ce qu’il faut ?
Après tant d’années de tueries, le macabre décompte nous échappe : Gressier, Cité Soleil, Source-Matelas, Kenscoff, Jean-Denis, Saut-d’Eau… et tant d’autres que la mémoire peine désormais à retenir.
Cinq ans après le début de cette descente aux enfers, nous ne disposons toujours pas d’un seul bataillon de combat, alors que la PNH et les FAD’H devraient compter ensemble au moins 15 000 hommes.
Comment est-ce possible ?
L’incompétence est la seule réponse qui s’impose.
On préfère attendre les missions étrangères, inutiles et fainéantes, comme la MSS. Pourquoi cette dépendance ? Et à qui profite-t-elle ?
Avec une volonté politique forte et un commandement compétent, six mois suffiraient pour mettre les gangs en déroute. Mais le pouvoir ne semble ni vouloir livrer cette bataille ni assumer les conséquences de son inaction.
Pendant que l’on tergiverse, que l’on attend une énième mission étrangère et que l’on s’en remet à un « marchand de guerre » grassement payé, la population, elle, continue de mourir.
Si rien ne change, il ne faudra pas s’étonner des prochains massacres. Il est temps de demander des comptes à ceux qui, par leur inaction, les ont rendus possibles.
*Citoyen engagé
Photo : Facebook
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