Face à l’avancée de la mer et aux glissements de terrain, l’instauration d’une gouvernance côtière rigoureuse est devenue une urgence absolue. Ce plaidoyer est activement porté par le Ministère de l’Environnement à travers le programme Amcc+.
Par Charilien Jeanvil
P-au-P., 3 juillet 2026 [AlterPresse] --- L’avancée de la mer et les glissements de terrain menacent directement les communautés haïtiennes les plus vulnérables face aux changements climatiques. Pour y répondre, l’élaboration d’un cadre de gouvernance axé sur la protection de l’environnement et la résilience communautaire est indispensable. La réussite de cette démarche repose sur des décisions éclairées et une collaboration étroite entre toutes les parties prenantes.
Des règles strictes pour protéger le littoral
Dans la commune de Belle-Anse (département du Sud-Est), le programme Amcc+ a placé la protection du littoral au cœur de ses priorités stratégiques. Cette gouvernance côtière s’appuie sur des mécanismes précis : délimitation de zones non constructibles, préservation des mangroves et planification rigoureuse de l’occupation du territoire.
Le respect de ces dispositions stabilise les terres, sécurise les habitations et réduit considérablement les risques de catastrophes naturelles. Une attention particulière est ainsi accordée au reboisement des mangroves du Parc naturel du Lagon des huîtres pour briser l’impact des vagues qui inondent régulièrement la zone.
« L’idée est de créer davantage de richesse en augmentant la production locale, notamment celle des produits halieutiques », explique l’ingénieur-agronome Alix Innocent, assistant technique du programme Amcc+.
Une approche participative et citoyenne
Le projet privilégie une démarche inclusive en associant directement les habitants aux décisions. Plusieurs rencontres ont déjà réuni la communauté, les organisations non gouvernementales et les autorités locales, garantissant des actions plus efficaces et durables.
Parallèlement, des campagnes de sensibilisation incitent les citoyens à protéger les mangroves et à adopter des pratiques économiques écoresponsables.
« Il s’agit de préserver à la fois l’intégrité des écosystèmes et les moyens de subsistance des populations », insiste Alix Innocent.
Selon lui, cette synergie est essentielle pour sécuriser les habitations et préserver les terres agricoles exposées aux aléas climatiques.
Allier nature et génie civil
La protection du littoral gagne en efficacité lorsque les infrastructures techniques s’harmonisent avec les solutions fondées sur la nature. Murs de soutènement, gabions et mangroves forment un bouclier complémentaire performant. Les résultats sur le terrain confirment déjà l’efficacité de cette approche intégrée pour préserver les terres et les logements.
À l’échelle nationale, cette gestion côtière s’inscrit dans une stratégie globale visant à réduire la vulnérabilité d’Haïti, l’un des pays les plus exposés aux risques climatiques de la région. Le gouvernement haïtien travaille actuellement sur un plan national de gestion intégrée des zones côtières, mobilisant ministères sectoriels, acteurs locaux et partenaires financiers, tout en modernisant le cadre légal et foncier.
Un impact direct sur les pêcheurs et l’agriculture
Dominique Simon, représentant de l’Union communale de l’Association des pêcheurs de Belle-Anse (Inkapeb), salue les interventions menées au Parc naturel du Lagon des huîtres. Ces travaux réduisent la pression humaine sur cette réserve naturelle indispensable à l’équilibre local.
Au-delà des pêcheurs, le projet Inovee soutient également les agriculteurs. Des interventions en amont sur le traitement des bassins versants limitent l’érosion des sols et le déversement des terres arables dans la mer, un phénomène qui asphyxiait jusqu’alors les ressources marines.
Dominique Simon anticipe déjà une augmentation des populations de poissons et de crustacés, notamment les homards, grâce à la régénération de ces écosystèmes.
La sauvegarde du littoral est l’affaire de tous. Elle exige l’engagement continu des autorités, des organisations et des citoyens. Chacun doit respecter les règles établies pour léguer aux générations futures un environnement sécurisé et des moyens de subsistance durables. [cj gp apr 03/07/2026 15:00]
Article rédigé dans le cadre du programme Amcc+ Haïti, conduit par le Ministère de l’environnement avec le soutien de l’Union européenne.
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