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Haïti-Genre : Vives protestations après la révocation de la directrice générale du Mcfdf, Sandy François, au profit d’un homme

P-au-P, 11 mai 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations féministes, dont Nègès Mawon et Marijan, ainsi que des personnalités engagées dans la défense des droits des femmes [1], dénoncent la décision du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de révoquer Sandy François de la direction générale du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf) pour la remplacer par un homme, Hermanex Gonzague Désir, selon une note conjointe datée du 9 mai 2026, consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette décision fragilise davantage les droits des femmes et appellent à une « mobilisation immédiate, ferme et sans compromis »E, estiment-eles.

Le nombre de femmes occupant des postes de direction générale tombe désormais à seulement 3 sur 18 ministères, bien en deçà des garanties constitutionnelles d’égalité et du quota minimal de 30 % de femmes dans les fonctions publiques, prévu par la Constitution haïtienne, soulignent-elles.

Sandy François, cadre de carrière, compte plus de 30 ans d’expérience au sein du Mcfdf, où elle occupait le poste de directrice générale, rappellent les organisations signataitres.

Elles dénoncent un choix politique délibéré, visant à exclure les femmes de la gestion politique nationale.

«  Cette démarche s’inscrit dans une longue série de pratiques qui marginalisent les droits des femmes et des filles, en contradiction avec les engagements politiques formulés pour une transition efficace et équitable  ».

De tels manquements constituent, selon elles, des violations claires des obligations nationales et internationales d’Haïti et compromettent l’avenir du pays.

L’affaiblissement de la participation des femmes au sein du Mcfdf, dans un contexte de crise et de période électorale, constitue une atteinte particulièrement grave aux droits des femmes, signalent-elles.

Ce ministère, rappellent-elles, est le fruit de décennies de luttes du mouvement féministe haïtien pour disposer d’une institution, capable de combattre les discriminations et d’intégrer les droits des femmes dans les politiques publiques.

Éloigner cette institution des principes d’équité et de représentation démontre combien les droits des femmes ne constituent pas une priorité pour les autorités actuelles.

Ce qui devrait conduire à une lecture critique des engagements du gouvernement en matière d’égalité de genre, déclarent ces organisations féministes ainsi que des personnalités engagées dans la défense des droits des femmes. [emb rc apr 11/05/2026 12:10]


[1La note est signée par plusieurs organisations féministes, organisations de femmes et personnalités engagées dans la défense des droits des femmes telles que :
1. Nègès Mawon
2. Organisation Féministe Marijan
3. Fondation Toya
4. Offe
5. San Pou San Fanm
6. Règ
7. Otrah
8. Uprofem
9. Oefe
10. Fanm Deside
11. Refkad
12. Marie Denise Claude, ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes
13. Gabrielle Hyacinthe, ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes
14. Eunide Innocent, ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes
15. Evelyne Sainvil, ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes
16. Françoise Suzan, ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes
17. Marjorie Michel, ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes
18. Savannah Savary, citoyenne engagée
19. Marie Margareth Fortuné, ancienne directrice générale de la Loterie nationale
20. Sabine Martelly, ancienne secrétaire d’État des sports, de la jeunesse et à l’action civique

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