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Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars

Haïti - Genre : Le Garr dénonce les exactions inhumaines contre les Haïtiennes en République Dominicaine

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 09 mars 2026 [AlterPresse] --- La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) condamne les violences, humiliations et abus, infligés aux femmes migrantes haïtiennes en République Dominicaine, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le dimanche 8 mars 2026.

Dans une note consultée par AlterPresse, l’organisation appelle l’État dominicain à briser la chaîne de l’impunité, en rendant justice aux victimes et en sanctionnant les coupables.

Elle invite les autorités migratoires à humaniser le processus de déportation, en protégeant particulièrement les femmes enceintes, les mères allaitantes avec leurs nourrissons, ainsi que les mineures et mineurs, considéré.e.s comme des groupes vulnérables.

La plateforme Garr interpelle également l’État haïtien sur la nécessité de renforcer sa présence à la frontière haïtiano-dominicaine, afin d’assurer une prise en charge adéquate des femmes enceintes, allaitantes et des filles mineures expulsées.

Elle préconise une attention particulière aux femmes déplacées internes en Haïti, tant sur le plan de la protection que de la réintégration sociale et économique.

Elle exhorte les pouvoirs publics, conformément au principe d’égalité des sexes, à promouvoir les droits des femmes et à garantir leur effectivité.

Appel à un réveil collectif

Face à la détérioration de la situation des femmes migrantes, déplacées internes ou victimes de violences en Haïti, la plateforme Garr lance un appel à un réveil collectif, pour faire respecter leurs droits et œuvrer activement en faveur de l’égalité des sexes.

Les femmes sont confrontées à des violences multiples : déplacements forcés liés aux gangs, viols, violences psychologiques, privation de droits fondamentaux et d’accès aux services de base.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), plus de 1,4 million de personnes étaient déplacées internes en septembre 2025, dont plus de 50 % de femmes et de filles.

«  Tous les jours, 27 femmes et jeunes filles subissent des Violences basées sur le genre (Vbg), dont la majorité sont des viols, parfois collectifs  »., a reconnu la coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations unies en Haïti, l’Ivoirienne Nicole Flora Boni Kouassi, nommée en octobre 2025 Représentante spéciale adjointe des Nations unies en Haïti.

En 2025, treize massacres ont endeuillé Haïti, coûtant la vie à un nombre indéterminé de femmes et de filles.

La criminalrité a, par ailleurs, alimenté le départ massif d’Haïtiennes vers la République Dominicaine, où celles qui empruntent des voies irrégulières sont souvent victimes d’actes de harcèlements, d’agressions sexuelles et d’abus de la part de réseaux de trafiquants.

Le lundi 2 février 2026, au moins quatre ressortissantes haïtiennes ont récemment été décapitées au niveau de la frontière d’Elías Piña,, rappelle la plateforme Garr.

Politiques migratoires inhumaines

Un protocole sanitaire, adopté en avril 2025 en République Dominicaine, interdit l’admission des femmes haïtiennes enceintes dans les hôpitaux dominicains, accentuant la déshumanisation et la traque des migrantes enceintes et allaitantes.

Le rapport annuel de la plateforme Garr a recensé plus de 1,057 femmes enceintes et 3,000 femmes allaitantes dans les flux de déportations, en 2025.

Des mères et leurs bébés ont perdu la vie, à cause de cette politique migratoire qualifiée d’inhumaine, brutale et raciste.

Le 25 février 2026, à la frontière Elías Piña/Belladère, cinq femmes allaitantes, accompagnées de leurs nourrissons, ont été expulsées parmi 195 personnes.

Elles ont confié avoir été arrachées de force de leurs lits d’hôpitaux, entre 4 et 10 jours après leur accouchement, sans égard pour leur santé fragile ni celle de leurs bébés.

Ces mères ont ensuite été transférées au centre de détention de Haina, où elles ont passé deux jours dans des conditions déplorables  : froid, manque d’hygiène et alimentation insuffisante. [emb rc apr 09/03/2026 11:35]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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