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Haïti : Forte tension et incertitude autour de l’architecture institutionnelle du processus électoral

Actualisation de la dépêche à 15:30

P-au-P., 4 juin 2026 [AlterPresse] — Une phase de forte tension et d’incertitude autour de l’architecture institutionnelle du processus électoral se dessine en Haïti, sur fond de circulation de documents officiels, de contestations internes au Conseil électoral provisoire (CEP) et de soutien diplomatique au cadre électoral par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), observe AlterPresse.

Sur les réseaux sociaux circule la première page d’un arrêté daté du 3 juin 2026 et publié dans le journal officiel *Le Moniteur*, nommant le citoyen Uder Antoine Directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP). L’intéressé occupait depuis le 14 avril le poste de directeur exécutif, à la suite de son recrutement par le CEP.

Cet arrêté semble confirmer indirectement la promulgation par l’exécutif du décret électoral le 2 juin 2026, auquel il fait référence.

AlterPresse a pu confirmer l’authenticité d’une note du CEP indiquant que le Conseil avait recruté Uder Antoine comme directeur exécutif le 14 avril 2026 et que son nom circulait désormais dans les médias comme Directeur général choisi par le gouvernement.

Le document mentionne également qu’il n’aurait pas donné signe de vie depuis environ 24 heures et lui interdit, en conséquence, l’accès aux locaux du CEP jusqu’à nouvel ordre.

AlterPresse a également appris qu’une résolution a été adoptée le 3 juin par le Conseil électoral provisoire mettant fin au contrat du directeur exécutif.

Uder Antoine n’était pas joignable par AlterPresse en début d’après-midi du 4 juin.

Un autre document dont AlterPresse a eu connaissance indique que le président du CEP, Jacques Desrosiers, a adressé le 3 juin une correspondance au Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. Il y exprime l’opposition du Conseil à la nomination et à l’installation d’un Directeur général à la tête de l’institution électorale, une position que le CEP affirme avoir déjà défendue auprès des autorités concernées.

Selon les informations recueillies, Jacques Desrosiers estime que ce désaccord risque d’aggraver davantage la crise actuelle. Il sollicite une rencontre avec le chef du gouvernement afin de discuter des divergences existantes et de rechercher une solution concertée, dans le but d’éviter une confrontation entre le CEP et l’exécutif.

Parallèlement, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a salué, le 3 juin, la promulgation du nouveau décret électoral, qu’il considère comme une étape importante vers la tenue d’élections inclusives et crédibles.

L’institution onusienne appelle à la publication rapide d’un calendrier électoral et d’autres mesures en faveur du rétablissement des institutions démocratiques. Elle a également réaffirmé son engagement à coordonner l’appui international au processus électoral et à soutenir le CEP ainsi que les autorités haïtiennes, conformément à son mandat.

Cette séquence intervient alors que le CEP avait récemment exprimé des réserves sur le projet de décret électoral, tout en rejetant publiquement l’idée d’un bras de fer avec l’exécutif et en annonçant la préparation de remarques sur plusieurs dispositions jugées problématiques.

L’ensemble des éléments disponibles jusqu’à présent accentue les incertitudes autour de la mise en place et du fonctionnement de l’architecture électorale en Haïti. [apr 04/06/2026 15:30]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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