P-au-P., 11 mai 2026 [AlterPresse] --- Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé envisage désormais la tenue du premier tour des élections d’ici la fin de l’année 2026, afin de remettre le pouvoir à des élus le 7 février 2027, en raison des conditions sécuritaires actuelles qui, selon lui, ne permettent pas l’organisation d’un scrutin en août 2026.
« J’aimerais que les élections commencent d’ici la fin de l’année pour s’achever au début de la prochaine et avoir un président élu au 7 février 2027 », a déclaré le chef du gouvernement, dans des propos rapportés par le quotidien haïtien Le Nouvelliste.
Le premier ministre a estimé qu’il serait « irresponsable » d’organiser des élections dans le contexte actuel marqué par l’insécurité et les attaques de groupes armés.
« Il est clair que les conditions sécuritaires n’existent pas pour organiser les élections en août. Même le CEP, lorsqu’il a envoyé le calendrier et le décret électoral, a toujours dit que le minimum est la création des conditions sécuritaires », a-t-il affirmé.
Le gouvernement mise notamment sur le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), ainsi que sur le renforcement de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti (FAD’H), afin de créer les conditions nécessaires à la tenue du scrutin.
« Nous avons la Force de répression des gangs qui a commencé son déploiement. Nous allons commencer à travailler avec eux. J’espère que d’ici cet été nous aurons une grande avancée pour tenir le premier tour en décembre », a indiqué Alix Didier Fils-Aimé.
Le chef du gouvernement a également évoqué l’avancement du projet « P-4000 », destiné au renforcement des effectifs policiers. Selon lui, environ 1 200 nouveaux policiers devraient intégrer les rangs de la Police nationale d’Haïti à partir du mois de juin 2026.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de controverses autour du processus électoral. Des partis politiques et organisations de la société civile accusent le gouvernement de ralentir les préparatifs des élections à travers des différends avec le Conseil électoral provisoire, notamment autour du budget électoral.
Le Cep a déjà reporté l’inscription des électrices et électeurs ainsi que l’enregistrement des candidates et candidats, initialement prévus les 1er et 13 avril 2026. L’institution électorale explique ce report par des ajustements liés à un arrêté publié le 24 mars 2026 par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, modifiant son mandat afin d’intégrer, dès le premier tour, la ratification d’éventuels changements constitutionnels.
Le 24 avril 2026, le Cep a annoncé avoir transmis à l’Exécutif un projet de décret électoral harmonisé aux dispositions du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, après révision du texte du 1er décembre 2025.
Des partis et organisations de la société civile estiment qu’aucune élection crédible ne pourra être organisée sans amélioration significative de la sécurité, réouverture des routes nationales et retour des personnes déplacées dans leurs communautés.
Plus de 1,45 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays en raison des violences armées, tandis qu’environ 6,4 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens nécessitent une aide humanitaire en 2026, selon des données rappelées lors de débats récents sur le processus électoral. [apr 11/05/2026 20 :00]
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