Par Charilien Jeanvil
P-au-P., 16 mai 2025 [AlterPresse] --- Alors que le gouvernement central a choisi la deuxième ville du pays pour accueillir les festivités officielles du 222e anniversaire du bicolore national, prévues ce dimanche 18 mai 2025, l’administration communale du Cap-Haïtien déplore son exclusion des préparatifs.
L’agente exécutive intérimaire de la commune, Yvrose Pierre, a exprimé son indignation lors d’une intervention à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par l’agence en ligne AlterPresse. Elle fustige la mise à l’écart de la mairie, notamment dans les opérations de nettoyage et d’aménagement urbain menées à l’approche de la fête.
« C’est la présidence qui pilote tout : elle engage des firmes pour tenter de désengorger certains axes, comme l’entrée est de la ville, sans impliquer la mairie », déplore-t-elle, appelant le pouvoir central à corriger le tir malgré les délais serrés.
Yvrose Pierre alerte contre une répétition des erreurs de 2013, lorsque la ville avait accueilli le carnaval national sous la présidence de Michel Martelly, sans en tirer de véritables bénéfices. Elle précise qu’aucune réunion formelle n’a été tenue entre les représentants des collectivités territoriales et les autorités gouvernementales ou présidentielles en amont des célébrations.
Une ville en crise environnementale et infrastructurelle
La situation de la ville est préoccupante. Outre les coupures d’électricité fréquentes, Cap-Haïtien est confrontée à un grave problème d’insalubrité. Les rues sont délabrées, les canaux obstrués, et l’état de l’entrée sud et de la route du Haut du Cap est qualifié de « catastrophique ».
« Impossible de célébrer le drapeau dans de telles conditions », estime Yvrose Pierre. « Collecter quelques déchets dans certains quartiers ne suffit pas. Il faut une réponse d’ensemble. Chaque entité doit prendre ses responsabilités », insiste-t-elle, tout en interrogeant le manque de moyens des directions locales de plusieurs ministères et organismes autonomes.
Elle appelle aussi à renforcer la stabilité sécuritaire, saluant les efforts récents du Conseil sécuritaire municipal mis en place en avril 2025.
Pour la mairesse intérimaire, la fête du drapeau ne devrait pas se limiter à des cérémonies religieuses et protocolaires. Elle y voit une occasion de revitaliser l’économie locale et de faire avancer certains chantiers structurants.
Elle suggère, entre autres, de rendre opérationnelles les installations électriques de la ville mises en place sous le président Jovenel Moïse, et d’aménager les espaces publics et infrastructures routières dans une dynamique d’investissement durable.
Le Gouvernement promet des festivités symboliques
La Ministre de la jeunesse, des sports et de l’action civique, Niola Lynn Sarah Devalis Octavius, a annoncé que les festivités se dérouleront autour du thème : « Yon sèl drapo, yon sèl pèp, yon sèl nasyon ».
Dans un communiqué, la Primature précise que ces activités, coordonnées par le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le Gouvernement, s’inscrivent dans une volonté de décentralisation. Elles comprendront notamment une messe solennelle, des parades civiques et un défilé officiel pour promouvoir « l’unité nationale, la solidarité et la conscience collective ».
Des célébrations sont également prévues à Arcahaie – ville historique, située au nord de la capitale Port-au-Prince, où le drapeau national fut cousu en 1803. Cette commune, aujourd’hui marquée par l’insécurité liée aux activités des gangs armés, accueillera, comme d’autres régions du pays, des manifestations commémoratives.
Une enveloppe budgétaire comprise entre 300 et 400 millions de gourdes a été allouée à l’organisation des festivités dans l’ensemble des dix départements géographiques du pays. [cj gp apr 16/05/2025 23 :00]
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