P-au-P, 25 oct. 2024 [AlterPresse] --- L’alerte du Ministère de la justice et de la sécurité publique (mjsp), concernant des attaques éventuelles contre le premier ministre Garry Conille et d’autres membres de son gouvernement, n’a été suivie, pour le moment, d’aucune action gouvernementale, relève la Commission épiscopale nationale (catholique romaine) Justice et Paix (Ce-Jilap), dans un entretien accordé à l’agence en ligne AlterPresse.
« Ce n’est pas normal que les autorités se lamentent comme de simples citoyennes et citoyens », déclare la directrice exécutive de la Ce-Jilap, Jocelyne Colas, qui interpelle le Mjsp à agir, pour faire échec à ce plan visant à attenter à la vie de Conille et des membres de son cabinet ministériel.
Dans une alerte datée du mardi 22 octobre 2024, le Mjsp a fait savoir que des individus mal intentionnés, œuvrant pour des secteurs bien déterminés dans la vie nationale, planifieraient de répandre des actes attentatoires à l’ordre public en Haïti, incluant d’ourdir des attaques ciblées contre le premier ministre Garry Conille et d’autres membres du gouvernement de transition.
Aucune disposition n’est jusqu’à présent annoncée, du côté des autorités concernées, pour prévenir ces éventuelles attaques.
Dans l’opinion, on s’attendait à la mise en branle de l’action publique suite à une telle alerte.
Aucun signal n’est venu de la part du commissaire du gouvernement prés le tribunal civil de Port-au-Prince, ni de la police, alors que le Mjsp a assuré disposer de renseignements précis.
Dans un message sur son compte X, le secrétaire d’État adjoint américain aux affaires de l’hémisphère occidental, Brian Andrew Nichols, a lancé une mise en garde contre toutes celles et tous ceux, qui chercheraient à déstabiliser Haïti à des fins personnelles.
Ces personnes « devraient se soucier davantage du sort d’Haïti et de son peuple », estime le gouvernement ds États-Unis d’Amérique, qui condamne fermement les violences des gangs, en cours à Port-au-Prince, visant à déstabiliser le gouvernement haïtien.
Les responsables seront tenus responsables devant les autorités haïtiennes et internationales, avertit le gouvernement américain.
Les autorités judiciaires doivent assumer leur responsabilité envers la population haïtienne, qui attend des stratégies efficaces dans la lutte contre les criminels, exige la Commission épiscopale nationale (catholique romaine) Justice et Paix (Ce-Jilap).
Parallèlement, elle déplore le manque de coordination au plus haut niveau de la gouvernance du pays.
Le bras de fer entre le Conseil présidentiel de transition (Cpt) et le gouvernement porte préjudice à la population, car il renforce la position des criminels, souligne la Ce-Jilap.
« C’est dommage et c’est contraire à la mission des autorités de l’État, consistant à résoudre les problèmes du pays », regrette-t-elle.
« L’heure est à l’action », poursuit la Ce-Jilap, évoquant une situation inquiétante face à l’augmentation des actes de violences dans plusieurs quartiers populaires de la capitale, Port-au-Prince, où plus de 800 mille personnes ont fui leurs maisons.
Elle déplore le laxisme des autorités, qui se fourvoient dans des promesses farfelues, sans aucune disposition pour freiner l’ardeur et les exactions des bandits lourdement armés.
Les efforts de la Police nationale d’Haïti (Pnh) sont insuffisants devant le manque de moyens et l’absence de plan des autorités pour combattre les violences, relève la Ce-Jilap, affirmant combien cela s’apparente à un plan visant à détruire complètement le peuple haïtien. [cj emb gp apr 25/10/2024 15:15]
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