Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 10 août 2026 [AlterPresse] --- La peur s’intensifie parmi plus de 350,000 migrantes et migrants haïtien.ne.s vivant aux États-Unis sous le Statut de protection temporaire (Tps), depuis que la juge fédérale Ana Cecilia Reyes a levé, le mercredi 5 août 2026, les mesures qui empêchaient l’administration Trump d’expulser les bénéficiaires haïtiennes et haïtiens de ce programme.
Dans un reportage publié le 9 août 2026 et consulté par AlterPresse, citant les déclarations de défenseuses et défenseurs de droits humains, la chaine américaine Cnn a rapporté combien de nombreuses Haïtiennes et de nombreux Haïtiens aux États-Unis sont contraintes et contraints de porter des bracelets électroniques, à la fin de leurs protections contre les dispositions d’expulsion.
Beaucoup se sont senti.e.s humilié.e.s par ces bracelets électroniques, que distribuent désormais les autorités.
« Ce sont des dispositifs qu’il faut imposer aux criminels », declare, dans une entrevue à Cnn, Vilès Dorsainvil, cofondateur et directeur exécutif du Centre d’aide et de soutien communautaire haïtien.
Dorsainvil était parmi celles et ceux, qui réconfortaient l’immigrant haïtien Monsanto Maler, qui s’est effondré en larmes après avoir été obligé à porter un bracelet électronique, lors d’un enregistrement, le dimanche 9 août 2026, dans un bureau du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (Ice) à Blue Ash, à Ohio.
Monsanto Maler, qui vit aux États-Unis depuis 2023, a admis avoir quitté Haïti, parce qu’il ne se sentait pas en sécurité.
« Aujourd’hui, nous n’avons plus aucune protection. Tout peut arriver à tout moment », lâche Dorsainvil.
« Veuillez vous présenter au bureau indiqué ci-dessous, à l’heure et au lieu indiqués, en lien avec une affaire officielle », ont indiqué des centaines de lettres du Département de la sécurité intérieure, transmises par la poste et adressées à des habitantes et habitants de Springfield.
Celles et ceux, qui se sont présenté.e.s aux bureaux de l’Ice, après avoir reçu les avis, ont été muni.e.s de bracelets électroniques, qui doivent permettre aux autorités de les localiser, a expliqué Dorsainvil.
Beaucoup se sont vu attribuer des dates d’audience dans environ un mois, poursuit-il.
Les bracelets électroniques font partie d’un programme de l’Ice, fréquemment utilisé et appelé « alternatives à la détention ».
Pour de nombreuses Haïtiennes et de nombreux Haïtiens à Springfield, ces dispositifs évoquent l’histoire douloureuse des chaînes portées pendant l’esclavages, souligne Dorsainvil, soulignant combien lui et d’autres éfenseuses et défenseurs de droits humains ont tenté, sans succès, de convaincre les autorités que les mesures appliquées n’étaient pas nécessaires.
Des opérations, visant les détentrices et détenteurs haïtien.ne.s du Tps, étaient en cours a reconnu, la semaine dernière, le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullen, citée par Cnn.
Au moins cinq personnes (5) ont contacté, la semaine dernière, l’organisation de défense des droits des migrantes et migrants, Haitian Bridge Alliance, pour signaler des proches détenu.e.s à travers les États-Unis, confie Guerline Jozef, la directrice exécutive de l’organisation, citée par Cnn.
Elles ont rapporté des arrestations d’ancien.ne.s titulaires du Tps, qui conduisaient souvent des véhicules lorsqu’elles et qu’ils ont fait face aux agents de l’Ice, en Arizona, en Californie, en Indiana et dans le Maryland.
À Salisbury, qui est devenue un centre pour les Haïtiennes et Haïtiens, travaillant dans les usines et fermes voisines, l’Ice a récemment commencé à arrêter des personnes dans des parkings et autres zones fréquentées par les immigrantes et immigrants, rapporte la Dre. Marie D. Fouché, fondatrice et directrice de Safe Harbor Circles (Cercles de refuge sûr).
Le nombre des arrestations en hausse a poussé de nombreuses Haïtiennes et de nombreux Haïtiens à se cacher, dit-elle.
« On ne voit plus les gens se promener comme avant. Elles et ils restent à l’intérieur des maisosn, parce qu’elles et qu’ils ne travaillent pas. Elles et ils ne vont pas aux supermarchés pour acheter de la nourriture. Et cela affecte l’économie, de façon énorme », relève David Duchatellier, mentionnant combien les affaires ont explosé dans son agence de voyages à Cambria Heights, qui propose également des services de transferts d’argent.
« Les rues sont vides » : Les Haïtiennes et Haïtiens se retirent du public dans le sud de la Floride, alors que le Tps prend fin, titre d’un reportage du journal Miami Herald, publié le 9 août 2026.
Clement Marcel a fait savoir combien le trafic piétonnier dans son entreprise de Fort Lauderdale avait presque disparu.
« Tout est mort en ce moment », dit-il.
« Les rues sont vides », a déclaré Pierre Deshomme, debout parmi des conteneurs d’expédition, ouverts sur une cour d’entrepôt dans le comté de North Miami-Dade, où les gens gagnaient leur vie en transportant des conteneurs remplis de vêtements, meubles et articles ménagers usagés vers Haïti pour la revente.
Plusieurs travailleuses et travailleurs ont perdu leurs emplois dans les deux principaux aéroports internationaux du sud de la Floride et dans des dizaines d’hôtels, ajoute le journal américain Miami Herald.
Les propriétaires d’entreprises se désolent de cette nouvelle réalité, avec les clientes et clients qui ont disparu, poursuit-il.
La fréquentation de ses programmes technologiques a chuté drastiquement, a déploré un centre éducatif de Little Haiti.
A l’aéroport international Fort Lauderdale-Hollywood, 132 autres personnes, ayant bénéficié du Tps haïtien, ont été licenciées par leurs employeurs, selon Arlene Satchell, porte-parole du département de l’aviation du comté de Broward. [emb rc apr 10/08/2026 12:55]
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