P-au-P., 14 sept. 2026 [AlterPresse] --- Les préoccupations s’intensifient en Haïti et ailleurs après l’expulsion de plusieurs centaines de ressortissantes et ressortissants haïtien.ne.s des États-Unis, consécutive à la fin, le 27 juillet 2026, du programme de Statut de protection temporaire (Tps) par l’administration de Donald Trump, constate AlterPresse.
Le quatrième vol de déportation en provenance des États Unis, arrivé le jeudi 10 septembre 2026 au Cap Haïtien (Nord) avec 82 personnes à bord, porte à plus de 400 le nombre total d’Haïtiennes et d’Haïtiens expulsé.e.s.
Dans une note de dénonciation, la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) alerte sur l’absence de conditions adéquates pour un accueil digne des personnes expulsées.
La plateforme Garr rappelle le plaidoyer des organisations de défense des droits des migrantes et migrants, selon lequel « le pays n’est pas prêt à recevoir de nouvelles vagues de déportations ».
L’organisation souligne un contexte socio économique hautement préoccupant. Elle dénonce l’insuffisance des moyens mobilisés par l’État, jugés incapables de répondre aux besoins humanitaires immédiats, encore moins de garantir une véritable réinsertion sociale et économique.
Tout en exhortant les autorités américaines à respecter les droits fondamentaux des ressortissantes et ressortissants haïtien.ne.s, la plateforme Garr interpelle l’État haïtien sur l’urgence de créer un climat de paix et de stabilité.
Une telle condition permettrait « de freiner les départs massifs vers l’étranger et favoriserait un retour ordonné et encadré des Haïtiennes et Haïtiens, qui voudraient revenir s’installer dignement dans leur pays ».
La plateforme Garr alerte sur les conditions de déportation des Haïtiens
La plateforme Garr dénonce également les conditions de déportation des 82 personnes, arrivées enchaînées sous la pluie, à l’aéroport international du Cap-Haïtien, dans la soirée du jeudi 10 septembre 2026.
« Ces personnes migrantes ont vécu l’enfer pendant plus d’une demi-journée, les mains et les pieds liés à des menottes sur un long trajet. Elles sont arrivées finalement au Cap-Haïtien à plus de 7 heures de retard sur l’horaire initial », a-t-elle déploré.
Le vol charter 6122 de Global X a atterri sous de fortes pluies, vers 19:05, avec des passagers épuisés, dont une personne souffrante, une mère et son nourrisson.
La polateforme Garr dénonce l’attitude « cruelle et irresponsable » des autorités américaines, accusées de fragiliser davantage la situation des migrantes et migrants en agissant en dehors des cadres de protection.
L’organisation invite l’État haïtien à engager des pourparlers avec l’administration politique à Washington, afin de suspendre ces opérations de déportation et de définir un protocole strict pour encadrer le processus de rapatriement.
Voix religieuses et d’organisations de droits humains contre les expulsions
Dans une lettre rendue publique le 10 septembre 2026, la Conférence des évêques catholiques romains aux États Unis (Usccb), exhorte Donald Trump à mettre fin aux expulsions massives.
Mgr. Paul Coakley, président de l’Usccb, exprime sa « profonde préoccupation pastorale » face au nombre croissant d’Haïtiennes et d’Haïtiens rapatrié.e.s de force, rappelant les violences persistantes en Haïti, notamment l’attaque meurtrière d’août 2026 à Kenscoff (est de Port au Prince), où au moins 47 personnes ont été assassinées.
Le 7 septembre 2026, le haut commissaire des Nations Unies aux droits humains, Volker Türk, a également exhorté le gouvernemengt des États Unis à mettre fin aux retours vers des lieux où les personnes risquent un préjudice irréparable, en particulier Haïti.
Volker Turk demande de garantir le respect des procédures pour tous les transferts vers des pays tiers.
Seulement 18 % des Haïtiennes et Haïtiens, concerné.e.s par les procédures d’expulsion récentes, disposaient d’un avocat, indiquait, le 10 septembre 2026,l’organisation de défense des droits des migrantes et migrants, basée aux États Unis, Haitian Bridge Alliance, citant une nouvelle analyse de l’organisation Acacia Center for Justice.
Acacia Center for Justice souligne combien les Haïtiennes et Haïtiens ont le deuxième taux de représentation juridique le plus faible, parmi les dix principales nationalités dans le nombre de cas d’expulsion des immigrantes et immigrants aux États-Unis.
Les Cubaines et Cubains étaient la seule autre nationalité avec un taux de représentation plus faible, à 17 %.
« La fin du Tps pour les Haïtiennes et Haïtiens signifie que près de la moitié de la population haïtienne, née à l’étranger aux États-Unis, pourrait être exposée à un risque d’expulsion », a déclaré Phillip Kretsedemas, directeur de la recherche du Centre Acacia.
« L’effet catastrophique de cette décision politique est, tragiquement, en accord avec une longue histoire de politiques d’exclusion, qui ont eu un impact plus sévère pour les Haïtiennes et Haïtiens que pour la plupart des autres populations immigrées ».
« Nous avons passé plus d’un mois à chercher un avocat dans l’Ohio pour représenter Pierre Damas Bel, avant sa mort tragique, sans succès », a fait savoir Guerline Jozef, directrice exécutive de l’Haitian Bridge Alliance.
Haitian Bridge Allianc a révélé que Pierre Damas Bel, jeune Haïtien de Springfield (Ohio), s’est suicidé le 31 août 2026 après avoir perdu son Tps et avoir été contraint de porter un bracelet électronique. [apr 14/09/2026 12:00]
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Haïti – Droits fonciers : Le Ciat énonce des objectifs de court terme 10 septembre 2012




