P-au-P, 29 janv. 2025 [AlterPresse] --- La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) fustige la passivité des autorités haïtiennes face à l’annonce de déportations de migrantes et migrants haïtiens par le président des États-Unis d’Amerique, Donald Trump.
L’État haïtien ne réagit pas face à ces menaces de déportations, à un moment où beaucoup d’inquiétudes persistent chez les migrantes et migrants haïtiens, notamment chez celles et ceux en situation irrégulière aux États-Unis, relève le responsable de communication de la plateforme Garr, Sam Guillaume, à l’émission Fwote Lide diffusée sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.
Trump a signé plusieurs décrets pour déporter des femmes et des hommes se trouvant sur le territoire américain, rappelle Sam Guillaume.
Le responsable de communication à la plateforme Garr estime nécessaire pour les autorités haïtiennes de demander au gouvernement des États-Unis de respecter les conventions et autres documents, garantissant la protection des migrantes et migrants ainsi que des personnes réfugiées.
« Cette situation sera catastrophique pour Haïti. Beaucoup de ces personnes n’ont aucun travail qui les attend. Beaucoup ne pourront pas retourner chez elles, vu le contexte sécuritaire en Haïti. Nous ne sommes pas prêts sur le plan sécuritaire et sur le plan économique ».
De plus, l’État ne mobilise pas assez de moyens pour prendre en charge les personnes déportées.
« Dans ce contexte, il est important de faire vraiment pressions pour porter l’État à mettre en place des structures devant accueillir les Haïtiennes et Haïtiens, qui viennent de l’étranger. L’État peut exiger le respect d’un protocole acceptable au niveau international pour le renvoi des migrantes et migrants, comme ce fut le cas pour la Colombie », souligne la plateforme Garr.
Des centaines de migrantes et migrants clandestins en provenance de plusieurs pays de l’Amérique Latine ont déjà été expulsé-e-s des États-Unis, dans le cadre de la nouvelle politique migratoire américaine.
« L’opération de déportation de masse la plus importante de l’histoire est en cours », a écrit, le jeudi 23 janvier 2025, sur X la porte-parole de la présidence américaine, Karoline Leavitt, ajoutant « promesses tenues ».
Durant sa campagne pour devenir président étasunien, Donald Trump s’était engagé à effectuer une vaste offensive contre les migrantes et migrants clandestins .
Une absence d’assistance pour les Haïtiennes et Haïtiens rapatrié-e-s
Seul l’Office national de la migration (Onm), comme instance étatique, recueille les données chiffrées des ressortissantes et ressortissant haïtiens qui viennent de la République Dominicaine, signale la plateforme Garr, déplorant une absence d’assistance convenable.
En 2024, la plateforme Garr a dénombré un nombre de 214 mille 898 personnes, déportées par les autorités dominicaines, lors de contrôles migratoires sur leur territoire.
La plateforme Garr et d’autres organisations des droits humains font ce qu’elles peuvent pour apporter une assistance.
« Les choses étaient déjà difficiles en Haïti. Des partenaires financiers et bailleurs ont laissé le pays, jugeant qu’il y a beaucoup plus d’urgence ailleurs. Il y avait déjà de moins en moins d’institutions, qui fournissaient de l’assistance. Ce qui fait que nous sommes limités dans nos actions ».
La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés appelle l’État à jouer son rôle de responsable pour toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens à travers le monde.
Catastrophe annoncée après une pause dans l’aide américaine
Entre-temps, la présidence americaine a demandé à l’ensemble des départements et agences fédérales de geler une partie des dépenses « d’assistance » et d’en faire une revue d’ensemble, afin de s’assurer de leur conformité avec « les priorités présidentielles ».
Il s’agit des dépenses, liées aux programmes d’assistance et aux activités de soutien, pour lesquelles chaque agence devrait réaliser « une analyse complète, afin d’identifier les projets, programmes et activités, qui seraient en contradiction avec les décrets présidentiels » publiés depuis l’entrée en fonction de Donald Trump, le lundi 20 janvier 2025.
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres, exprime ses inquiétudes, après l’annonce d’une pause dans l’aide étrangère américaine, rapporte son porte-parole Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse cette semaine.
Guterres appelle à envisager des exemptions supplémentaires, pour garantir la poursuite des activités essentielles de développement et d’aide humanitaire en faveur des communautés les plus vulnérables du monde, dont la vie et les moyens de subsistance dépendent de ce soutien.
« Les États-Unis sont l’un des plus grands fournisseurs d’aide. Il est essentiel que nous travaillions, de manière constructive, pour définir ensemble une voie stratégique à suivre », avance le secrétaire général de l’Onu.
Les décisions, prises par l’administration politique du président américain Donald Trump, de geler les programmes d’aide, d’expulser les migrantes et migrants haïtiens et de bloquer les personnes réfugiées, risquent de devenir « catastrophiques » pour la république d’Haïti, craint le coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), Leslie Voltaire, dans une interview accordée, le samedi 25 janvier 2025, à Associated Press (Ap) à Rome (Italie). [mff emb rc apr 29/01/2025 10:55]
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