P-au-P., 30 sept. 2026 [AlterPresse] --- Les procureurs américains ont accusé le pasteur haïtiano-américain Christian Emmanuel Sanon, 67 ans, d’avoir planifié et contribué à l’exécution du projet visant à renverser violemment le président Jovenel Moïse, projet qui a abouti à son assassinat, le 7 juillet 2021, lors du procès tenu le mardi 29 septembre 2026, aux Etats-Unis, selon le Miami Herald, consulté par AlterPresse.
Ils décrivent l’inculpé comme un homme poussé par la « cupidité, l’arrogance et le pouvoir ».
« Je ne prends aucun plaisir à la violence, mais la Bible dit que… ceux qui sèment les ennuis en récoltent », a rapporté aux jurés le procureur adjoint des États-Unis, Sean T. McLaughlin, en citant des propos tenus par Sanon dans une vidéo.
Sanon ne s’était pas contenté de parler de ses ambitions, il était passé à l’action, a déclaré McLaughlin aux jurés lors d’une déclaration liminaire de 50 minutes.
Les procureurs ont indiqué que Sanon et plusieurs de ses associés s’étaient rendus en Haïti à bord d’un jet privé en provenance de Floride, avec plusieurs gilets balistiques introduits clandestinement dans le pays, rapporte Miami Herald.
Ces gilets avaient été fournis par une société de sécurité de la région de Doral, ont-ils précisé.
Les gilets étaient destinés à « une équipe de mercenaires colombiens de quatre hommes », a révélé McLaughlin.
Selon les procureurs, « le président Moïse devait être tué », conformément aux ordres que Sanon aurait donnés à l’équipe et à ses subordonnés haïtiens.
Les membres du groupe auraient également discuté à plusieurs reprises de l’importance d’obtenir le soutien de dirigeants de certains groupes armés de Port-au-Prince afin d’éliminer le président, a déclaré le procureur.
Parmi les groupes armés évoqués figuraient celui dirigé par Jimmy « Barbecue » Chérizier, présenté comme le porte-parole de la coalition criminelle G9, ainsi que Fantom 509, un groupe composé notamment de policiers haïtiens mécontents et actifs dans les mouvements de protestation contre l’ancienne administration de Jovenel Moïse.
La défense rejette les accusations
Les avocats de Sanon ont déclaré que leur client n’était pas responsable de l’assassinat de Jovenel Moïse.
Selon l’avocat de la défense Humberto Dominguez, Sanon s’était intéressé à se présenter à la présidence en Haïti, dans le contexte des troubles politiques qui secouaient le pays dans les mois précédant l’assassinat de Moïse, relate le journal.
Dominguez a ainsi présenté un portrait différent de son client.
Martine Joseph Moïse témoigne à l’ouverture du procès
Les procureurs ont ouvert le procès avec le témoignage de Martine Joseph Moïse, épouse de Jovenel Moïse, première témoin appelée à la barre.
Lors de l’attaque contre leur résidence, Martine Moïse a rappelé qu’aucun membre de son équipe de sécurité n’était venu à leur secours.
Elle a également déclaré avoir rampé à quatre pattes dans l’escalier en bois jusqu’au rez-de-chaussée, où dormaient les deux enfants du couple.
Elle a rapporté que son mari lui avait dit avoir appelé les responsables de son équipe de sécurité à trois niveaux ainsi que Léon Charles, qui dirigeait alors la Police nationale d’Haïti (Pnh).
Martine Moïse a décrit avoir entendu les noms « Jefe » et « Pipe ». Selon son témoignage, les intrus parlaient espagnol et recherchaient un document.
« Pipe » serait Victor Albeiro Pineda Cardona, un Colombien de 45 ans présenté par les procureurs comme membre d’un groupe, chargé d’entrer en premier dans la résidence du président.
Pineda, vétéran de 20 ans de l’armée colombienne, détenu en Haïti depuis le lendemain de l’assassinat de Jovenel Moïse, a été transféré dans le sud de la Floride le 20 septembre, avec 16 autres anciens soldats colombiens et un ancien fonctionnaire du gouvernement haïtien, Joseph Félix Badio, âgé de 63 ans.
Le lundi 21 septembre 2026, Pineda a plaidé non coupable et s’est vu refuser une libération sous caution par un juge à Miami.
Les 17 anciens soldats colombiens et Badio ont comparu pour la première fois, le lundi 21 septembre 2026, devant un tribunal fédéral de Miami, aux États-Unis, pour des accusations liées à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse.
Ils font partie des 30 personnes inculpées dans l’acte d’accusation, parmi lesquelles Christian Sanon, résident du comté de Palm Beach, en Floride, et citoyen haïtiano-américain. [emb apr 30/09/2026 11 :55]
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