Seize ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, la Protection civile en Haïti exhorte les autorités et la société à transformer la mémoire collective en actions concrètes de prévention. Lors d’une cérémonie commémorative, ce lundi 12 janvier 2026, elle a insisté sur l’urgence d’intégrer systématiquement les risques, notamment sismiques, dans l’éducation, l’aménagement du territoire et les politiques de développement.
Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 12 janvier 2026 [AlterPresse] --- Ce lundi 12 janvier 2026, la Protection civile en Haïti appelle à rompre avec la culture de réaction pour adopter une véritable culture de prévention face aux tremblements de terre et aux autres risques en général , à l’occasion du 16e anniversaire du terrible séisme dévastateur du 12 janvier 2010, observe l’agence en ligne AlterPresse.
« Ce souvenir n’est pas suffisant. Assumer la mémoire est un devoir d’action, un devoir citoyen », a déclaré le directeur général de la protection civile, Emmanuel Pierre, regrettantcombien les tremblements de terre ne sont pas suffisamment enseignés dans les écoles en Haïti.
Memwa kolektif, nou sonje, n ap aji était le thème, retenu ce lundi 12 janvier 2026, 16e anniversaire du terrible tremblement de terre du mardi 12 janvier 2010.
La Protection civile insiste sur la nécessité pour les générations futures de se souvenir, afin d’acquérir les connaissances nécessaires face aux aléas, notamment sismiques.
Faire de la mémoire un levier d’actions publiques
La Protection civile plaide pour que la mémoire collective devienne un outil d’aide à la décision publique.
« Chaque politique d’aménagement, chaque code de construction, chaque arrêté public doit intégrer la question du risques », souligne Emmanuel Pierre, aux yeux de qui la mémoire est une responsabilité morale, institutionnelle et nationale.
La Protection civile affirme œuvrer à l’intégration systématique de la notion de risques dans les programmes et projets de développement en Haïti.
Tout projet, réalisé sans cette approche, est une perte, un gaspillage de ressources, met-elle en garde.
La Protection civile informe avoir engagé un processus de transformations continues : renforcement des structures nationales et locales, création et professionnalisation de brigades de protection civile, amélioration des mécanismes de coordination, modernisation des centres d’opérations d’urgence...
L’objectif est de mieux répondre aux besoins des communautés vulnérables.
La vulnérabilité d’Haïti, déjà ancienne, s’est aggravée au fil des années, rendant encore plus urgente une approche préventive et structurée, relève la Protection civile en Haïti.
Un devoir de mémoire et de responsabilité
Présent à la cérémonie, ponctuée de chants et de spectacles, le titulaire du Ministère de l’environnement (Mde), Moïse Jean-Pierre, représentant le Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict), a qualifié le tremblement de terre du 12 janvier 2010 de « fracture de notre histoire nationale ».
Il y voit une épreuve collective, révélatrice de la fragilité du pays, mais aussi de la résilience de son peuple.
« Seize ans plus tard, nous ne sommes plus dans l’urgence du choc, mais dans l’urgence de la responsabilité. Le devoir de mémoire s’impose à nous, non comme une obligation formelle, mais comme une exigence de gouvernement », selon le Mde.
Le renforcement de la gouvernance territoriale du risque, l’appui aux structures locales, une coordination accrue avec la Protection civile, l’intégration progressive du risque dans les politiques publiques, un accompagnement des collectivités dans la préparation aux urgences, sont des efforts, qui restent insuffisants depuis janvier 2010 en Haïti, reconnait le Mde.
« La mémoire du 12 janvier 2010 doit nous conduire à des décisions courageuses. Elle doit continuer à influencer nos politiques publiques, nos choix budgétaires, nos cadres normatifs, notamment en matière de constructions et d’aménagement du territoire. Car, chaque bâtiment mal construit est un risque. Chaque quartier non planifié est une menace. Chaque retard dans la prévention peut coûter des vies », a-t-il averti.
Le gouvernement affirme sa volonté de faire de la gestion des risques et des désastres une priorité nationale, « non pas en parole, mais en actes ».
Bilan catastrophique du séisme du 12 janvier 2010
Le tremblement de terre du mardi 12 janvier 2010, d’une magnitude de 7.3 sur l’échelle de Richter, a causé la mort de plus de 300 mille personnes, blessé plus de 300,000 autres et déplacé environ 1,5 million d’Haïtiennes et d’Haïtiens.
Il a détruit de nombreuses infrastructures à Port-au-Prince et ses environs, provoquant une crise humanitaire sans précédent sur le territire d’Haïti. [emb rc gp apr 12/01/2026 14:25]
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