P-au-P, 26 août 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs partis et groupements politiques agréés expriment de vives inquiétudes face aux difficultés techniques rencontrées depuis l’ouverture, le 20 août 2026, des inscriptions en ligne des candidates et candidats pour les prochaines élections présidentielle et législatives en Haïti, dans une note conjointe en date du 24 août 2026, consultée par AlterPresse.
La note, signée par Ketel Jean Philippe de l’Organisation du peuple en lutte (Opl), Joseph Innocent de Rasanble et Jean Gué de Kapab, relève des « dérives et difficultés d’exécution » constatées dès l’ouverture du dépôt des candidatures.
Procédures opaques et délais contestés
Les partis dénoncent l’absence de notification de procédure de substitution, alors que la phase en ligne est limitée à quinze jours.
Ils critiquent également l’exigence de 30,000 membres, imposée sans mécanisme de mise en œuvre, ainsi que le non-respect de la procédure d’enregistrement définie dans le décret électoral.
Ils pointent une « opacité persistante » dans l’inscription des électeurs, rappelant qu’aucune donnée officielle n’a été publiée depuis le lancement du processus le 20 juillet 2026.
La seule information disponible provient d’une correspondante d’un journal étranger, le 18 août, tandis que les compteurs du site du Cep restent à zéro, ajoutent-ils.
Insécurité juridique et suspicion
Ces défaillances « créent une insécurité juridique et opérationnelle qui décrédibilise le processus », soulignent-ils, estimant que l’égalité des chances entre structures est rompue.
Elles alimentent la suspicion d’un processus « conduit pour être subi plutôt que partagé ».
Un calendrier d’exécution a été remis aux partis les 20 et 21 août 2026, soit après l’ouverture du dépôt des candidatures. Ce que ces partis politiques jugent inadmissible.
La clôture de l’inscription en ligne au jeudi 3 septembre 2026 et le dépôt des pièces au mercredi 9 septembre 2026 n’avaient fait l’objet d’aucune publication préalable, déplorent ces structures politiques.
Requêtes des partis
Les partis politiques Opl, Rasanble et Kapab réclament de remédier aux défaillances de la plateforme d’inscription en ligne, ouvrir une voie de dépôt de substitution pour la durée des défaillances constatées, et prolonger à due proportion les délais affectés.
Ils demandent de publier sans délai la procédure de validation des listes de membres, en précisant le référentiel retenu (liste des personnes inscrites du Conseil ou registre national de l’Office national d’identification (Oni), le mode de vérification, les délais et les voies de recours).
Ces strusctures politiques préconisent de mettre le quota de trente mille membres en séquence avec le dépôt des candidatures, de sorte qu’aucune structure ne soit tenue de soumettre des candidats avant de connaître les règles et l’issue de sa propre habilitation.
Elles recommandent de publier le calendrier général et les séquences d’exécution de certaines activités sur le site du Cep, et notifier formellement toute modification aux structures agréées avant son entrée en vigueur.
Ces partis et groupements politiques suggèrent de publier régulièrement les effectifs d’inscription des électeurs, par département, selon une périodicité annoncée, afin que l’état du processus soit connu de tous les acteurs en même temps et de procéder également à l’examen des dispositions du décret électoral de juin 2026, jugées incompatibles avec des élections démocratiques.
Le parti Ede parle de « fiasco »
Sur le réseau social X, le président du Conseil stratégique du parti Les Engagés pour le développement (Ede), Dr Claude Joseph, assimile à un « véritable fiasco » le processus d’enregistrement en ligne des membres.
Selon Ede, les rejets sont nombreux et souvent incompréhensibles.
Pour valider 1,000 membres, certains partis auraient dû en soumettre près de 20 000. Les rares formations ayant atteint le seuil de 30,000 membres auraient dû introduire plus de 100,000 noms.
Le parti met en garde contre le risque d’un « fiasco électoral » si des mesures correctives ne sont pas rapidement adoptées, dénonçant « un manque de préparation, de transparence et d’efficacité » du Cep.
L’institution électorale a fixé officiellement au 13 décembre 2026 la tenue du premier tour de la présidentielle et des législatives dans un contexte marqué par une persistance des violences des gangs armés.
Elle avait lancé en juillet 2026 les opérations d’inscription des électeurs, initialement prévues pour avril mais reportées.
Elle a ouvert le 20 août 2026 la période de dépôt des candidatures et clôturé, le 14 août 2026, l’enregistrement des regroupements politiques, validant un total de 88 partis et 17 groupements politiques. [emb apr 26/08/2026 12 :55]
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