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Haïti-Elections : Les associations patronales exhortent le gouvernement et le Cep à faire preuve de responsabilité

P-au-P, 10 juin 2026 [AlterPresse] --- Les associations patronales [1] appellent le gouvernement, le Conseil électoral provisoire (Cep) et l’ensemble des institutions concernées « à agir dans un esprit de responsabilité, de dialogue et de dépassement », dans une note conjointe datée du 8 juin 2026 consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette action permettrait que les prochaines élections contribuent au rétablissement de la stabilité institutionnelle, de la légitimité démocratique et des conditions indispensables au redressement national, soulignent-elles.

Le gouvernement et le Cep sont également invités « à œuvrer de concert et en toute bonne foi afin de lever les obstacles susceptibles de compromettre la poursuite harmonieuse du processus électoral ».

Les associations patronales réitèrent leur disponibilité à contribuer, dans un esprit constructif et non partisan, à toute démarche visant à renforcer la crédibilité, l’efficacité et l’intégrité du processus électoral.

Elles estiment que l’organisation d’élections crédibles, transparentes et acceptées demeure l’une des seules issues durables à la crise politique, sécuritaire, économique et sociale que le pays subit depuis plusieurs années.

Elles demandent de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation et le bien-être de la population haïtienne et de faire en sorte qu’ils demeurent la seule boussole des autorités concernées dans les décisions qu’elles sont appelées à prendre.

Les associations patronales applaudissent le décret électoral adopté qui contiendrait, selon elles, plusieurs principes essentiels à la crédibilité du processus, notamment l’intégrité, la transparence, l’impartialité, l’inclusion et la modernisation.

Elles déclarent relever dans le document plusieurs avancées importantes sur la professionnalisation des structures électorales, les exigences applicables aux candidats et aux partis politiques, la mise à jour du registre électoral, la transparence financière du Cep et la fiabilisation de la transmission des résultats.

De telles dispositions peuvent contribuer à l’organisation d’élections plus crédibles et à la restauration progressive de la confiance nationale, avancent-elles, précisant que leur succès dépendra toutefois de leur mise en œuvre effective, à travers des procédures claires, des protocoles techniques rigoureux, des mécanismes de contrôle transparents et un accès réel des observateurs aux étapes critiques du processus.

En plus d’être décrié par plusieurs organisations politiques et de la société civile, le décret électoral gouvernemental du 2 juin 2026, a été clairement rejeté par le Cep, bien avant son adoption en Conseil des ministres, suivie de sa publication dans le journal officiel Le Moniteur.

L’institution électorale dénonce un décret électoral totalement différent du projet qu’elle a soumis à l’exécutif, le 24 avril 2026.

Elle critique son caractère inconstitutionnel qui viole le principe d’indépendance de tout Conseil électoral.

De son coté, le Collectif Défenseurs Plus, a révélé, dans un rapport, plusieurs illégalités de forme et de fond contenues dans ce décret ainsi que les contraintes administratives et logistiques liées à son application.

Il estime que plusieurs dispositions du décret électoral du 2 juin 2026 promulgué par le gouvernement et la Constitution amendée de 1987 sont contraires aux principes fondamentaux de l’État de droit, aux normes internationales relatives aux droits humains, aux garanties du procès équitable ainsi qu’au principe de la présomption d’innocence,

Il appelle les organisations de la société civile, les partis politiques, les juristes, les universitaires et les défenseurs des droits humains à se mobiliser pour défendre l’ordre constitutionnel.

L’organisme de défense des droits humains rejette l’article 6 du décret électoral du 2 juin 2026, lequel viole de manière flagrante l’esprit et la lettre de l’autonomie ainsi que de l’indépendance constitutionnelle du Cep, de même que l’article 14.9 qui instaure un contrôle total du processus électoral par un directeur général nommé directement par le pouvoir en place.

Le premier dispose que les règlements, procédures et le code de déontologie élaborés par le Cep « sont rendus exécutoires par Arrêté du Premier Ministre » tandis que le second stipule qu’en cas d’impossibilité pour le Conseil d’Administration (composé de neuf conseillers) d’exercer ses fonctions notamment en raison d’un défaut de quorum répété, «  le Directeur Général assure la continuité du service tant que dure l’empêchement  ».

Malgré le dialogue entamé le vendredi 5 juin 2026 entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de trois ministres, de son directeur de cabinet et de deux conseillers, et les membres du Conseil électoral provisoire (Cep) autour du décret électoral publié le 2 juin 2026, certains craignent que ce désaccord sur le document n’entrave l’organisation des scrutins prévus au cours de l’année 2026, dans un contexte marqué par un climat de terreur persistante instaurée par les gangs armés, notamment dans l’Ouest, l’Artibonite et le Plateau central. [emb apr 10/06/2026 10:30]


[1Les associations patronales signataires de la note conjointe sont la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti, la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ouest et du Centre-Nord, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Grand Sud, la Chambre de Commerce et d’Industrie Haïtiano-Canadienne, la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie, l’Association Touristique d’Haïti, la Chambre de Commerce Américaine en Haïti et le Regroupement Patronal Haïtien.

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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