P-au-P, 14 avril 2026 [AlterPresse] - La Solidarite Fanm Ayisyèn (Sofa) dénonce une « manœuvre politique » visant à imposer un référendum constitutionnel en pleine insécurité, dans une prise de position dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Elle y voit une stratégie destinée à retarder les élections. L’organisation appelle l’État à garantir en priorité la sécurité et la tenue d’un scrutin libre.
Dans un communiqué, la Sof critique l’intégration du référendum constitutionnel au processus électoral. Elle y voiat une tentative d’imposer une nouvelle Constitution sans consensus. Cela intervient malgré l’opposition exprimée par plusieurs secteurs.
La Sofa dénonce par ailleurs une insécurité généralisée. Des attaques de groupes armés sont signalées dans plusieurs zones du pays.
L’organisation estime que l’État ne fournit aucune réponse claire, ni sur les mesures pour enrayer la violence, ni sur l’identification et la poursuite des responsables. Elle juge la situation insoutenable.
Elle exprime sa solidarité aux familles des victimes, notamment celles de Jean-Denis et de Piatre dans l’Artibonite (Nord). Elle salue aussi les personnes blessées lors de tentatives de fuite face aux violences.
Cette position intervient dans un contexte de réajustement du calendrier électoral. Le Conseil électoral provisoire (Cep) a reporté l’inscription des électrices et électeurs ainsi que l’enregistrement des candidates et candidats. Ces opérations étaient prévues les 1er et 13 avril 2026.
Le report fait suite à un arrêté du 24 mars 2026 du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Celui-ci élargit le mandat du Cep pour intégrer, dès le premier tour, la ratification d’éventuels changements constitutionnels.
Le Cep évoque un travail d’harmonisation du cadre électoral. De nouvelles dates restent à annoncer. Plusieurs avancées sont toutefois signalées.
La Sofa met en garde contre un risque de ralentissement, voire de blocage du processus électoral, à cause des nouvelles dispositions. Elle s’interroge sur les objectifs des acteurs impliqués. Elle évoque une possible stratégie de prolongation de la transition.
Selon elle, cela se ferait au détriment du droit des citoyens à choisir leurs dirigeants.
Les autorités affirment, de leur côté, vouloir faire avancer le processus. Elles évoquent des consultations avec des acteurs nationaux.
La question sécuritaire reste toutefois déterminante.
Le président du Cep, Jacques Desrosiers, rappelle qu’un climat de sécurité acceptable est indispensable au respect du calendrier.
Un premier tour est envisagé en août 2026, sous réserve de conditions favorables sur l’ensemble du territoire.
Après 10 ans sans élections et dans ce contexte de crise prolongée les positions divergent. Plus de 500 organisations et une centaine de personnalités plaident pour un « gouvernement de sauvetage national ».
D’autres acteurs privilégient une sortie par les urnes. Le Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (Muth) estime que des élections, même imparfaites, pourraient contribuer à stabiliser le pays et à restaurer une légitimité politique.
La Sofa insiste, pour sa part, sur l’urgence de garantir la sécurité et l’organisation d’élections crédibles. Elle souligne que ces conditions sont essentielles à l’exercice du droit de vote et à la resolution de la crise institutionnelle. [apr 14/04/2026 21:00]
Suivez-nous – Abonnez-vous
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001




