P-au-P. 08 juin 2026 [AlterPresse] --- Le rassemblement de plusieurs citoyennes et citoyens, dénommé Collectif du 4 décembre 2013, fustige la décision du gouvernement d’avoir procédé, le vendredi 5 juin 2026, à l’installation unilatérale d’un directeur général au sein du Conseil électoral provisoire (Cep), en violation de l’indépendance de l’institution.
Dans une note de dénonciation en date du dimanche 7 juin 2026, signée par son coordonnateur général, Jean-Robert Argant, et transmise à AlterPresse, le Collectif du 4 décembre 2013 déplore le recours à un déploiement spectaculaire et disproportionné de forces de dissuasion pour imposer cette installation, qu’il qualifie d’agression flagrante contre l’institution électorale.
« Le choix de la brutalité politique plutôt que de la concertation est une faute impardonnable et lourde de conséquences », souligne le Collectif du 4 décembre 2013, dénonçant la mobilisation de la force publique pour assiéger et contraindre une institution républicaine.
Il appelle le gouvernement à cesser d’avilir les institutions haïtiennes par des pratiques liberticides et rétrogrades, et à privilégier le dialogue.
Peu avant cette installation, le Parti politique Fusion des sociaux-démocrates haïtiens (Pfsd)) avait aussi condamné cette démarche, qu’il considère comme une immixtion directe portant atteinte à l’indépendance du Cep.
Une telle décision unilatérale risque d’alimenter de nouvelles contestations juridiques et de fragiliser un processus électoral déjà complexe, avertit le parti politique Fusion, appelant à un dialogue responsable pour parvenir à un consensus autour des règles du scrutin.
Dans une note en date du dimanche 7 juin 2026, l’Alternative socialiste (Aso) encourage une mobilisation massive contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé afin de défendre les intérêts d’Haïti.
Selon l’organisation, le chef du gouvernement et ses alliés n’ont cessé de bafouer les lois du pays. L’Aso exige la cessation de ces agissements et demande à la justice d’assumer ses responsabilités.
Elle indique avoir contesté devant les tribunaux le décret du 7 février 2026, par lequel Alix Didier Fils-Aimé s’est octroyé tous les pouvoirs. Cette affaire devrait être entendue ce lundi 8 juin 2026 au tribunal de première instance de Port-au-Prince, informe l’Aso.
Le nouveau directeur général du Cep, Uder Antoine, a, pour sa part, lancé un appel à l’unité, à la responsabilité et à la mobilisation de tous les acteurs concernés, lors de son installation le 5 juin 2026 au local de l’institution, en présence du titulaire du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Me. Patrick Pélissier, et du président du Cep, Jacques Desrosiers.
Pélissier a réaffirmé la volonté du gouvernement de mobiliser les moyens nécessaires, pour renforcer l’institution électorale, et garantir la tenue des prochaines élections générales dans le respect des principes démocratiques et de la stabilité républicaine.
Une rencontre s’est tenue, le dimanche 7 juin 2026, entre les membres du Cep et le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de trois ministres, de son directeur de cabinet et de deux conseillers, autour du décret électoral publié le 2 juin 2026.
Les échanges ont porté sur les dispositions nécessaires à l’organisation d’élections libres, inclusives, transparentes et crédibles, et les deux parties ont convenu de poursuivre ce cadre de concertation afin de renforcer la coordination du processus électoral.
Le pays n’a pas connu de scrutins depuis 2016, en raison de l’instabilité politique et du climat de terreur imposé par les gangs armés.
En mai 2026, la recrudescence des violences à Cité Soleil (nord de Port-au-Prince) a provoqué le déplacement de plus de 18,000 personnes en quelques jours, selon l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). [emb rc apr 08/06/2026 12:10]
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