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Haïti-Élections : Appels à un processus « transparent » et « inclusif »

P-au-P., 09 sept, 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs partis et organisations mettent en garde contre un processus électoral entaché d’irrégularités, dans un contexte déjà marqué par les violences de gangs lourdement armés, dans des déclarations dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces structures appellent à un processus « transparent » et « inclusif » en vue de la tenue de bonnes élections, prévues par l’institituon électorale pour le 13 décembre 2026.

Dénonciation de fraude présumée et exigence de transparence

Dans une déclaration, le regroupement politique Delivrans de l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus, condamne l’utilisation jugée « frauduleuse » de numéros d’identification unique de citoyennes et citoyens, notamment ceux de ses membres par certaines organisations politiques.

De telles opérations leur ont permis de constituer artificiellement les listes et d’atteindre le seuil réglementaire de 30,000 adhérentes et adhérents, requis pour l’inscription en ligne des candidates et candidats, fustige-t-il, dénonçant une opacité.

Sénatus n’écarte pas la possibilité de traduire en justice les partis fautifs.

Dans une note datée du 7 septembre 2026 et signée par son secrétaire général Me Francisco Alcide, le parti Kowòt patriyotik avertit que de tels faits constitueraient une atteinte grave au libre consentement des citoyennes et citoyens, à l’intégrité du processus électoral et à l’égalité entre les protagonistes politiques.

Ils aggraveraient aussi la crise de confiance qui mine déjà les institutions publiques.

Le parti appelle le Conseil électoral provisoire (Cep) à procéder sans délai à une vérification indépendante et transparente des listes d’adhérents, et à garantir aux citoyens la possibilité de contester toute affiliation enregistrée sans leur consentement.

Dans un document, la Coalition des organisations haïtiennes pour la transparence électorale (Cohte), regroupant quinze organisations de défense des droits humains dont dot l’Ordre des défenseurs des droits humains (Ordedh) et la Ligue haïtienne de défense des droits humains (Lhddh), exige du Cep la publication intégrale et transparente des listes d’adhérents de chaque parti.

Elle réclame également un audit financier complet des ressources engagées par le Cep au cours des deux dernières années, ainsi qu’une évaluation indépendante du personnel des directions des opérations électorales et des affaires juridiques, afin d’assurer la neutralité absolue du processus.

Une délégation du Comité exécutif national du parti Organisation du peuple en lutte (Opl), composée du coordonnateur général a.i., Ketel Jean-Philippe, du coordonnateur à la communication, Danio Siriack, et de la coordonnatrice du parti, Katia Bonté, s’est entretenue, le samedi 5 septembre 2026, avec la mission des Éminentes personnalités de la Caricom en visite en Haïti, sur la situation politique et sécuritaire du pays.

L’Opl interpelle les autorités sur la sécurité

Dans une note, l’Opl demande au gouvernement de transition de réunir les conditions sécuritaires indispensables et de fournir au Conseil électoral provisoire (Cep) les moyens nécessaires à la tenue d’élections « honnêtes et crédibles ».

Le parti Opl encourage l’élaboration par le Cep d’un nouveau calendrier électoral «  réaliste  », assorti d’une version amendée du décret.

L’Opl affirme son opposition à toute démarche visant à instaurer une nouvelle transition politique dans le pays ».

Elle a estimé que le processus électoral en cours, tel qu’enclenché, n’est ni réaliste ni fiable.

Elle exhorte à corriger le décret électoral qu’elle juge incompatible avec la démocratie et l’organisation d’élections.

Sur le réseau social X, Me Michel André, du Secteur démocratique et populaire (Sdp), rapporte avoir critiqué, lors d’une réunion avec la Caricom, le choix du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de créer sa propre plateforme politique pour participer aux élections, dénonçant «  une faute politique grave, qui sape la confiance des actrices et acteurs  ».

Le dirigeant politique a rejoint la Coalition des forces républicaines (Cfr), regroupant 44 partis et organisations politiques des dix départements et de la diaspora, dont la mission est de contribuer à la transition, au rétablissement de la sécurité et à l’organisation d’élections libres.

La Copah appelle à un processus souverain et inclusif

Intervenant à l’émission FwoteLide sur AlterRadio (106.1 Fm et www.alterradio.org), le président de la Conférence des pasteurs haïtiens (Copah), Dr. Ernst Pierre Vincent a exhorté la Communauté des Caraïbes (Caricom) actuellement en visite en Haiti à soutenir un processus haïtien « inclusif et souverain ».

La Copah l’appelle à exercer un rôle de facilitateur à la crise haïtienne, tout en émettant des réserves sur la mission de la délégation de l’organisation régionale.

Elle dit craindre une mission concoctée par des ambassades étrangères puissantes dans le pays en sous-traitant le dossier d’Haïti afin d’influencer d’éventuelles évolutions.

La Copah ndique avoir exprimé ses préoccupations à la Caricom, lors d’une rencontre le jeudi 3 septembre 2026.

Le parti politique Pitit Dessalines, lors d’une rencontre le vendredi 4 septembre 2026 avec le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) et une délégation de la Caricom, a plaidé pour un plan de sécurité nationale.

«  Pas d’élections sans un minimum de sécurité, sans inclusion et sans garanties démocratiques  », a-t-il déclaré, prônant une gouvernance transitoire bicéphale pour créer les conditions nécessaires à une véritable sortie de crise.

Mission de la Caricom en Haïti

La Caricom, à travers son Groupe des personnes éminentes (Epg), séjourne actuellement à Port-au-Prince pour dialoguer avec les autorités, les protagonistes politiques et la communauté internationale.

La délégation, composée notamment des anciens Premiers ministres Kenny Anthony (Sainte-Lucie), Orette Bruce Golding (Jamaïque) et Perry Christie (Bahamas), a rencontré la titulaire du Mnistère des affaires étrangères et des cultes (Maec), Raina Forbin, le mercredi 2 septembre 2026.

Les échanges ont porté sur les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, crédibles et sécurisées, alors que le Cep prépare les scrutins présidentiel et législatifs ppour le dimanche 13 décembre 2026. [emb apr 09/09/2026 13 :45]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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