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Haïti–Éducation/Grève : Les syndicats d’enseignants rejettent la demande de trêve du Menfp

P-au-P, 28 janv. 2015 [AlterPresse] --- Les syndicats d’enseignants, initiateurs du mouvement de grève, enregistré dans les établissemlents publics depuis début janvier 2015, décident de maintenir leur mot d’odre, ont-ils répondu, en conférence de presse le 27 janvier, à la demande de trêve du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp).

Le titulaire du Menfp, Nesmy Manigat, et les syndicats d’enseignants étaient en pourparlers, le mardi 27 janvier 2015, sur la possibilité d’observer une trêve à la grève illimitée des professeurs dans l’enseignement public.

Cependant, aucun accord n’est jusqu’à date trouvé sur la cessation de l’arrêt de travail des professeurs, en vigueur depuis environ 3 semaines, contrairement au voeu formé, dans l’après-midi du lundi 26 janvier 2015, par le Menfp.

Nesmy Manigat s’exprimait en conférence de presse, le 26 janvier, en présence de divers représentants de syndicats d’enseignants, ainsi que d’observateurs du Bureau international du travail (Bit), de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et d’associations de parents d’élèves.

Les différents enseignants, qui observent l’arrêt de travail, devraient recommencer à dispenser leurs cours normalement dans les salles de classes, souhaitait le Menfp.

Si les cours ne sont pas repris, « l’État ne versera aucune rémunération (en février 2015) aux professeurs grévistes », avertit Nesmy Manigat.

En décembre 2014 et janvier 2015, le Menfp n’a pas pu intégrer, « en raison de la situation politique », 1,000 enseignants (500 par mois), sur un nombre de 7,000 (qui dispensent les cours en salles de classes) en attente de nominations officielles dans l’enseignement public.

Le Menfp déclare vouloir mettre sur pied une stratégie, visant à intégrer, graduellement, ces fonctionnaires dans le budget de l’Etat, à raison de 500 au moins par mois.

Mille (1,000) d’entre eux émargeraient déjà sur le budget de l’Etat depuis novembre 2014, selon le Menfp.

Quant aux contestations lycéennes dans les rues de la capitale et en province, le titulaire du Menfp laisse croire que « les élèves sont manipulés ».

Ce « n’est pas à eux (aux élèves) de résoudre des problèmes à résoudre ».

Tout en admettant une « possibilité de trouver une trêve à la grève », le Coordonnateur de l’Union nationale des normaliens haïtiens (Unnoh), Josué Mérilien, invite le Menfp à « ne pas diaboliser le mouvement des enseignants ».

Une meilleure grille salariale, avec un traitement de base de 50 mille gourdes (US $ 1.00 = 48.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) et de meilleures conditions de travail figurent parmi les revendications des enseignants grévistes.

En janvier 2015, les enseignantes et enseignants publics ont un traitement de base qui avoisine les 11 mille gourdes.

Des études seraient en cours pour voir comment l’amener à 20 mille gourdes.

Nesmy Manigat juge urgent d’avoir « un fonds additionnel » pour résoudre les problèmes du système éducatif haïtien, qui ne datent pas d’aujourd’hui.

Dans une lettre ouverte, le Menfp indiquait ne pas être en mesure, pour le moment, de satisfaire les revendications pour un traitement de base mensuel de 50,000.00 gourdes (qui serait largement supérieur à la moyenne des salaires en Amérique latine et dans les Caraïbes).

La raison serait que l’économie haïtienne, « otage d’un environnement fortement instable, au cours de ces dernières décennies, n’a pas eu les niveaux de croissance suffisante pour un relèvement conséquent du financement du secteur éducatif », lit-on dans la lettre ouverte du Menfp.

Dans ces conditions, « il n’est tout simplement pas possible, aujourd’hui, de répondre positivement à cette revendication, qui bouleverserait, d’ailleurs, tous les salaires de base de la fonction publique et reviendrait à multiplier, au moins par trois (3), le budget de fonctionnement de l’Etat, au détriment des investissements en infrastructures et équipement scolaires, en matériels didactiques et formation des maitres », souligne Manigat.

De plus, le ministère aurait déjà émis des milliers de lettres pour régulariser la situation de certains enseignants.

A l’instar du président Joseph Michel Martelly, Nesmy Manigat a évoqué la non ratification, par le parlement (dysfonctionnel depuis le 12 janvier 2015), du projet de loi sur le Fonds national d’éducation (Fne), dont les prévisions de rentrées attendues pourraient permettre de surmonter divers obstacles au sein du système éducatif.

Entre-temps, aucune information n’est disponible sur les montants de fonds, illégalement prélevés, de mai 2011 à date (janvier 2015) au titre du Fne. [srh jep kft rc apr 28/01/2015 9:25]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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