P-au-P, 04 février 2026 [AlterPresse] --- Le Ministère du commerce et de l’industrie (Mci) prévoit de mener une étude générale, afin d’évaluer l’ampleur de la contamination de l’eau vendue en sachets, en bouteilles ainsi que celle commercialisée dans les kiosques, selon les résultats d’une étude sectorielle dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Cette étude devrait permettre la publication de directives précises pour traiter des cas spécifiques, a indiqué Papyto Vilvert, assistant directeur à la Direction de contrôle et de la qualité de la protection des consommatrices et consommateurs au Mci, lors d’une intervention à l’émission FwoteLide, diffusée sur la station AlterRadio 106.1 fm et suivie par AlterPresse.
Ces annonces font suite à une étude, publiée fin janvier 2026 par le Mci, révélant de graves défaillances dans le respect des normes sanitaires applicables à l’eau destinée à la consommation humaine dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Le Mci annonce vouloir étendre cette étude aux autres départements géographiques du pays, tout en encourageant la recherche universitaire sur des thématiques liées au secteur.
Selon cette enquête, réalisée entre août 2025 et janvier 2026, 92% des eaux vendues en sachets dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, présentaient une contamination bactérienne.
L’étude a porté sur 109 échantillons d’eau traitée, incluant l’eau vendue en sachets, en bouteilles ainsi que celle commercialisée dans les kiosques.
Les données recueillies révèlent combien 83.5 % des échantillons analysés contenaient des bactéries, principalement des coliformes, alors qu’aucune bactérie ne devrait être détectée dans ce type de produits, conformément aux normes sanitaires en vigueur, déplore Papyto Vilvert.
Les résultats mettent en évidence une contamination bactérienne préoccupante dans plusieurs formes d’eau vendue sur le marché.
Les analyses ont été réalisées dans différentes communes, notamment Croix-des-Bouquets, Tabarre (nord-est) et Carrefour (sud), et portent sur des eaux produites et commercialisées dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, et ses environs.
Bien que trois échantillons proviennent de l’étranger, la grande majorité des produits analysés étaient d’origine locale, précise Vilvert.
La présence de ces bactéries constitue un risque réel pour la santé publique. Ces bactéries peuvent provoquer des maladies, telles que la gastro-entérite, entraînant des symptômes comme la diarrhée, les vomissements, les crampes et les douleurs abdominales, avertissent les autorités sanitaires.
La loi impose à tout produit alimentaire commercialisé de respecter des critères stricts, afin de garantir la sécurité des consommatrices et consommateurs, rappellent-elles.
Bien que l’eau traitée ne soit pas censée être bouillie, les experts sanitaires indiquent que l’ébullition permet d’éliminer les bactéries.
Toutefois, cette pratique ne constitue qu’une mesure de précaution temporaire. Elle ne saurait remplacer le respect strict des normes sanitaires par les entreprises productrices.
Le Ministère du commerce et de l’industrie prévoit de rencontrer les entreprises productrices, afin de fixer les responsabilités, qualifier les infractions aux lois et règlements, et fournir une liste de recommandations à appliquer dans un court délai.
Il envisage également de communiquer au grand public les résultats des évaluations des entreprises et de sanctionner celles. qui continueraient à fournir une eau de mauvaise qualité sur le marché. [mff emb rc apr 04/02/2026 10:20]
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Quelle Politique de sécurité agro-alimentaire pour Haïti ? 6 janvier 2006
