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Haïti – Droits reproductifs : « Il faut pouvoir avorter de manière sécuritaire », plaide Kay Fanm

P-au-P., 28 sept. 2026 [AlterPresse] --- « Il faut pouvoir avorter de manière sécuritaire », affirme la sociologue et militante féministe Danièle Magloire, dirigeante de Kay Fanm, à l’occasion du 28 septembre, journée mondiale de mobilisation pour la dépénalisation de l’avortement.

Invitée à une émission spéciale de FwoteLide, sur AlterRadio, elle revient sur la campagne menée cette année par Kay Fanm autour des droits sexuels et reproductifs.

L’organisation a réalisé quatre ateliers d’éducation avec des femmes qu’elle accompagne, une projection-débat du documentaire Que sea ley (Que ce soit loi), réalisé en 2019 par Juan Solanas, ainsi qu’une clinique mobile, avec l’Association pour la promotion de la famille haïtienne (Profamil), destinée aux femmes et jeunes filles accompagnées par Kay Fanm et aux personnes vivant dans les quartiers où elle est implantée.

Ce qu’il faut savoir sur l’avortement en Haïti

Les risques liés aux avortements non sécurisés

Pour Danièle Magloire, l’accès à un avortement dans des conditions sécuritaires constitue un enjeu de santé des femmes.

« Il faut pouvoir avorter de manière sécuritaire », insiste-t-elle, en référence aux normes et directives de l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

Elle dénonce les pratiques clandestines auxquelles certaines femmes sont contraintes de recourir.

« Quand c’est fait en cachette, avec des charlatans, ça détruit la santé, ça détruit la vie, particulièrement celle des femmes », affirme-t-elle.

Selon l’Enquête sur la mortalité, morbidité et l’utilisation des Services (Emmus-VI), réalisée en 2016-2017, environ un tiers des femmes ayant eu recours à un avortement avaient connu des complications, notamment des hémorragies, des infections ou des perforations de l’utérus.

La majorité des avortements étaient pratiqués à domicile et 32 % dans des cliniques ou hôpitaux privés.

Ces données anciennes ne permettent pas de mesurer précisément la situation actuelle en Haïti.

Des droits qui dépassent l’avortement

« Les droits reproductifs sont beaucoup plus larges que le droit à l’avortement », rappelle Danièle Magloire.

Ils comprennent notamment le droit de décider librement d’avoir ou non des enfants, du moment et du nombre de naissances, ainsi que de leur espacement.

Ils incluent aussi l’accès à une éducation sexuelle, à une contraception efficace et abordable, et à des soins appropriés pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, sans violence ni discrimination.

Informer les femmes sur leurs droits

Pour Kay Fanm, l’information constitue un autre volet de la campagne, particulièrement en direction des jeunes femmes.

L’organisation prépare un document en créole sur les droits reproductifs et les données disponibles sur la santé reproductive et l’avortement en Haïti.

L’Emmus-VI indiquait notamment que 13 % des filles avaient eu leur premier rapport sexuel avant 15 ans et que 21 % des jeunes femmes de 19 ans étaient déjà enceintes ou avaient eu un enfant.

L’enquête faisait aussi état de difficultés importantes d’accès aux soins, rencontrées par près des trois quarts des femmes interrogées, principalement pour des raisons financières.

Une mobilisation féministe régionale

Le 28 septembre est issu d’une mobilisation féministe latino-américaine et caribéenne. Sa commémoration a été décidée en 1990, lors de la 5e Rencontre féministe latino-américaine et caribéenne, en Argentine.

La date renvoie notamment à la loi brésilienne dite du « Ventre libre », adoptée le 28 septembre 1871, qui déclarait libres les enfants nés de femmes réduites en esclavage à partir de cette date.

Depuis, le 28 septembre constitue une date de mobilisation autour des droits reproductifs et de l’accès à des services d’avortement sécuritaires dans plusieurs pays de la région. [apr 28/09/2026 23 :00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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