Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 02 juin 2025 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) s’élève contre la conversion des espaces de garde à vue en cellules de prisons insalubres, dans le département de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, dans un rapport dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
La transformation des centres de rétention en prisons a aggravé la situation déjà préoccupante, d’autant plus que les prisons civiles de l’Arcahaie et de Cabaret (à environ 25 km au nord de Port-au-Prince) avaient été abandonnées par les autorités en raison de la criminalité, note le Rnddh.
Les samedi 2 et dimanche 3 mars 2024, les gangs armés de la coalition terroriste Viv ansanm ont attaqué les prisons civiles de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets (au nord-est de Port-au-Prince).
Le Rnddh dénonce les conditions sanitaires alarmantes dans les « cellules » de garde à vue, qui n’ont pas été conçues pour accueillir des personnes sur une longue période.
Ces espaces de garde à vue manquent littà vueralement d’aéation, d’éclairage et de lumière naturelle.
« Ces cellules de garde à vue sont très souvent plongées dans le noir, abritent des rongeurs ainsi que des insectes nuisibles. La chaleur dans les cellules est insupportable. Ces conditions en font de véritables nids à microbes ».
Une odeur nauséabonde se dégage des cellules dans la majorité des commissariats et sous-commissariats de police monitorés, une situation susceptible d’affecter la santé des détenues et détenus, ainsi que celle des agent.e.s de la Police nationale d’Haïti (Pnh), affecté.e.s à ces postes en question, mentionne le Rnddh.
A l’exception de certains postes, comme le commissariat de police à Petit-Goâve (à 68 km au sud de Port-au-Prince), les personnes arrêtées passent des jours, voire des mois en rétention, dans des cellules exigües, non-aérées et très peu éclairées, rapporte l’organisme de défense des droits humains.
« Les retenu.e.s et détenu.e.s ne reçoivent que très peu de visites des membres de leurs familles ou des proches. Lorsqu’elles et qu’ils ne reçoivent aucune visite de leurs proches ou des membres de leurs familles, ce sont les responsables qui s’organisent pour les nourrir », décrit le Rnddh.
Des retenu.e.s et détenu.e,s confronté.e.s à des maladies cutanées et infectieuses
Le Réseau national de défense des droits humains fait état de plusieurs retenu.e.s et détenu.e.s, qui ont attrapé de nombreuses maladies, dont la propagation est favorisée par les mauvaises conditions sanitaires.
Certain.e.s retenu.e,s et détenu.e,s souffrent de gratelle, dans les commissariats de police à Delmas 33 et Pétionville. Au moins un (1) retenu est atteint de tuberculose au commissariat de police à Tabarre (au nord-est de Port-au-Prince) et au moins un (1) retenu crache du sang depuis plusieurs mois, au sous-commissariat de police à Canapé Vert, relate le Rnddh.
« Au commissariat de police à Port-au-Prince, certain.e.s retenu.e,s et détenu.e.s souffrent de démangeaisons, présentent des furoncles et des boutons sur tout le corps. De nombreuses femmes affirment aussi souffrir d’infections vaginales ».
Au commissariat de police à Delmas 33, il y a 68 personnes réparties dans quatre (4) cellules, soit qyarante-huit (48) hommes d’un côté, dix (10) femmes de l’autre, et dix (10) policiers dans les deux cellules restantes, indique le Rnddh.
« Pour dormir, certains des 48 hommes ont converti leurs couvertures en hamac, en les accrochant aux barreaux de leurs cellules. D’autres dorment par relève, obligeant plusieurs d’entre eux à rester debout une bonne partie de la nuit, avant de pouvoir s’allonger à leur tour ».
Recommandations
Tout en exigeant le respect de la dignité humaine des personnes gardées dans les postes de police, le Rnddh recommande aux autorités concernées d’auditionner, dans les plus brefs délais, les personnes arrêtées depuis plusieurs mois et maintenues en garde à vue.
Il encourage à décider définitivement, tel que prévu par la loi, sur les cas de contravention et citer, directement au correctionnel, les personnes à qui sont reprochés des délits, en vue de les juger.
Il appelle l’Etat à prendre les dispositions, pour que les personnes condamnées soient transférées dans les prisons encore fonctionnelles, où elles pourront purger leur peine en toute dignité.
Il exhorte à électrifier tous les postes de police et mettre à disposition des produits de curage, à rendre fonctionnelle la prison civile de Pétionville, en attendant le réaménagement ou la reconstruction des prisons, qui ont été endommagées ou détruites par les bandits armés membres de l’organisation terroriste Viv Ansanm. [emb rc apr 02/06/2025 10:45]
Photo : Page Facebook du Ministère à la Condition Feminine et aux Droits des Femmes
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