P-au-P, 02 avril 2025 [AlterPresse] --- La Police nationale d’Haïti (Pnh) a, une fois de plus, dispersé violemment, à coups de gaz lacrymogènes, plusieurs groupes de manifestantes et manifestants, qui participaient à une importante mobilisation, ce mercredi 2 avril 2025 à Port-au-Prince, de milliers de personnes contre la criminalité en Haïti, a observé l’agence en ligne AlterPresse.
Cette mobilisation, qui a rassemblé des milliers de protestataires, visait à exiger des autorités étatiques des actions urgentes pour mettre fin aux actes criminels des gangs armés, qui terrorisent en toute impunité la population sur le territoire national.
Un premier groupe de maniestantes et manifestants, parti-e-s de Pétionville (municipalité à l’est de la capitale, Port-au-Prince), est parvenu jusqu’à la Villa d’Accueil, siège des autorités de la transition, avant d’être dispersé par la Pnh à l’aide de gaz lacrymogènes.
Un deuxième groupe, venant de Canapé Vert, a également été ciblé par des tirs de gaz lacrymogènes au niveau de Bourdon, interrompant leur progression.
Portant des t-shirts de couleur noire, de nombreux protestataires étaient munis de branches d’arbres et de bâtons.
« Canapé-Vert ne subira pas les mêmes dommages que Solino. Nous sommes à bout. L’Etat doit débloquer le pays » figutaient parmi les slogans, scandés par les manifestantes et manifestants, qui ont critiqué vertement l’équipe de transition, l’accusant de collusion avec les gangs armés qui endeuillent la population.
Avant même le début de cette forte mobilisation, des barricades de pneus usagés enflammés ont été installées dans plusieurs zones de la commune de Pétionville, notamment sur la route de Juvénat, à Delmas 95 et dans d’autres endroits de Port-au-Prince, comme Lalue et Bourdon.
Cette situation a perturbé la circulation automobile, contraignant plusieurs véhicules à rebrousser chemin. Des entreprises commerciales, comme les banques, sont restées fermées à Delmas et Pétionville. Des coups de feu ont également été entendus, particulièrement à Delmas 95, suscitant davantage de tension.
Plusieurs écoles n’ont pas fonctionné, pour éviter tout incident lié à la mobilisation populaire annoncée.
Les protestataires ont dénoncé l’échec, depuis le jeudi 25 avril 2024, du Conseil présidentiel de transition (Cpt) et du gouvernement intérimaire actuel à rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire en Haïti.
À Bourdon, la police avait déployé d’importantes forces de l’ordre pour prévenir tous éventuels débordements pendant la grande démonstration de rues de ce mercredi 02 avril 2025,.à Port-au-Prince.
Cette journée de protestations, ce mercredi 2 avril 2025, s’inscrit dans une série de manifestations, dénonçant l’ampleur des actes de criminalité des gangs terroristes dans le pays.
La semaine dernière, la Pnh avait déjà dispersé violemment deux manifestations, organisées pour exiger des autorités des dispositions institutionnelles devant mettre fin aux actes criminels des gang armés.
Le jeudi 27 mars 2025, la Police nationale avait utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de manifestantes et manifestants sur la route de Bourdon.
Déroulée à l’initiative de la brigade de résistance de Canapé Vert, la mobilisation du 27 mars 2025 visait à dénoncer la complaisance du Cpt et du gouvernement face à la terreur des gangs armés de la coalition Viv Ansanm.
Le mercredi 26 mars 2025, le parti politique Engagés pour le Développement (Ede) avait également organisé une manifestation à Port-au-Prince pour demander la démission des autorités de la transition. Une fois de plus, la police avait dispersé cette manifestation. [emb rc apr 02/04/2025 15:00]
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