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Un cri d’Haïti pour Cuba

Dans un texte transmis à AlterPresse le 25 mars 2026, Huguette Jean-François, une citoyenne haïtienne, livre un poème engagé en forme de cri contre les injustices subies par le peuple cubain. Sans prétendre à une parole officielle, elle inscrit sa démarche dans une solidarité vécue entre Haïti et Cuba, mêlant mémoire, dignité et engagement, à travers une écriture poétique qui se veut à la fois intime et universelle.

Devoir de Solidarité envers Cuba

Par Huguette Jean-François

Transmis à AlterPresse le 25 mars 2026

Introduction

Je suis une femme haïtienne afrodescendante, je m’appelle Huguette JEAN-FRANÇOIS.

Pas une diplomate, pas une représentante officielle, pas une porte-parole mandatée. Une femme ordinaire, comme des millions d’autres, qui un jour a rencontré Cuba - non pas sur une carte, mais - dans le regard de ses amis cubains, dans la générosité de ses médecins venus soigner Haïti après le tremblement de terre, dans la dignité silencieuse d’un peuple qui résiste depuis soixante ans à ce que beaucoup n’osent pas nommer : un crime contre l’humanité, un terrorisme d’état.

Ce poème que je soumets aujourd’hui à votre lecture n’est pas une œuvre littéraire prétentieuse. C’est un cri. Un cri mis en vers, parce que la poésie, parfois, porte plus loin que la prose. Un cri mis en alexandrins, parce que cette forme classique, venue de France mais devenue universelle, donne au désespoir une dignité, une cadence, une mémoire.

Je ne parle pas au nom d’Haïti. Je parle depuis Haïti. Depuis cette terre sœur qui partage avec Cuba la même mer, les mêmes cyclones, les mêmes luttes, et parfois les mêmes silences du monde.

POURQUOI CE POÈME ?

Depuis bientôt soixante-cinq ans, le blocus des États-Unis contre Cuba étrangle l’île. Les mots pour le décrire existent : « sanctions », « embargo », « pression économique ». Mais ces mots aseptisés cachent une réalité plus crue.

Ce blocus, ce sont des grands-pères qui meurent faute de médicaments contre l’hypertension ou le diabète.

Ce blocus, ce sont des incubateurs qui s’éteignent faute de carburant.

Ce blocus, c’est la faim programmée, méthodique, administrée goutte à goutte.

Ce blocus, c’est un peuple entier privé de seringues, d’anesthésie, de pièces détachées, de technologie, de tout ce qui permet simplement de vivre.

Ce blocus, c’est du terrorisme d’état.

Pendant ce temps, les Nations unies votent chaque année une résolution condamnant ce blocus. Chaque année, elle est adoptée par la quasi-totalité des pays du monde. Chaque année, les États-Unis opposent leur veto ou l’ignorent.

Le monde regarde ailleurs

Et Cuba continue de résister. Cuba, qui a envoyé ses médecins partout dans le monde, y compris dans les pays qui la sanctionnent. Cuba, qui a développé cinq vaccins contre la Covid-19 sans aide extérieure. Cuba, qui forme gratuitement des milliers de médecins étrangers. Cuba, qui tend la main quand la catastrophe frappe, comme elle l’a fait pour Haïti en 2010.

Cuba donne. Le monde reçoit. Et le monde laisse Cuba mourir à petit feu.

UN APPEL, PAS UNE DÉCLARATION

Ce poème n’est pas une déclaration politique. Je ne suis ni communiste, ni anticommuniste, ni pro-gouvernement, ni anti-gouvernement. Je suis une femme qui aime Cuba, qui aime les Cubains, qui a vu dans leurs yeux une dignité que peu de peuples possèdent.

Ce poème est un appel

Un appel à l’Amérique latine, terre sœur, pour qu’elle se souvienne que Cuba est son enfant.

Un appel à la Caraïbe, notre mer commune, pour qu’elle unisse ses voix.

Un appel à l’Afrique, mère originelle, pour qu’elle n’oublie pas le sang cubain versé pour sa libération.

Un appel à l’Europe, qui se dit des Lumières, pour qu’elle éclaire enfin cette nuit.

Un appel à l’Asie et à la Ligue arabe, partenaires lointains mais fraternels.

Un appel au Canada, voisin immédiat, ami de toujours.

Un appel au Congrès et au Sénat des États-Unis, pour qu’ils regardent ce que leurs lois produisent concrètement.

Un appel aux Nations unies, maison commune, pour qu’elles cessent d’être impuissantes.

Un appel aux organisations des droits humains, pour qu’elles défendent aussi le droit le plus fondamental : le droit de vivre.

CE QUE JE DEMANDE

Je ne demande pas l’aumône pour Cuba. Cuba ne mendie pas.

Je ne demande pas l’amour pour Cuba. L’amour ne se commande pas.
Je demande la justice.

Je demande que le blocus soit appelé par son nom : crime contre l’humanité.

Je demande que les gouvernements du monde cessent leur complicité silencieuse.

Je demande que les médias cessent de normaliser l’inacceptable.

Je demande que chaque citoyen, chaque citoyenne, en lisant ces vers, se demande : de quel côté de l’histoire veux-je être ?

POURQUOI DES ALEXANDRINS ?

Le vers alexandrin, douze syllabes, six et six, porte en lui une mémoire. C’est le vers de Corneille et de Racine, de Hugo et de Baudelaire. C’est le vers qui a dit les grandes passions, les grands combats, les grandes douleurs. C’est le vers de la tragédie classique.

Or, ce que vit Cuba est une tragédie classique : un peuple accusé sans preuve, puni sans jugement, étranglé sans procès. Le blocus est le deus ex machina [1] à l’envers : au lieu de sauver, il tue. Au lieu de résoudre, il détruit.

J’ai choisi l’alexandrin parce que sa solennité dit la gravité du sujet. Parce que sa cadence oblige à ralentir, à peser chaque mot. Parce que sa musique, venue de France, peut voyager dans toutes les langues une fois traduite.

Et parce que, peut-être, la beauté touche là où la politique échoue.

AUX LECTRICES ET LECTEURS

Vous qui tenez ce journal entre vos mains, vous qui lisez ces vers sur un écran ou sur du papier, je ne vous demande pas d’être d’accord avec tout. Je ne vous demande pas d’adhérer à une idéologie. Je vous demande simplement de regarder Cuba. De voir ce qu’on lui fait. De sentir, ne serait-ce qu’un instant, la douleur d’un peuple qu’on étouffe en silence.

Si un seul vers, une seule image, une seule idée vous touche, alors ce poème aura rempli sa mission. Et peut-être, demain, vous parlerez de Cuba autour de vous. Peut-être signerez-vous une pétition. Peut-être écrirez-vous à votre député. Peut-être partagerez-vous ce cri.

Car les cris, quand ils sont assez nombreux, deviennent des tempêtes.

REMERCIEMENTS

Je remercie d’avance les journaux, qui accepteront de publier ce texte, dans quelque pays que ce soit. Je remercie les traductrices et traducteurs qui le feront vivre dans d’autres langues. Je remercie les lectrices et lecteurs, qui prendront le temps de le lire jusqu’au bout.

Je remercie surtout mes amies cubaines et mes amis cubains, qui m’ont appris ce que signifie la dignité. Ce poème est pour vous. Il est pour vos grands-pères, pour vos enfants, pour vos médecins, pour vos mères. Il est pour cette île magnifique qui, malgré tout, continue de chanter.

Et je remercie Haïti, ma terre natale, qui m’a donné la force de crier quand il faut crier, et d’aimer quand il faut aimer.

POUR ALLER PLUS LOIN

Ce poème n’est qu’une voix. Mais il existe des milliers d’autres voix, des milliers d’autres façons d’agir :

▪ Informez-vous sur le blocus au-delà des discours officiels.

▪ Soutenez les organisations qui travaillent à lever les sanctions.

▪ Écrivez à vos représentants politiques.

▪ Parlez de Cuba autour de vous.

▪ Si vous voyagez à Cuba, allez au-delà des plages, rencontrez les Cubains, écoutez-les.

▪ Et surtout, refusez de normaliser l’inacceptable.

Le blocus de Cuba est l’un des plus longs crimes économiques de l’histoire moderne. Il a commencé avant ma naissance. Il continue aujourd’hui. Il dépend de nous, citoyens du monde, pour qu’il cesse enfin.

Ottawa, Canada

Le 16 Février 2026

Huguette JEAN-FRANÇOIS, autrice de Solidarité avec Cuba

Mathématicienne

Conceptrice de didacticiels

Experte en Accessibilité Numérique

SOLIDARITÉ AVEC CUBA

Poème en alexandrins d’une Haïtienne pour Cuba

I. LA SŒUR DE L’ÎLE SŒUR

Je ne suis pas de Cuba, je suis d’Haïti la rouge,
La sœur qui partage l’eau salée des Antilles,
La même mer qui chante et qui parfois houle,
Les mêmes ouragans, les mêmes vents qui filent.

J’ai vu mes sœurs cubaines, j’ai vu mes frères aussi,
Danser sur la place, chanter sous la pluie,
J’ai vu leur dignité quand tout semble fini,
J’ai vu leur résistance, leur amour, leur génie.

C’est une Haïtienne qui parle, une femme debout,
Qui aime Cuba profondément, Cuba la magnifique,
Qui tend la main par-dessus les douleurs, les dégoûts,
Pour dire au monde entier : justice, justice publique !

Car quand on frappe Cuba, c’est mon île qu’on blesse,
C’est Haïti qu’on méprise, c’est toute la Caraïbe,
C’est notre sang mêlé, nos douleurs, nos prouesses,
C’est l’Amérique entière, la petite et l’archi-île.


II. APPEL À L’AMÉRIQUE LATINE

Amérique latine, ma terre, ma chair, ma mère,
Du Mexique à l’Argentine, du Chili au Brésil,
Regarde ce qu’on fait à notre sœur, notre frère,
Cuba saignée à blanc par l’empire hostile !

Vous qui connûtes, pays, les bottes et les dictatures,
Les coups d’État tramés dans les bureaux du Nord,
Les marines débarquant pour voler vos états,
Les banques et les trusts décidant de votre sort,

Levez-vous, levez-vous ! Cuba vous appelle !
Le Venezuela résiste, la Bolivie se souvient,
Les peuples indigènes, la mémoire éternelle,
Savent que l’empire frappe là où l’espoir se maintient.

Brésil, Argentine, Mexique, Uruguay, Pérou,
Colombie, Équateur, Bolivie, Paraguay,
Chili, Venezuela, Panama, Costa Rica,
Uruguay, Paraguay, tous, tous, levez-vous !

Que l’ALBA [2] ressuscite, que l’UNASUR [3] renaisse,
Que nos présidents parlent, que nos peuples s’unissent,
Que cesse le silence, que cesse la paresse,
Que nos voix latines comme un seul homme frémissent !

III. APPEL À LA CARAÏBE

Caraïbe, ma Caraïbe, mon collier d’îles belles,
Jamaïque, ma voisine, Trinidad, ma cousine,
Barbade, Saint-Christophe, Antilles éternelles,
Sainte-Lucie, Grenade, Dominique, ma divine,

Cuba est notre sœur, notre phare, notre gardienne,
Elle nous a donné ses médecins, ses maîtres,
Quand le cyclone frappe, quand la misère vient,
Cuba tendait la main sans rien attendre, peut-être.

Bahamas, Haïti, République dominicaine,
Nous partageons le même soleil, la même mer,
Les mêmes souffrances, la même histoire, la même peine,
Les mêmes pirates venus d’univers amers.

Cuba soignait nos corps, Cuba formait nos élites,
Cuba construisait des écoles dans nos campagnes,
Cuba envoyait ses fils aider nos satellites,
Cuba partageait le peu qu’avait dans sa campagne.

Aujourd’hui Cuba saigne, aujourd’hui Cuba meurt
Lentement, sous le blocus, la sanction, l’embargo,
Caraïbe, réponds, sors de ta torpeur,
Crie avec moi : assez, assez, assez de fardeau !

Unissons nos voix, CARICOM [4], lève-toi,
Que les Premiers ministres, les présidents, les peuples,
Dénoncent ce crime, cette infâme loi,
Ce terrorisme d’État qui n’a ni loi ni temple !

IV. APPEL À L’AFRIQUE

Afrique, mère Afrique, berceau de l’humanité,
Toi qui connus la traite, le fouet, la colonie,
Toi qui vis tes enfants volés, déportés,
Vers ces îles où Cuba les reçut, les bénit,

Souviens-toi, souviens-toi ! Le sang qui coule en nous,
C’est le même sang rouge, la même mélanine,
Cuba a gardé l’Afrique au fond de son cœur doux,
Cuba est un peu toi, Afrique, ma divine.

Angola se souvient des soldats cubains
Qui vinrent défendre son indépendance,
Namibie se souvient de ces frères lointains,
Qui luttèrent pour chasser l’apartheid, ses souffrances.

Congo, Mozambique, Guinée-Bissau, Éthiopie,
Cuba forma vos médecins, vos ingénieurs,
Cuba partagea son savoir, son énergie,
Cuba fut votre sœur dans les pires heures.

Aujourd’hui, Afrique, Union africaine,
Lève-toi, parle, dénonce, agis !
Le blocus qui tue Cuba est une haine
Qui nous concerne tous, qui nous meurtrit.

Afrique du Sud, Nigeria, Kenya, Sénégal,
Ghana, Algérie, Maroc, Tunisie, Égypte,
Rwanda, Tanzanie, Mali, Burkina, Soudan,
Tous, tous, levez-vous pour Cuba qui palpite !

V. APPEL À L’EUROPE

Europe, vieille Europe, qui te dis des Lumières,
Qui parles de droits de l’homme, de liberté, d’égalité,
Regarde ce qu’on fait à Cuba, la première
À tendre la main quand viennent les calamités.

France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal,
Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Grèce,
Suède, Danemark, Finlande, Pologne, tous, tous,
Où est votre cri ? Où est votre sagesse ?

L’Union européenne commerce avec les bourreaux,
Mais ferme les yeux quand Cuba agonise,
Elle applique des sanctions, des lois, des barreaux,
Pendant que l’île sœur pleure et se brise.

Espagne, toi qui fus Cuba avant Cuba,
Toi qui vis naître là-bas tant d’enfants de ta terre,
Comment peux-tu te taire, comment rester là,
Voir souffrir ce peuple sans crier, sans colère ?

France, qui as la Guadeloupe, la Martinique,
La Guyane, si proches de Cuba la magnifique,
Comment peux-tu laisser l’empire américain
Étouffer cette île, ta voisine, ta main ?

Parlement européen, députés, consciences,
Levez-vous, votez, condamnez, exigez !
Que cessent ces sanctions, cette atroce souffrance,
Que Cuba vive enfin, libre, débarrassée !

VI. APPEL À L’ASIE ET À LA LIGUE ARABE

Asie, immense Asie, des rives de la Chine
Aux monts de l’Himalaya, aux îles du Japon,
Des rizières du Vietnam aux plaines indiennes,
Des steppes mongoles aux sables d’Orient,

Regarde Cuba, sœur lointaine et pourtant proche,
Cuba qui t’envoya ses médecins, ses amis,
Qui tissa des liens par-dessus les approches,
Qui ne compta jamais le prix de son oubli.

Chine, grande Chine, amie de toujours,
Toi qui sais ce qu’est le poids de l’embargo et l’interdit,
Parle, agis, soutiens Cuba dans ses jours
Les plus sombres, les plus durs, les plus maudits.

Vietnam, qui connus la guerre et le blocus,
Toi qui vainquis l’empire au prix de tant de sang,
Tends la main à Cuba, dis au monde : assez, plus
Jamais on n’étouffera un peuple libre et grand !

Inde, Japon, Corée, Indonésie, Malaisie,
Philippines, Thaïlande, Bangladesh, Pakistan,
Que vos voix s’élèvent, que votre énergie
Dénonce ce crime, ce blocus inhumain !

Ligue arabe, toi qui rassembles tant de peuples,
Égypte, Syrie, Liban, Jordanie, Irak,
Arabie, Émirats, Qatar, Yémen, Koweït,
Maroc, Algérie, Tunisie, Soudan, tous, par pitié,

Cuba tend les bras, Cuba vous appelle,
Elle qui accueillit tant d’exilés, de réfugiés,
Elle qui fut toujours fraternelle et belle,
Ne la laissez pas seule, ne l’abandonnez pas !

VII. APPEL AU CANADA

Canada, grand voisin du Nord, terre d’accueil,
Toi qui te dis différent de l’empire voisin,
Toi qui tends la main par-dessus les écueils,
Regarde Cuba, ton ami, ton voisin.

Tant de Canadiens vont chaque année à Cuba,
Tant de liens se sont tissés entre nos peuples,
Tant d’amitiés sont nées sur cette île si belle,
Tant de souvenirs, de rires, de partages, de pas.

Mais pendant que tes touristes dansent à La Havane,
Le blocus étrangle Cuba, lentement, sûrement,
Tes entreprises hésitent, tes banques s’affolent,
Par peur des sanctions, des lois, des châtiments.

Canada, sois courageux, sois fidèle,
À tes valeurs, à ta promesse d’humanité,
Dénonce ce blocus, cette loi cruelle,
Ose défier l’empire, ose la vérité !

Parle fort à Washington, dis-leur que le crime
Ne peut être habillé de lois et de décrets,
Dis-leur que Cuba vit, que Cuba nous estime,
Dis-leur que le Canada ne sera jamais complice, jamais !

VIII. APPEL AU CONGRÈS ET SÉNAT DES ÉTATS-UNIS

Vous, législateurs de la première puissance,
Vous qui tenez entre vos mains tant de destins,
Écoutez, écoutez ! Ce n’est pas une offense,
C’est un cri de femme, un appel, un matin.

Vous qui votez des lois, qui signez des papiers,
Qui décidez du sort de tant d’êtres humains,
Sachez que vos sanctions, vos blocus, vos clapiers,
Tuent à Cuba, jour après jour, de vos mains.

Ce n’est pas la politique, ce n’est pas l’État,
Ce n’est pas Castro, ni la révolution,
Ce sont des grands-pères qui n’ont pas leurs médicaments,
Ce sont des bébés qui meurent en pension.

Ce sont des mères qui pleurent, des pères qui souffrent,
Des enfants qui ont faim, des médecins sans outils,
Ce sont des vies brisées, des espoirs qu’on étouffe,
C’est un peuple entier qu’on assassine, lentement, nuit après nuit.

Démocrates, républicains, indépendants,
Oubliez vos querelles, vos calculs, vos partis,
Regardez Cuba, regardez ses enfants,
Et demandez-vous si c’est cela, la vie.

Levez-vous, quelques-uns, osez, proposez,
Des lois pour lever le blocus, pour libérer,
Pour laisser Cuba vivre, pour laisser Cuba exister,
Pour que l’histoire, un jour, puisse vous pardonner.

IX. APPEL AUX NATIONS UNIES

Organisation des Nations Unies, maison commune,
Toi qui fus créée pour sauver les générations
Du fléau de la guerre, de la peur, de la rancune,
Toi qui portes en ton sein nos plus belles ambitions,

Regarde Cuba ! Regarde ce qu’on lui fait !
Depuis soixante ans, l’Assemblée vote, condamne,
Mais le veto, toujours, bloque, interdit, défait,
La volonté du monde, l’espoir, la foi, la flamme.

États-Unis, chaque année, isolés, contre tous,
Opposent leur veto à la résolution
Qui demande la fin du blocus, ce courroux,
Cette punition collective, cette indignation.

Conseil de Sécurité, Assemblée générale,
Secrétaire général, Haut-Commissaire aux droits,
Où est votre voix ? Où est votre morale ?
Où sont vos résolutions, vos rapports, vos lois ?

Déclarez, déclarez enfin : ce blocus constitue un crime !
Crime contre l’humanité, crime contre la paix,
Sanctionnez l’agresseur, défendez la victime,
Que Cuba vive, que Cuba chante, que Cuba ait

Le droit de soigner ses vieux, de nourrir ses enfants,
D’acheter des médicaments, de la nourriture,
De commercer librement, comme tous les gens,
De vivre en paix, sans peur, sans déchirure.

Nations Unies, levez-vous ! Faites votre travail,
Imposez le droit, imposez la justice,
Que le veto ne soit plus un bouclier, un émail [5],
Derrière lequel l’empire commet son injustice !

X. APPEL AUX ORGANISATIONS DES DROITS HUMAINS

Vous qui défendez les droits partout dans le monde,
Amnesty International, Human Right Watch, FIDH,
Vous qui dénoncez les dictatures, les bombes,
Les tortures, les disparitions, les républiques bans,

Où êtes-vous quand Cuba souffre en silence ?
Où sont vos rapports sur le blocus meurtrier ?
Où sont vos campagnes, votre insistance,
Pour que cesse ce crime, ce blocus meurtrier ?

Vous dénoncez si bien les droits bafoués ailleurs,
Vous écrivez, vous criez, vous alertez le monde,
Mais sur Cuba, vos voix se font souvent mineures,
Comme si ce peuple ne méritait pas qu’on réponde.

Pourtant, quel droit plus fondamental que la vie ?
Quel droit plus sacré que de manger, que de guérir ?
Le blocus tue, le blocus prive, le blocus défie
Tous les droits humains, tous les droits à venir.

Droit à la santé, droit à l’alimentation,
Droit à la vie, tout simplement, droit d’exister,
Sont violés chaque jour par cette punition,
Par ce blocus criminel qu’on ose nommer « sanctions ».

Alors, levez-vous, organisations, levez-vous !
Dénoncez, publiez, alertez, exigez !
Que le monde entende vos voix, que partout, partout,
Le crime soit nommé, le blocus condamné, jugé !

XI. LA FEMME HAÏTIENNE PARLE À SA SŒUR CUBAINE

Sœur de Cuba, ma sœur, je te parle d’Haïti,
D’une terre qui souffre aussi, qui lutte, qui espère,
D’une île qui connut tant de douleurs, tant de nuits,
Tant de blocus aussi, tant de misère.

Je sais ce que c’est que la faim, je sais ce que c’est
Que voir ses enfants pleurer, faute de pain,
Je sais ce que c’est que lutter, résister, espérer,
Quand le monde entier semble si lointain.

Mais je sais aussi ce que c’est que l’amitié,
Je sais ce que Cuba a donné à mon pays,
Des médecins, des maîtres, de la fraternité,
Des bras tendus, des cœurs ouverts, des jours, des nuits.

Quand le tremblement de terre a détruit Port-au-Prince,
Cuba était là, la première, soignant nos blessés,
Quand le choléra frappait, quand la mort nous vainc,
Cuba était là, sans rien demander, sans penser.

Alors aujourd’hui, c’est mon tour, c’est notre tour,
Haïti se lève pour Cuba, Haïti dit merci,
En criant au monde : justice, justice, toujours !
En disant aux puissants : cessez, cessez, assez, fini !

Sœur cubaine, tiens bon, nous sommes avec toi,
Les Haïtiennes, les Haïtiens, tout un peuple debout,
Nous crions avec toi, nous luttons avec toi,
Jusqu’à ce que le blocus s’effondre, jusqu’au bout !

XII. APPEL AUX PEUPLES DU MONDE

Peuples du monde, vous, les anonymes, les sans-grade,
Vous qui lisez ces vers peut-être distraitement,
Vous qui avez un cœur, une âme, un regard,
Je vous parle à vous, simplement, humblement.

Ce n’est pas aux gouvernements seuls que je crie,
C’est à vous, à moi, à nous, à tous les humains,
C’est à la terre entière, à la communauté infinie,
À ceux d’en bas, à ceux d’en haut, à ceux du chemin.

Car le blocus de Cuba, ce n’est pas une affaire
De politique étrangère, de diplomatie lointaine,
C’est une affaire humaine, une douleur, une misère,
Qui concerne chacun, qui concerne la peine

De voir un peuple souffrir sans raison, sans justice,
De voir des enfants mourir faute de médicaments,
De voir des grands-pères attendre, dans leur supplice,
Un remède qu’on leur refuse, sciemment.

Alors, vous, peuples du monde, levez-vous, levez-vous !
Que vos voix s’élèvent, que vos mains se tendent,
Que les réseaux sociaux s’embrasent, que partout, partout,
Les cris de Cuba résonnent, que les murs s’entendent !

Signez les pétitions, manifestez, écrivez,
À vos députés, à vos présidents, à vos médias,
Dites-leur : assez, assez, vous ne pouvez plus vous taire,
Cuba doit vivre, Cuba doit vivre, voilà !

XIII. LA CHAÎNE DE SOLIDARITÉ

Car la solidarité n’est pas un mot, un vain concept,
C’est une main tendue, un cœur ouvert, un pas,
C’est refuser la mort, refuser qu’on interrompe
La vie d’un peuple, sa chanson, son repas.

Haïtiens, Cubains, Antillais, Latino-Américains,
Africains, Européens, Asiatiques, Arabes, tous,
Nous sommes la chaîne, le maillon, le chemin,
Nous sommes l’humanité qui se lève, qui se débout.

Que les artistes chantent pour Cuba, que les poètes
Écrivent pour Cuba, que les intellectuels parlent,
Que les syndicats dénoncent, que les athlètes
Lèvent leur poing pour Cuba, que les peuples s’assemblent !

Que les églises prient pour Cuba, que les mosquées
Invoquent pour Cuba, que les temples, les synagogues,
Élèvent leur voix, que la terre soit inondée
De prières, de cris, de chants, de dialogues !

Que les étudiants manifestent, que les lycéens
Dessinent des banderoles, que les enfants
Écrivent au président, qu’ils disent : demain,
Nous ne voulons plus de blocus, plus de souffrance, plus de sang !

XIV. AUX RESPONSABLES, LEUR DEVOIR

Vous, présidents, premiers ministres, chanceliers,
Vous, députés, sénateurs, ministres, ambassadeurs,
Vous, secrétaires généraux, directeurs, conseillers,
Vous qui tenez le pouvoir, vous qui avez l’honneur

De représenter vos peuples, de décider pour eux,
Sachez que l’histoire jugera, que le temps
Ne pardonnera pas à ceux qui, silencieux,
Ont laissé Cuba souffrir, ont laissé ses enfants

Mourir faute de soins, faute de pain, faute de vie,
Sachez que vos noms seront écrits dans le livre
De la mémoire humaine, que vos âmes, vos patries,
Seront marquées à jamais, que rien ne pourra les laver.

Alors, agissez, agissez, maintenant, tout de suite,
N’attendez pas demain, n’attendez pas plus tard,
Chaque jour qui passe est une vie qu’on quitte,
Chaque heure qui passe est un nouveau départ.

Rompez le silence, dénoncez le blocus,
Exigez la fin de ce crime contre l’humanité,
Faites votre devoir, soyez justes, soyez lucides,
Entrez dans l’histoire par la grande porte, la vérité !

XV. LE CRI FINAL

¡Cuba, Cuba, Cuba ! Je crie ton nom, Haïtienne,
Femme des Caraïbes, femme de la terre,
Je crie ton nom, Cuba, ma sœur, ma citoyenne,
Je crie ta douleur, ta lutte, ta lumière.

Que ce poème traverse les océans, les frontières,
Qu’il aille frapper aux portes des puissants,
Qu’il entre dans les cœurs, qu’il éclaire les pierres,
Qu’il réveille les consciences, qu’il soit le vent

Qui emporte le blocus, qui disperse les sanctions,
Qui brise les vetos, qui déchire les lois,
Qui rende à Cuba sa vie, sa respiration,
Qui lui rende la paix, la joie, la foi !

Je ne suis qu’une femme, une Haïtienne ordinaire,
Qui aime Cuba, ses amis, ses sœurs, ses frères,
Mais je sais que les femmes, quand elles s’unissent,
Peuvent changer le monde, peuvent briser les injustices.

Alors, femmes du monde, levez-vous, levez-vous !
Mères, filles, sœurs, amantes, travailleuses,
Indiennes, Africaines, Asiatiques, Arabes, partout,
Européennes, Américaines, Océaniennes, valeureuses,

Unissons nos voix pour Cuba, pour ses enfants,
Pour ses vieillards, pour ses médecins, pour ses savants,
Disons au monde : assez, assez de ce crime,
Cuba doit vivre, Cuba doit vivre, c’est l’heure, c’est l’estime !

XVI. L’ESPÉRANCE

Et pourtant, malgré tout, l’espérance demeure,
Car Cuba tient debout, car Cuba résiste encore,
Car ce peuple magnifique, malgré les pires heures,
Continue de chanter, de vivre, de s’endormir, de s’éveiller, chaque aurore.

J’ai vu des Cubaines danser sous la pluie,
J’ai vu des Cubains rire dans la tempête,
J’ai vu leur dignité, leur courage, leur vie,
J’ai vu leur beauté, leur flamme, leur fête.

Alors je sais, je sais que Cuba vaincra,
Que le blocus finira, que la justice triomphera,
Que les peuples unis, solidaires, debout,
Obligeront les puissants à plier les genoux.

Ce n’est qu’une question de temps, de combat,
De lutte, de persévérance, de foi,
Mais Cuba vivra, Cuba vivra, Cuba vivra,
Libre, souveraine, debout, une fois !

XVII. LA DERNIÈRE STROPHE

Haïtienne je suis, Haïtienne je reste,
Mais mon cœur est cubain, mon âme est caribéenne,
Ma lutte est mondiale, mon combat est céleste,
Pour que cesse le blocus, pour que cesse la peine.

Aux Latinos, aux Caribéens, aux Africains,
Aux Européens, aux Asiatiques, aux Arabes, aux tous,
Aux Canadiens, aux Américains, au genre humain,
Aux Nations Unies, aux organisations, à vous,

Je dis : levez-vous, levez-vous, levez-vous !
Pour Cuba, pour la vie, pour la justice, pour nous !
Que ce cri parte d’Haïti, qu’il fasse le tour du monde,
Qu’il n’y ait plus de silence, qu’il n’y ait plus d’ombre,

Que la lumière de Cuba brille pour toujours,
Que son peuple vive en paix, que son peuple ait des jours
Heureux, libres, dignes, fraternels, lumineux,
Que le blocus s’effondre, que l’empire soit honteux !

Cri d’une Haïtienne pour Cuba
Femme des Caraïbes, femme de liberté
Port-au-Prince, La Havane, mêmes souffrances, mêmes fiertés
Même mer, même ciel, même humanité.

.........

Ottawa, Canada
Le 16 Février 2026
Huguette JEAN-FRANÇOIS, autrice de Solidarité avec Cuba
Mathématicienne
Conceptrice de didacticiels
Experte en Accessibilité Numérique

Contact pour les droits de publication : huguette.jeanfrancois@outlook.com

Crédit photo : tripcuba.org


[1L’expression est utilisée de manière inversée et métaphorique :

Dans la tragédie classique, le deus ex machina arrive à la fin pour sauver les personnages, résoudre l’intrigue, apporter une solution.

Le blocus américain contre Cuba, lui, agit comme un dieu machine inversé : il n’arrive pas pour sauver, mais pour détruire lentement. Il n’apporte pas de solution, mais aggrave la tragédie. Il n’est pas là pour dénouer l’intrigue, mais pour étrangler les personnages (le peuple cubain) sans leur laisser d’échappatoire.

C’est une façon poétique de dire que le blocus est une force extérieure, mécanique, implacable, qui s’abat sur Cuba comme un destin tragique - mais un destin maléfique, qui tue au lieu de sauver.

[2Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique
L’ALBA (Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América) est une organisation intergouvernementale fondée sur le principe de l’intégration politique, économique et sociale des pays d’Amérique latine et des Caraïbes

[3Union des Nations Sud-Américaines
L’UNASUR (Unión de Naciones Suramericanas) est une organisation intergouvernementale régionale créée pour promouvoir l’intégration politique, économique, sociale et culturelle des pays d’Amérique du Sud .
Son modèle s’inspire de l’Union européenne, avec l’ambition de créer un espace intégré sud-américain.

[4La CARICOM (Caribbean Community) est une organisation intergouvernementale de coopération et d’intégration régionale créée en 1973. Elle regroupe des nations et territoires de la Caraïbe dans le but de promouvoir l’intégration économique, la coordination des politiques étrangères et la coopération fonctionnelle entre ses members

[5L’émail est une matière vitreuse que l’on applique par fusion sur des objets en métal, en céramique ou en verre pour les décorer ou les protéger. C’est un revêtement dur, lisse, brillant, qui donne un aspect précieux et qui résiste aux agressions extérieures.

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