P-au-P, 07 juillet 2026 [AlterPresse] --- Le Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, regroupant plusieurs partis et organisations politiques dont la plateforme Pitit Dessalines menée par l’ex-sénateur Jean-Charles Moïse, estime que le premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, « n’a plus aucune base légale ni légitime » pour représenter la République d’Haïti au 51e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), tenu à Sainte-Lucie, du dimanche 5 au mercredi 8 juillet 2026.
Dans une note conjointe datée du 4 juillet 2026, rendue publique le 6 juillet 2026 et consultée par l’agence en ligne AlterPresse, le regroupement rappelle que le mandat de transition du gouvernement de facto a expiré le 7 juin 2026, conformément à l’article 149 de la Constitution haïtienne.
« Depuis cette date butoir, Alix Didier Fils-Aimé ne dispose plus d’aucune provision légale, d’aucun titre constitutionnel ni d’aucune légitimité républicaine. Il n’est plus Premier ministre d’Haïti ; il préside un pouvoir de facto déchu et monocéphale », fustigent les partis politiques.
Ils soulignent que la gouvernance actuelle ne repose sur aucune base politique, après le rejet du pacte de stabilité par ses propres signataires le 23 juin 2026.
Selon eux, Fils-Aimé est désormais « un chef isolé, sans majorité et formellement désavoué par ses propres alliés ».
Le premier ministre assume seul le pouvoir exécutif en Haïti depuis le 7 février 2026, date d’expiration officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), conformément aux dispositions de l’accord politique du 3 avril 2024 ayant instauré la transition.
Par ailleurs, les partis accusent également Fils-Aimé d’avoir trompé l’organisation hémisphérique en prétendant avoir conclu un « accord tripartite » avec le Conseil électoral provisoire (Cep) et des partis politiques pour modifier le décret électoral du 2 juin 2026.
Ils dénoncent une « imposture et une capture unilatérale du Cep par le bureau du Premier ministre, visant à orchestrer un hold-up électoral ».
« Admettre M. Alix Didier Fils-Aimé à la table des chefs d’État de la Caricom constituerait un précédent dangereux, une violation de la Charte de la société civile de la Caricom et une insulte à la souveraineté du peuple haïtien ».
Le Consensus politique national affirme que Fils-Aimé ne peut parler au nom de la République d’Haïti, car il est « un dirigeant illégal, illégitime et accusé de prédation économique. »
Il réitère son attachement à une transition ordonnée, portée par un exécutif bicéphale légitime, et à la tenue de la Conférence nationale souveraine haïtienne (Cnsh).
Des organisations politiques et de la société civile haïtiennes dont Lòd Demokratik, dirigée par l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus, ainsi que le Collectif des avocats pour la défense des droits humains (Caddho), ont lancé, le dimanche 5 juillet 2026, un appel en faveur d’une transition démocratique crédible.
Dans une déclaration commune adressée aux chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), elles insistent sur la nécessité d’un dialogue inclusif.
Ces structures souhaitent que la Caricom accompagne la mise en place d’un cadre de concertation réunissant les principales forces politiques, sociales, économiques et citoyennes du pays.
Elles estiment qu’une gouvernance consensuelle est indispensable pour restaurer la sécurité, rétablir les institutions républicaines et organiser, dans un délai raisonnable, des élections libres, honnêtes, transparentes et inclusives.
Contestations du décret électoral gouvernemental du 2 juin 2026
Dans une note conjointe en date du 4 juillet 2026, plusieurs partis politiques et organisations sociales, dont ceux des anciens premiers ministres Jean-Michel Lapin et Claude Joseph, dénoncent le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé.
Ils l’accusent de manipuler l’opinion publique au sujet de prétendues modifications apportées au décret électoral du 2 juin 2026, déjà controversé.
Cette dénonciation est intervenue à la veille de la 51ᵉ réunion des chefs d’État et de gouvernement de la Caricom.
Les partis concernés affirment n’avoir jamais été consultés ni invités à débattre du décret en question.
Ils expriment leur méfiance totale envers l’administration actuelle quant au processus électoral annoncé pour la fin de l’année 2026. [emb apr 07/07/2026 11:30]
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