P-au-P., 29 avril 2026 [AlterPresse] --- Des organisations regroupées au sein de l’Espace national des organisations de la société civile revendicative en Haïti appellent à l’organisation urgente d’élections « crédibles, transparentes et inclusives », tout en rejetant toute prolongation de la transition politique, dans un contexte de tensions croissantes autour du processus électoral.
Réunies du 24 au 26 avril 2026 à Papaye, ces organisations dénoncent un pouvoir exercé sans mandat populaire et plaident pour un scrutin piloté par un conseil électoral « réellement indépendant », comme « seule issue conforme à l’ordre constitutionnel ».
Dans leur prise de position acheminée à AlterPresse, elles considèrent toute extension de la transition comme « une violation des droits démocratiques de la population ».
Parmi la trentaine d’organisations membres figurent le Mouvement des paysans de Papaye (Mpp), Tèt Kole Ti Peyizan ayisyen (Tk), Solidarité des femmes haïtiennes (Sofa), le Centre culturel pour le développement de Carice (Skdk) et le Groupe d’action francophone pour l’environnement (Gafe).
Leur appel intervient, alors qu’un différend oppose le gouvernement au Conseil électoral provisoire (Cep) sur le budget des prochaines élections.
Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a confirmé qu’un montant de 250 millions de dollars américains avait été soumis par le Cep, qu’il juge excessif. Il a évoqué la création d’un comité avec des bailleurs pour revoir ce budget à la baisse.
Le Cep a annoncé, le 24 avril 2026, une réévaluation du budget ainsi que la préparation d’un calendrier électoral remanié, après le report de plusieurs étapes du processus.
Ce désaccord est interprété par certains protagonistes politiques comme un facteur de blocage, accusant le gouvernement de recourir à des manœuvres dilatoires pour ralentir le processus électoral et se maintenir au pouvoir.
D’autres soulignent que la sécurité demeure un préalable incontournable, plaidant pour le retour des personnes déplacées et la réouverture des axes routiers.
La tenue d’élections s’inscrit en effet dans un contexte humanitaire et sécuritaire critique : plus de 1,45 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et environ 6,4 millions nécessitent une aide humanitaire en 2026.
Dans ce climat, les organisations de la société civile réaffirment leur mobilisation pour exiger un retour à l’ordre constitutionnel. Elles estiment qu’aucune sortie durable de la crise ne sera possible sans des autorités issues d’élections libres, légitimes et accompagnées d’un rétablissement effectif de la sécurité et de l’autorité de l’État. [apr 30/04/2026 00:30]
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MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
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Haïti/Sécurité : Opération « Bouclier Bleu » 9 décembre 2008




