P-au-P., 03 juin 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs voix s’élèvent contre la volonté qu’aurait manifestée le gouvernement de facto d’adopter et de publier un projet de nouveau décret électoral, rejeté par le Conseil électoral provisoire (Cep), selon les déclarations recueillies par l’agence en ligne AlterPresse.
La Conférence des pasteurs haïtiens (Copah) exhorte à privilégier la transparence et le dialogue dans le traitement du désaccord entre le Conseil électoral provisoire (Cep) et le gouvernement en ce qui concerne le projet de nouveau décret électoral controversé, dans une déclaration.
Elle appelle à traiter avec un esprit de transparence, de dialogue et de respect mutuel entre les institutions concernées, toute divergence concernant le décret électoral.
Elle souligne la nécessité de corriger, clarifier et, au besoin, d’ajuster le projet de décret électoral, afin de garantir sa conformité aux principes démocratiques, à l’intérêt général et aux exigences d’un processus électoral crédible.
Toutefois, « ces éventuelles modifications ne sauraient être réalisées de manière unilatérale ou dans l’opacité. Elles doivent faire l’objet d’échanges ouverts et transparents entre les acteurs compétents, avec pour objectif premier l’organisation d’élections libres, transparentes, inclusives, crédibles et acceptées par l’ensemble des parties prenantes, estime-t-elle.
Cette controverse rend le processus électoral de plus en plus hypothétique, souligne, dans une note, l’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (Oidg), qui évoque des incertitudes persistantes autour du calendrier électoral, du budget des élections et des conditions de sécurité.
L’Oidg appelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son gouvernement à poursuivre les discussions avec les conseillers électoraux afin d’éviter une nouvelle crise politique susceptible de compromettre davantage le processus électoral.
Fils-Aimé est exhorté à faire preuve de responsabilité politique et à prendre en considération le désaccord exprimé par le Cep.
L’Oidg estime qu’un dialogue franc et transparent entre l’Exécutif et le Cep constitue une condition essentielle pour rétablir la confiance et préserver la crédibilité du processus électoral, tout en prenant acte du désaccord exprimé par les conseillers à l’égard du projet de décret électoral.
« L’élaboration du projet de décret électoral relève de la compétence exclusive du Cep. Toute modification substantielle apportée à ce document sans l’accord de l’institution concernée risque d’affaiblir davantage la confiance de la population dans le processus électoral », rappelle l’Oidg.
Cette situation soulève également de sérieuses préoccupations quant au respect de l’indépendance du Cep et des principes constitutionnels encadrant le processus électoral.
Sur le réseau social X, l’économiste et politologue Joseph Harold Pierre fustige l’entêtement du Premier ministre à contrôler le Cep.
Selon lui, une telle attitude ne fera qu’aggraver la situation actuelle et annonce une crise électorale pire que les précédentes.
La lutte contre l’insécurité et l’indépendance du Cep constituent le socle de l’organisation d’élections démocratiques, souligne-t-il.
« Alix Didier Fils-Aimé est un apprenti dictateur persuadé qu’il peut réussir là où d’autres apprentis dictateurs ont lamentablement échoué », déclare, dans un tweet, l’ancien Premier ministre Claude Joseph, dirigeant du parti politique Engagés pour le Développement (Ede).
Il qualifie de « bidon, inconstitutionnel et antidémocratique » le projet de décret électoral concocté par le Premier ministre dans le but de contrôler le processus électoral au profit de sa famille politique.
Le parti Ede en appelle à la conscience patriotique de toutes les forces sociales et politiques pour barrer la route à ce projet jugé « antidémocratique ».
Le Cep a dénoncé les termes du nouveau projet de décret électoral du gouvernement de facto, qu’il juge totalement différent du projet soumis à l’Exécutif le 24 avril 2026.
Ce document a été présenté pour la première fois aux conseillères et conseillers lors d’une rencontre d’information tenue à l’invitation du chef du gouvernement, le mardi 2 juin 2026, a indiqué l’institution électorale dans une note.
Lors de cette rencontre, Alix Didier Fils-Aimé a informé les membres du Cep de sa décision d’adopter et de publier un décret électoral.
Le Cep critique le caractère inconstitutionnel de cette démarche, qui viole le principe d’indépendance de tout Conseil électoral.
« L’initiative d’élaboration du projet de décret électoral relève de la compétence exclusive du Cep », ont rappelé les conseillers, exprimant leur désaccord avec Fils-Aimé quant à l’application d’un texte qui n’obéit pas aux exigences constitutionnelles. [emb apr 03/06/2026 10 :20]
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