Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 06 février 2026 [AlterPresse] --- À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), les inquiétudes restent vives et la situation demeure tendue dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, relève l’agence en ligne AlterPresse.
Tôt ce vendredi matin 6 février 2026, la route menant à la Villa d’Accueil, siège des autorités de la transition, au niveau de Bourdon, a été bloquée à l’aide de véhicules blindés.
Les véhicules privés ainsi que les transports en commun ont été contraints de faire demi-tour et d’emprunter des raccourcis, menant à Delmas 40.
Les passagères et passagers, très remonté.e.s contre ce blocage, estiment qu’il s’agit de manœuvres des autorités en place pour régler leurs affaires personnelles.
La circulation est restée fluide, notamment sur l’avenue John Brown, communément appelée Lalue, ainsi qu’à Juvénat dans la commune de Pétionville.
Toutefois, un fort embouteillage a été observé à Delmas 40B, voie empruntée par de nombreuses et nombreux automobilistes, en raison du blocage instauré par les autorités policières à Bourdon, à l’entrée de la Villa d’Accueil.
Plusieurs écoles ont gardé leurs portes fermées, par crainte d’éventuels incidents.
À l’approche du 7 février, 2026 plusieurs établissements scolaires privés ont publié des notes, annonçant la suspension de leurs activités scolaires, le vendredi 6 février 2026, afin de prévenir tout danger potentiel.
Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février 2026, de fortes rafales de tirs d’armes ainsi que des explosions de drones ont été entendues au centre-ville de Port-au-Prince.
Depuis plusieurs semaines, les opérations des forces de l’ordre se sont intensifiées dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, notamment à Bel Air, au bas de Delmas, à La Saline, au marché Salomon et ses environs, dans l’objectif de neutraliser les gangs terroristes armés qui y opèrent.
Le jeudi 5 février 2026, trois chars blindés à chenilles, en provenance de la Corée du Sud, ont été réceptionnés par la Police nationale d’Haïti (Pnh), dans le cadre de la lutte contre les groupes criminels terroristes, dans un contexte de tensions politiques exacerbées à l’approche de l’échéance du mandat du Cpt.
Le directeur général ad intérim de la Pnh, André Jonas Vladimir Paraison, a souligné la volonté de l’institution de poursuivre les opérations dans les zones contrôlées par les gangs.
Le secrétaire d’État à la sécurité publique, Mario Andrésol, avait promis en vain que les routes nationales, au nord et au sud de la capitale, seraient débloquées avant le samedi 7 février 2026.
Les tensions politiques au sein de l’État auraient ralenti les efforts de sécurité, déployés depuis fin décembre 2025, a déclaré Andrésol en conférence de presse le mardi 3 février 2026.
Il a également évoqué les rumeurs persistantes de coup d’État.
Sur le plan politique, cinq membres du Cpt ont signé une résolution, le mercredi 21 janvier 2026, visant à révoquer le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, alors que le gouvernement des États-Unis d’Amérique exige son maintien.
À l’issue du dialogue dit « inter-haïtien », tenu du dimanche 1er au mardi 3 février 2026, à l’initiative d’une partie du Cpt sortant, un consensus recommande la mise en place d’un exécutif bicéphale, composé d’un Collège présidentiel de trois membres (un issu du Cpt sortant, un de la Cour de Cassation et un d’organisations sociales), ainsi que d’un premier ministre, chargé de conduire la nouvelle transition.
La tentative du Cpt de se faire représenter dans cette nouvelle structure est vivement critiquée par plusieurs partis et regroupements politiques, qui mettent en avant son échec évident à la tête du pays d’avril 2024 à février 2026.
Suite à un appel à candidatures du Cpt, un processus de désignation d’une nouvelle présidente ou d’un nouveau président, d’une nouvelle première ministre ou d’un nouveau premier ministre, est en cours. Mais, l’issue de cette initiative reste incertaine.
Dans une déclaration publiée le mercredi 4 février 2026, l’Organisation des États américains (Oea) a encouragé une solution « dirigée et assumée par les Haïtiennes et Haïtiens ». [emb rc apr 06/02/2026 11:10]
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Haïti-Élections/Reconstruction : Les limites du modèle américain 26 novembre 2010




