P-au-P, 28 janv. 2026 [AlterPresse] --- Ce sont désormais cinq membres sur neuf du Conseil présidentiel de transition (Cpt), qui se voient retirer leurs visas par les États-Unis d’Amérique, dans le cadre de sanctions visant, selon l’administration politique à Washington, des responsables haïtiens ayant posé des actes contribuant à la déstabilisation du pays par les gangs armés.
Dans une communication émise ce 28 janvier 2026 par le Département d’État, AlterPresse apprend que les visas américains de deux autres membres du Cpt, ainsi que d’un ministre du gouvernement haïtien, ont été révoqués.
Ces restrictions interviennent trois jours seulement après des mesures similaires visant deux autres conseillers-présidents, tandis qu’un premier membre du Cpt avait déjà été frappé par des sanctions fin novembre 2025.
Dans chacun des cas, les autorités américaines n’ont pas divulgué les identités des personnes concernées, invoquant des raisons de confidentialité. Les mesures s’étendent également aux membres immédiats de leurs familles, titulaires de visas américains.
Selon le porte-parole du Département d’État, Thomas Pigott, les personnes sanctionnées ont posé des actes ayant « permis à des gangs haïtiens, dont certains sont désignés comme organisations terroristes étrangères, de déstabiliser le pays ».
L’administration politique américaine affirme vouloir poursuivre ces mesures à l’encontre de toutes personnes, contribuant à l’instabilité en Haïti et dans la région.
Dans cette vidéo s’expriment : Dr Ernst Pierre Vincent de la Copah, Delson Cius, Membre de Accord Montana, Hugues Celestin, ancien depute de Quartier-Morin, Charles Tardieu de la Societe civile, et Roberson Edouard, Mohsana.
Dans cette vidéo s’expriment : Jodson Durogene (Fanmi Lavalas), Pierre Esperance (Rnddh), Jonas Coffy (Ayisen pou Ayiti), Marie Evelyne Cesar (Camseh) et Eslhomme Raymond (Initiative 24 avril).
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a, pour sa part, déclaré devant le Congrès étasunien que les gangs armés en Haïti sont responsables d’un « effondrement systémique », soulignant qu’ils contrôlent des territoires et menacent la capacité même de former un gouvernement fonctionnel, selon ce que rapporte le quotidien Miami Herald.
Ces sanctions interviennent dans un contexte de vives tensions internes au Cpt. La semaine dernière, cinq de ses membres ont voté une résolution visant à révoquer le premier ministre de transition, Alix Didier Fils-Aimé, à quelques semaines de la fin du mandat du Conseil, prévue le 7 février 2026.
Les autorités américaines, dont Marco Rubio et le chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, Henry Wooster, ont qualifié cette démarche d’« illégale ».
S’exprimant lors d’une cérémonie de graduation de près de 900 nouveaux policiers et nouvelles policières haïtien.ne.s à Port-au-Prince, Henry Wooster a réaffirmé que le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement demeure « essentiel » pour lutter contre les gangs armés et stabiliser le pays.
Malgré ces avertissements, des conseillers-présidents auraient tenté de poursuivre le processus. Le président du Cpt, Laurent Saint-Cyr, a refusé de signer la résolution visant à révoquer le chef du gouvernement. À la suite de ce refus, certains membres du Conseil auraient cherché à le destituer de ses fonctions, selon des informations concordantes. [apr 28/01/2025 20:00]
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