P-au-P., 31 août 2026 [AlterPresse] --- À quelques jours de la rentrée scolaire 2026, l’Union de parents d’élèves progressistes haïtiens (Upeph) alerte sur une absence de préparatifs, susceptible de compromettre la réouverture des écoles sur le territoire national, fixée au lundi 7 septembre 2026.
Dans une prise de position datée du 26 août et transmise à l’agence en ligne AlterPresse, elle dénonce l’inaction du gouvernement face aux mesures pour rendre effective la rentrée des classes, dans ce contexte de crise économique et de violence des gangs armés.
Le gouvernement n’aurait pas encore payé les employés de la fonction publique, déplore l’Upeph.
De plus, la carte de 15,000.00 gourdes, habituellement distribuée tous les quatre mois, n’aurait pas été remise, pas plus qu’un 14e mois traditionnellement versé aux fonctionnaires.
Upeph dénonce l’augmentation excessive des frais scolaires dans un contexte de crise
Pour l’année scolaire 2026-2027, des directeurs d’écoles privées, notamment confessionnelles, auraient augmenté les frais jusqu’à 50 % et imposé des sommes importantes pour les cérémonies de graduation, rapporte l’Upeph.
Elle rappelle qu’une loi publiée par l’ancien président Jocelerme Privert dans le Moniteur du 3 janvier 2017 interdit ces pratiques.
Une école ne peut augmenter ses frais qu’après quatre ans, et de maximum 10 %, stipule l’article 4.
L’article 5 interdit les frais de graduation pour le jardin d’enfants, les autorisant seulement pour la classe terminale, avec l’accord des parents, et dans la limite de deux mensualités, souligne-t-elle.
Elle fait état de la dégradation de la situation économique des parents, aggravée par les violences des gangs qui les ont dépouillés de leurs biens. Beaucoup vivent désormais dans des abris avec leurs enfants, exposés à l’humiliation, ajoute l’Upeph.
Des centaines d’écoles publiques non reconstruites ni réparées
À l’approche de la rentrée, l’Upeph constate que des centaines d’écoles publiques détruites n’ont pas été reconstruites ni réparées, malgré les déclarations du gouvernement.
Une enquête de l’organisation publiée en mai 2026 révèle que la situation des écoles publiques reste critique dans plusieurs départements.
Dans le Sud-Est, 60 écoles nationales doivent être reconstruites et 55 autres réparées, mais aucune action n’a été entreprise.
Dans la Grande Anse, 29 écoles détruites par l’ouragan Melissa n’ont toujours pas été reconstruites.
Dans le Nord-Ouest, 27 écoles nécessitent une reconstruction.
Dans le Nord-Est, 26 établissements doivent être reconstruits, mais rien n’a été fait.
Dans le Nord, 10 écoles restent à reconstruire.
Fermetures massives d’écoles provoquées par la violence des gangs
La violence des gangs a entraîné la fermeture de 1.700 établissements et la destruction de plus de 500 autres, sur les 18.241 écoles du pays, indique l’Upeph.
Dans le département de l’Ouest, plus de 400 écoles ont été détruites et 1,672 autres fermées sur 6,127 écoles.
La violence empêche le fonctionnement de nombreuses écoles dans 8 communes de l’Ouest. Dans l’Artibonite, 7 communes sont également paralysées par les gangs, signale l’Upeph.
Elle décrit une situation où des centaines d’écoles privées ont fermé, des centaines d’enseignants sont au chômage, et plus de 1,7 million de personnes ont fui la zone métropolitaine sans aide pour retourner chez elles ni pour permettre aux écoles de rouvrir.
Plusieurs dizaines d’écoles nationales ont disparu dans la capitale, dont Fortuna Guery, Guillaume Manigat, Thomas Madiou, ainsi que les lycées Jean Jacques Dessalines et Fritz Pierre Louis, énumère-t-elle.
Le gouvernement n’a pris aucune mesure pour résoudre l’insécurité, livrant même davantage de zones aux gangs, comme à Kenscoff, fustige l’Upeph. [emb apr 31/08/2026 13 :00]
Photo : Site Fondation de France
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