P-au-P, 12 juil. 2024 [AlterPresse] --- Depuis plusieurs semaines, les membres du Conseil présidentiel de transition (Cpt) et du gouvernement de transition de Garry Conille ne cessent point de multiplier les rencontres tous azimuts, sans mettre en œuvre de véritables actions concrètes pour répondre aux besoins de la population confrontée à une grave crise sécuritaire, humanitaire et économique, relève l’agence en ligne AlterPresse.
Le conseiller-président, l’économiste Fritz Alphonse Jean, informe s’être entretenu avec le directeur général de la Société nationale des parcs industriels (Sonapi), Petricks Justin, et le directeur de l’usine Hansae Haiti S.A., Taeksu Nam, lors d’une visite à ladite société, le jeudi 11 juillet 2024.
Employant plus de trois mille ouvrières et ouvriers dans la branche textile, la Hansae Haiti S.A. serait l’une des plus importantes entreprises dans la sous-traitance à la Sonapi.
Les échanges entre Fritz Alphonse Jean et Pétricks Justin ont porté sur la situation des ouvrières et ouvriers dans les factories, les conditions sécuritaires aux alentours de la Sonapi et les dispositions envisagées par le gouvernement de transition pour sécuriser les emplois existants et en attirer de nouveau dans le pays, selon les informations disponibles.
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Le Conseil présidentiel de transition tourne en rond
Depuis son installation officielle, le jeudi 25 avril 2024, au Palais national, le Conseil présidentiel de transition, composé de 9 membres (7 ayant droit de vote, 1 observatrice et 1 observateur), semble patiner.
Aucun programme social n’a encore été appliqué pour répondre aux souffrances des milliers de personnes déplacées (plus de 600 mille depuis l’année 2023), qui ont besoin d’une aide humanitaire urgente, aux couches les plus marginalisées et les plus pauvres.
Jusqu’à présent, le Cpt et le gouvernement ne disent pas clairement comment ils comptent soulager la population haïtienne, notamment les communautés les plus vulnérables des quartiers populaires souvent victimes d’atrocités des gangs armés.
Avec l’aggravation de la crise multidimensionnelle ayant entraîné de lourdes conséquences dans la branche textile, beaucoup d’ouvrières et d’ouvriers issus généralement de ces quartiers pauvres ont perdu leurs emplois.
Ayant perdu leurs sources de revenus réguliers, un nombre important de ménages, qui s’adonnaient deja differentes activites informelles, ainsi que beaucoup d’agentes et d’agents économiques agricoles se retrouvent totalement décapitalisés, leurs fonds d ;investissements et de commerces ayant été saccagées/pillés par les gangs armés partout sur le territoire d’Haïti.
Dans une note publiée en juin 2024 en vue d’interpeller le Cpt sur la situation catastrophique des travailleuses et travailleurs haïtiens, entre autres, l’organisation Antèn ouvriye parle de plus de 20 mille ouvrières et ouvriers arbitrairement révoqués, qui n’ont pas eu droit au paiement de leurs prestations légales, contrairement aux prescriptions légales.
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Promesses de mesures d’accompagnement aux entreprises fortement affectées par la crise actuelle
Lors de son passage, le jeudi 12 juillet 2024, au Fonds de développement industriel (Fdi), Fritz Alphonse Jean a discuté avec le directeur général de ladite institution, Edouard Clément, qui a insisté sur les engagements du Fdi à travailler avec les autorités, pour redresser la situation économique difficile en Haïti.
Promettant que le Cpt œuvre à rétablir l’ordre et la sécurité, en vue de permettre à toutes et tous d’investir dans le pays sans crainte, le conseiller-président a reconnu la situation désastreuse, à laquelle sont confrontés les investisseuses et investisseurs.
Le mercredi 10 juillet 2024, Fritz Alphonse Jean s’est entretenu avec le Conseil d’administration de la Banque de la république d’Haïti (Brh) ou Banque centrale, sur l’état de la situation monétaire et financière, entre autres.
Il y aura prochainement des changements au sein du Conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (Bnc), annonce Jean.
Le Cpt optimiste, malgré une situation de morosité économique en Haiti
Même si les banques commerciales connaissent des difficultés dans le système de crédits, dans ce contexte de crise, le système financier du pays aurait suffisamment de capacités pour résister..., a déclaré Fritz Alphonse Jean, lors de cette visite effectuée à la Brh.
Cependant, les activités économiques continuent d’être influencées par la situation socio-politique, qui paralyse le bon fonctionnement du système productif dans la quasi-totalité des secteurs en Haïti, a alerté la Banque centrale dans une note sur la politique monétaire, couvrant la période d’octobre 2023 à mars 2024.
Parallèlement, la Brh a demandé aux banques commerciales d’accorder un moratoire, jusqu’à septembre 2024, à toutes celles et tous ceux durement éprouvés dans la conjoncture actuelle, sans exiger le paiement de pénalités pour les retards accumules dans les remboursements de prêts obtenus.
Nette contraction de l’économie en Haïti, signale l’Ihsi
« L’indicateur conjoncturel d’activités économiques (Icae), publié par l’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (Ihsi), pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2023-2024, révèle une nette contraction de l’économie ».
Cet indice accuse une contre-performance des principaux secteurs de l’économie, avec un repli de 3.8 % de l’indice global, a relevé la Brh.
La rareté récurrente de courant électrique public en Haïti
La non disponibilité de courant électrique public (le black-out) s’oppose au développement, admet le Conseil présidentiel de transition qui a visite l’Électricité d’Haïti (Ed’H), dont la station à Delmas 33.
La compagnie publique Électricité d’Haïti (Ed’h) aurait besoin de 300 mégawatts pour distribuer l’électricité dans toute la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, a fait savoir le directeur général de l’Edh, Jean Errol Morose.

Le Ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc), qui coiffe l’Ed’H, est appelé à identifier les problèmes à l’Ed’h afin d’y apporter des solutions rapides, souhaite le Cpt.
Depuis plusieurs mois et années, plusieurs quartiers dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, ne sont plus alimentés en courant électrique public par l’Ed’H souvent victime d’actes de vandalisme.
Début mars 2024, les gangs armés ont détruit ou rendu dysfonctionnelles quatre sous-stations dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, ainsi que la centrale de Varreux (Cité Soleil), a dénoncé l’Ed’h, dans un communiqué en date du 8 mars 2024.
« Des documents importants, des installations électriques, des câbles, des inverters, des batteries ainsi que du matériel informatique et bureautique ont été emportés par ces malfrats ».
Par ailleurs. le conseiller-président Leslie Voltaire a échangé avec le président du conseil d’administration de la compagnie privée E-power, Daniel Rouzier, lors d’une visite à cette institution, le mercredi 9 juillet 2024.
Epower fournit 30 mégawatts d’électricité à l’Edh, qui disposerait aujourd’hui de 33 mégawatts à partir de Péligre (département du Plateau central) et du terminal de Vareux, soit seulement un total de 63 mégawatts.
Échanges de Garry Conille avec différents bailleurs
Accompagné de ministres du gouvernement, le premier ministre de transition, Garry Conille, qui a pris fonction le mercredi 12 juin 2024, a rencontré, cette semaine, des représentants des Nations unies, du Fonds monétaire international (Fmi), de la Banque mondiale, de la Banque inter-américaine de développement (Bid) ainsi que la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, l’Équatorienne María Isabel Salvador.
L’objectif de ces échanges serait de partager les priorités envisagées par l’équipe de transition, en vue de susciter un renforcement approprié de l’accompagnement international à Haïti.
Conille a aussi discuté, le mardi 9 juillet 2024, avec des représentantes et représentants
de plusieurs organisations du secteur revendicatif haïtien, de cahiers de charges de différentes organisations syndicales.
Étaient notamment agitées les revendications des ouvrières et ouvriers de la branche textile, des marchandes, des greffiers et des milliers de personnes déplacées, victimes de la terreur et d’autres violences des gangs armés, particulierement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince. [emb rc apr 12/07/2024 12:24]
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