Jérémie (Haïti)., 12 janv. 2024 [AlterPresse] --- Plusieurs centaines de personnes, dont des partisans de l’ancien officier de police Guy Phillipe, qui a expurgé une peine de 6 ans de prison aux États-Unis d’Amérique pour « blanchiment d’argent en provenance du trafic de drogue », ont encore gagné les rues de Jérémie, dans le département de la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), pour réclamer de nouveau le départ du premier ministre de facto Ariel Henry, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
Des barricades de pneus usagés enflammés ont été dressées dans diverses rues au centre-ville de Jérémie, bloquant la circulation automobile.
Ce mouvement des rues a perturbé le fonctionnement des activités commerciales et scolaires.
Le jeudi 11 janvier 2024, une foule de protestataires a aussi manifesté dans la capitale, Port-au-Prince, et à Jérémie, toujours pour forcer Ariel Henry à la démission.
Les manifestantes et manifestants ont fermé de force plusieurs institutions publiques à Jérémie.
Des barricades de pneus usagés enflammés ont été dressées sur plusieurs routes, bloquant la circulation automobile.
Des établissements scolaires ont été contraints de renvoyer leurs élèves chez eux à Jérémie.
« Nous voulons un autre État. L’État actuel est inexistant, il ne dirige rien. Les bandits armés nous kidnappent, violent nos petites filles, nous ne pouvons pas pourvoir à l’éducation de nos enfants », a déclaré un proche partisan de Guy Philippe à Jérémie.
A Port-au-Prince, les manifestantes et manifestants, qui portaient des t-shirts à l’effigie de Guy Philippe, sur lesquels étaient imprimés « bon retour sénateur Guy Philippe », ont parcouru plusieurs rues de Delmas (au nord-est de Port-au-Prince), en scandant des propos hostiles à Ariel Henry.
« Seul un soulèvement populaire peut sortir Haïti de cette crise. Il n’y a d’autre choix que de se soulever contre Ariel Henry. La mobilisation est à ses débuts. Nous demandons à d’autres acteurs de nous rejoindre pour protester contre le gouvernement de facto », lâche un manifestant.
« Les victimes du climat de criminalité à Cité soleil, Carrefour, Delmas, Pétionville ainsi que dans le département de l’Artibonite doivent trouver justice ».
« Il faut un réveil national pour sortir Haïti de ce bourbier. Il nous faut contrecarrer les bandits armés », souhaitent des protestataires à Port-au-Prince.
C’est le jeudi 30 novembre 2023 que Guy Philippe, 55 ans (né le 29 février 1968), a été déporté des États-Unis vers Haïti, à bord d’un vol avec plus d’une douzaine d’autres personnes. Il a été arrêté par la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (Blts) à Pétionville le jeudi 5 janvier 2017, puis extradé le même jour aux États-Unis, accompagné par des agents du Federal bureau of investigation (Fbi).
Aucune information n’a filtré sur les circonstances de la libération de Guy Philippe en 2023 aux États-Unis.
Depuis sa déportation des États-Unis vers Haïti le jeudi 30 novembre 2023, bénéficiant du support officieux d’agents de la Brigade de surveillance des aires protégées (Bsap), Guy Philippe multiplie des déplacements à l’intérieur d’Haïti, sans que personne ne soit au courant de ses sources de financement. [emb rc apr 12/01/2024 13:30]
Crédit Photo : Rio Jean
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